un échange de prisonniers historique entre Moscou et Kiev



La Russie et l’Ukraine ont échangé des prisonniers dans le cadre d’un accord, ce jeudi. 215 prisonniers ukrainiens ont été libérés contre 55 Russes dont un civil, réputé proche de Vladimir Poutine.

La Russie et l’Ukraine ont procédé à un échange de prisonniers. 215 militaires ukrainiens ont été libérés, contre 55 Russes relâchés par les autorités de Kiev, dont un milliardaire ukrainien, proche de Vladimir Poutine.

On se croirait revenu à l’époque de la guerre froide, lorsque les Américains et les Soviétiques échangeaient leurs espions ou leurs prisonniers à l’aube sur un pont de Berlin. Mercredi, c’est le plus important échange de prisonniers depuis le début de cette guerre qui a eu lieu.

Les Russes ont accepté de libérer ceux qu’ils avaient promis de ne jamais libérer. Leurs pires ennemis, les hommes du bataillon Azov, ceux qui avaient résisté pendant des semaines dans les sous-sols de l’usine Azovstal à Marioupol. Ceux que les Russes traitent de nazis et qui, de fait, portent parfois des tatouages de croix gammées.

Parmi les 215 prisonniers libérés, la moitié appartiennent à ce régiment, dont le commandant et son adjoint. Deux hommes qui étaient les deux plus grosses prises de guerre de l’armée russe. Leur libération n’a pas dû réjouir les milieux nationalistes russes, mais la nouvelle est passée un peu inaperçue puisqu’elle est intervenue mercredi au moment où Vladimir Poutine annonçait la mobilisation.

D’autres prisonniers très sensibles ont aussi été libérés. Des combattants étrangers arrêtés en Ukraine. Cinq volontaires anglais, deux Américains, un Suédois, un Croate, un Marocain. Trois d’entre eux avaient été condamnés à mort, les autres risquaient des dizaines d’années de prison. Pour eux, leur libération est tout à fait miraculeuse.

Un proche de Poutine libéré

En échange, les Russes ont obtenu la libération de 54 soldats, dont on ne sait pas grand-chose, et d’un civil qui lui est bien connu en revanche. En réalité, c’est pour ce civil que toute l’opération a été montée. Il s’appelle Viktor Medvedtchouk, il a 68 ans, il est ukrainien, mais ukrainien pro-russe. Et plus que cela, c’est un proche de Poutine. On dit qu’il est le parrain d’une des filles du président russe.

À l’époque du communisme, il a été avocat, mais un avocat véreux qui défendait soi-disant des dissidents, mais qui en fait, les enfonçait à l’audience. Il était réputé proche du KGB. Après la chute de l’URSS, il s’est reconverti dans les affaires et il a fait fortune. Il est devenu un des hommes les plus riches d’Ukraine avec une fortune de plus de 600 millions d’euros.

Les Ukrainiens le surnomment le “prince des ténèbres” pour sa capacité à tirer les ficelles depuis l’ombre. Avec les trois chaînes de télé qu’il possède, il défendait les idées pro-russes. Il a activement participé à truquer les élections de 2004 qui avaient vu l’élection d’un président aux ordres de Moscou.

Et finalement, il a été arrêté l’année dernière. Inculpé de haute trahison, pour avoir trop servi les intérêts de son ami Poutine. On lui reproche notamment de posséder une raffinerie qui fournissait en carburants les militaires séparatistes du Donbass. Dans un premier temps, il a été assigné à résidence. Puis au tout début de la guerre, le 24 février dernier, il parvient à s’échapper. Il se cache quelques semaines puis il est rattrapé et arrêté par les forces spéciales de l’armée. Un proche du président Zelensky, avait commenté: “C’est comme si on venait d’arrêter Goebbels, le ministre de la propagande d’Hitler”. Depuis avril dernier, Medvedtchouk était en prison, ce qui avait provoqué la fureur de Poutine.

Ce gigantesque échange s’est réalisé assez simplement. Viktor Medvedtchouk a été conduit à la frontière russe et il a aussitôt pris un avion militaire pour Moscou. Les dix volontaires étrangers qui étaient détenus en Russie ont été mis dans un avion pour l’Arabie saoudite, qui a accepté de jouer les intermédiaires. Et de là, ils regagneront leur pays, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou la Suède.

Quant aux officiers ukrainiens du régiment Azov, ils ont été renvoyés vers la Turquie. Et les Turcs se sont engagés à les surveiller pour qu’ils ne quittent pas le pays jusqu’à la fin de la guerre. Les Russes se sont assurés qu’ils ne rentrent pas à Kiev en héros et qu’ils ne reprennent pas le combat.

[

]

Source link