Un décès en Guadeloupe après le passage de la tempête Fiona



En Guadeloupe, après le passage de la tempête tropicale Fiona, un homme a été retrouvé mort. Si les conditions météorologiques se calment, l’archipel, où inondations et coupures sont encore légion, reste à l’arrêt.

Un homme a été retrouvé mort en Guadeloupe après le passage de la tempête tropicale Fiona, qui s’éloignait samedi soir de l’archipel où elle a causé des pluies torrentielles et d’importantes inondations.

“La crue de la rivière des Pères a emporté une habitation à Basse-Terre”, le chef-lieu de la Guadeloupe, “et son occupant (…) a été retrouvé décédé”, a indiqué le préfet de la région Guadeloupe, Alexandre Rochette, dans un communiqué.

La vigilance en vigueur en Guadeloupe est repassée en orange pour “fortes pluies et orages”, après 24 heures de vigilance rouge, selon le dernier bulletin de Météo-France. Si la météo se dirige vers un mieux, les “précipitations fortes voire orageuses se poursuivent en soirée”, soulignent les prévisionnistes, notamment pour la Basse-Terre, déjà très touchée par les pluies diluviennes de la tempête depuis vendredi. La côte ouest de la Basse-Terre et l’archipel des Saintes restent par ailleurs placées en vigilance orange “vagues-submersion”, selon Météo France.

Des îles à l’arrêt

Toutes les activités du week-end – compétitions sportives ou Journées du patrimoine… – avaient été annulées ou reportées, et l’ensemble des magasins étaient fermés, dans l’attente de la fin de l’événement météorologique, envisagée dimanche matin. A Capesterre-Belle-Eau, qui a subi des intensités exceptionnelles de pluie – 482 mm de cumul depuis le début de l’épisode – le maire Jean-Philippe Courtois appelait dans la matinée de samedi à “la plus grande prudence”.

Montées d’eau ayant atteint 1m50 par endroits, routes coupées, éboulements… Plusieurs communes sont dans une situation de désolation”, a constaté samedi dans un communiqué le président du Conseil départemental Guy Losbar, en sollicitant “la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle” Dans cet archipel des Petites Antilles très concerné par le dérèglement climatique, l’état de catastrophe naturelle avait déjà été reconnu en mai pour plusieurs communes touchées fin avril par des inondations qui avaient fait un mort.

Sixième système tropical de la saison dans l’Atlantique, la tempête Fiona, qui s’est formée jeudi au centre de l’océan, se dirigeait samedi soir vers le nord-ouest, en direction de Porto-Rico, après avoir traversé l’archipel guadeloupéen.

Des rivières qui débordent, des cumuls de pluie exceptionnels

Les deux îles principales composant la Guadeloupe, Grande-Terre et Basse-Terre, sont séparées par un étroit bras de mer. Sur la plus touchée, “des cumuls de plus de 300 mm en six heures ont déjà été enregistrés”, avait précisé Météo-France dans son bulletin de samedi matin, soit l’équivalent de plusieurs mois de pluie.

“Les rivières ont débordé à Baillif, Basse-Terre et Vieux-Habitants et ont entraîné des évacuations et des mises à l’abri dans les équipements communaux pour une cinquantaine de personnes”, a précisé le préfet.

C’est “dans le Sud Basse-Terre” que se sont concentrées les interventions des secours, a déclaré le commandant des sapeurs-pompiers, Félix Anthénor-Habazac samedi matin. A la mi-journée, ses équipes avaient reçu 1.011 appels, effectué 180 interventions et secouru 26 personnes. A la pointe sud-est de la Grande-Terre, dans la station balnéaire et touristique de Saint-François, Myriam Laffond, a vécu une nuit de vendredi à samedi difficile dans sa maison en bois: “Les orages ont été violents. On entendait des choses tomber et se casser”.

Au petit matin, plus de peur que de mal: “Terrasse trempée, halogène tombé sur la cafetière brisée, livres et vinyles tombés sur le canapé imbibé”, a énuméré cette femme de 47 ans, admettant s’être “moins préparée que pour les cyclones Irma et Maria en 2017” car on ne parlait, dit-elle, “que” de tempête. Le 16 septembre était la date anniversaire du cyclone Hugo, ouragan de catégorie 5 qui avait dévasté l’île en 1989.

Des coupures d’eau et d’électricité

Selon la préfecture, 10.000 usagers restaient privés d’électricité samedi à la mi-journée et de nombreuses antennes relais du réseau de téléphonie d’Orange étaient indisponibles ainsi que plusieurs usines de production d’eau.

“Compte tenu de la situation météorologique, les épreuves générales de la session de septembre de CAP initialement prévues lundi sont reportées”, a annoncé l’académie dans un communiqué.

Une organisation a été mise en place pour l’accompagnement des étudiants. Des repas chauds étaient ainsi distribués dans des résidences universitaires affectées par des coupures d’électricités, a annoncé le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous).

Cependant, la préfet a annoncé la reprise progressive du trafic aérien, “à compter de 15h30” locales. Les autorités ont également autorisé la reprise des déplacements pour les agents et salariés des entreprises “indispensable à la vie de la population”.

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