le gouvernement veut accélérer, les riverains pourraient être indemnisés

Alors qu’Emmanuel Macron se rend à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour inaugurer le premier parc éolien offshore, ce jeudi, il devrait annoncer, dans le même temps, les grandes lignes du projet de loi d’accélération des énergies renouvelables. Son objectif : doter la France d’une cinquantaine de parcs éoliens en mer pour “viser 40 gigawatts en service en 2050”.

Emmanuel Macron se rend, ce jeudi, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour “saluer la mise en œuvre du premier parc éolien en mer de France“.

Ces 80 éoliennes, installées au large, vont produire 20 % de l’électricité du département. Pour le moment, 50 % du parc, mis en service le 6 septembre, est relié au réseau. Le reste devrait être activé dans les semaines à venir.

Ce parc est le premier d’une longue série. Lors de sa campagne, en février, Emmanuel Macron avait fixé l’objectif de doter la France d’une cinquantaine de parcs éoliens en mer pour “viser 40 gigawatts en service en 2050“.

Un projet de loi en préparation

Lundi prochain, un projet de loi d’accélération des énergies renouvelables sera présenté en Conseil des ministres, avant d’être débattu au Parlement fin octobre.

Premier objectif du texte : diviser par deux le délai entre l’annonce d’un projet et sa mise en service. De huit ans pour construire un parc éolien, par exemple, cela devrait passer à quatre ans, comme c’est le cas chez nos voisins allemands.

Comment faire ? Le gouvernement veut réduire les délais de contentieux. Chaque échelon administratif aura 10 mois pour se prononcer sur un recours et une décision finale devrait être rendue en deux ans et demi maximum, contre cinq actuellement.

Une indemnisation des riverains ?

Autre enjeu de ce texte, permettant de trouver des surfaces supplémentaires pour les énergies renouvelables, en facilitant l’implantation de panneaux solaires aux abords des autoroutes ou encore sur les exploitations agricolesce qui pourrait apporter un complément de revenu aux agriculteurs.

Comme les habitants sont parfois réticents à l’installation des éoliennes, le dernier objectif est de faciliter l’acceptation des projets par la population. Concrètement, ceux qui habitent à proximité d’éoliennes ou de panneaux solaires pourraient bénéficier d’un ristourne sur la facture d’électricité.

Martin Cadoret (édité par Astrid Bergère)

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pourquoi Emmanuel Macron veut aller vite (et le fait savoir)

Le président de la République Emmanuel Macron a lancé jeudi aux préfets qu’il compte faire passer la réforme des retraites “par la concertation sociale”.

La réforme des retraites refait surface. Le serpent de mer d’Emmanuel Macron devient un sujet bouillant depuis la rentrée. Jeudi, face aux préfets, le président de la République a réaffirmé que le gouvernement allait mener cette réformeréforme qui s’impose, selon lui, “par la concertation sociale et en cherchant les compromis”.

Une réforme qui “s’impose dans (le) contexte” économique actuel”, car, juge-t-il, il est nécessaire de “travailler plus longtemps dans une nation où on vit plus vieux et on rentre plus tard en moyenne dans la vie active”.

“Le gouvernement la conduira par la concertation sociale et en cherchant les compromis, mais avec un objectif qui est de rééquilibrer les comptes de notre système de retraite mais aussi de créer plus de richesses pour pouvoir financer notre modèle social”, at-il ajouté.

Le Président semble vouloir aller vite pour la mettre en oeuvre, d’autant qu’il est poussé par certains députés de la majorité. Emmanuel Macron veut donc accélérer et le fait savoir. “Si vous pensez qu’on est capable de faire mieux dans quelques mois, prouvez le moi !” Voilà des propositions rapportées d’Emmanuel Macron, jeudi, face à quelques députés de la majorité.

“Si on veut que la réforme soit mise en place pour l’été 2023, on est dans les délais”

Si la méthode pour y arriver n’est pas encore tranchée, une option reste sur la table : faire passer la réforme par amendement dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale.

Le texte doit être examiné dès le mois prochain à l’Assemblée nationale. Une fenêtre de tir idéale pour un parti des députés macronistes et surtout la rapporteure du texte. Selon Stéphanie Rist : “Si on veut que la réforme soit mise en place pour l’été 2023, on est dans les délais”.

Une méthodes qui ne fait pas consensus au sein de la majorité, parce qu’elle implique peut-être un passage en force, un recours au 49-3. “On va tout faire pour l’éviter”, mais ça va être compliqué”, glisse un député fataliste”.

Hélène Terzian (édité par JA)

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Comment Horizons veut se renforcer pour propulser Edouard Philippe à la présidentielle 2027

Allié du parti présidentiel et d’Emmanuel Macron, le parti Horizons d’Édouard Philippe fait partie de ses interrogations quant à la prochaine réforme des retraites. Et en coulisses, le parti veut se structurer pour réussir à recruter des militants.

Les alliés d’Emmanuel Macron sont très critiques sur la réforme des retraites. Une réforme qui pourrait être incluse au budget de la sécurité sociale dès cet automne. Et chez Horizons, le parti d’Edouard Philippe, la méthode interrogée. “Ce ne sera jamais accepté. On aura les ‘gilets jaunes’ puissance 10. Ce n’est pas un sujet à prendre à la légère”, s’inquiète un proche de l’ancien Premier ministre.

Des doutes sur la forme, mais aussi sur le fond. Sans réforme complète, impossible d’aborder la question de la pénibilité par exemple. Un cadre d’Horizons est catégorique : “La réforme des retraites ne pourra pas tout payer. La transition énergétique et l’école… quelle réforme ambitieuse il faudra pour financer tout ça !”.

Un scepticisme loin d’être anodin. Édouard Philippe avait défendu l’âge pivot lors du débat sur la réforme des retraites en 2019. Et le soutien de son groupe est essentiel pour la majorité, très relatif à l’Assemblée. Le sujet sera au cœur des discussions des journées parlementaires du parti qui débute ce jeudi à Fontainebleau. Selon nos informations, lors de sa prise de parole prévue vendredi après-midi, Édouard Philippe devrait évoquer justement la réforme des retraites, le tout devant Élisabeth Borne, qui lui a succédé à Matignon.

Les cadres d’Horizons, eux, intimant à un parti plus solide. La première urgence, c’est de recruter davantage de militants. Le parti est basé sur un grand nombre d’élus locaux. Christian Estrosi devrait d’ailleurs prendre la tête de l’assemblée des maires d’Horizons ce vendredi.

Une ambition présidentielle

Mais le problème, c’est que le parti manque de troupes. “Nos petits camarades de Renaissance nous appellent les rotariens”, s’agace un proche d’Édouard Philippe, pour qui les maires doivent participer au recrutement des militants. “Être un parti de notables, ce n’est pas bon, ça ne fait pas gagner une élection”, insiste-t-il. Cela passe notamment par les 500 comités locaux de soutien lancés ces derniers mois.

Autre chantier, les idées du parti. Les députés sont chargés de plancher sur des propositions de loi à soumettre au groupe pour les prochains mois. “On doit se forger une identité politique” assume un cadre. Un proche d’Édouard Philippe sourit : “Il y a eu la petite chaîne qui monte. Nous, on est le petit parti qui monte”.

Des militants, des idées, tout cela est indispensable pour envisager la présidentielle de 2027. Une campagne qui est dans le viseur d’Édouard Philippe. Un conseiller d’Emmanuel Macron souffle : « Édouard était loyal et libre, il est maintenant libre et loyal ». Et ses soutiens ne s’en cachent pas : “On a une personnalité d’avenir, on ne va pas s’en excuser” lance un député. “Notre leader est reconnu et plutôt apprécié. Le parti a vocation à faire fructifier tout ça”, ajoute un proche d’Édouard Philippe.

Une ambition qui passe mal chez les autres membres de la majorité. Un député Modem grime : « Édouard Philippe s’est construit une écurie présidentielle. Mais on est en crise ! On doit être fiable, ce n’est pas le moment de faire de la politique ». Et chez Renaissance, on ne donne pas cher des chances d’Édouard Philippe, trop en retrait selon ce cadre. “Édouard Philippe fait comme Pompidou ou Chirac, à attendre sa place. Mais il faut mouiller la chemise et aller au charbon. Ceux qui font les réformes, comme Bruno Le Maire, seront plus légitimes demain”, estime ce parlementaire.

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Emmanuel Macron dévoile son nouveau plan et veut aller vite

Le président de la République Emmanuel Macron est prêt à relancer son projet de réforme des retraites. Et le chef de l’Etat veut aller vite avec une mise en application dès l’été 2023, quitte à passer en force.

Emmanuel Macron s’est entretenu ce lundi pendant deux heures avec la presse présidentielle. L’occasion notamment pour lui d’évoquer sa réforme des retraites, engagement de campagne. Ceux qui la soupçonnent à défaut de majorité pourraient en avoir pour leurs frais. Le chef de l’État annonce la couleur : son objectif est clair, une mise en œuvre du nouveau système rapidement, peut-être dès l’été prochain.

Rarement Emmanuel Macron n’avait pas été aussi précis. Face à un système de retraites déficitaire, il faut trouver des solutions. Et pour ne pas augmenter les impôts ou creuser la dette encore un peu plus, le président de la République propose de faire travailler les Français plus longtemps.

Une mise en œuvre dès l’été prochain ?

Jusqu’à là, rien de neuf. Mais Emmanuel Macron voudrait bien décaler l’âge légal de départ à la retraite et aussi, c’est une nouveauté, augmenter la durée de cotisations.

Une solution qui pourrait, selon lui, permettre de rétablir le système à l’équilibre mais aussi et surtout de libérer des marges financières pour financer ses futures réformes pour la santé, l’école ou encore la transition énergétique.

Emmanuel Macron s’est voulu pédagogue et volontariste. Son objectif d’une mise en œuvre de la réforme l’été prochain pourrait le pousser à passer en force lors de l’examen du budget cet automne, si nécessaire.

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Pour ses 50 ans, le RN veut organiser un colloque… sans Jean-Marie Le Pen

INFOS RMC. A l’approche de ses 50 ans, le Rassemblement national veut organiser un colloque pour célébrer le parti. Mais une personne va manquer à l’appel. C’est Jean-Marie Le Pen, fils fondateur, exclu du parti en 2015.

Le Rassemblement National planche sur un événement pour les 50 ans du parti. Ce sera le 5 octobre, dans un mois. “Il n’y aura pas de célébration”, disait dimanche sur BFMTV Jordan Bardellale président par intérim du parti.

Pas de célébration, pas de soirée de gala comme sait pourtant si bien en organisateur le parti à la flamme, mais plutôt un colloque. Le RN veut organiser une sorte de séminaire, sans doute à l’Assemblée nationale. Le principe de ce rendez-vous a été acté ce lundi.

Objectif : retracer ce que le parti considéré comme des victoires idéologiques depuis 50 ans dans le domaine de l’immigration ou encore du pouvoir d’achat. “Une rétrospective sur les idées que nous avons réussi à imposer en cinq décennies de lutte politique”, explique à RMC un membre de l’instance dirigeante du parti, le bureau exécutif.

Jean-Marie Le Pen pas convié

Un homme manquera pourtant : Jean-Marie Le Pen, qui ne sera pas convié. C’est pourtant lui qui a créé le Front National en 1972 mais le père de Marine Le Pen n’est plus le bienvenu depuis qu’il a été exclu du parti en 2015 après ses propos polémiques sur les chambres à gaz, notamment. La question qu’il va falloir trancher maintenant, c’est quelle place accorder à l’héritage du leader historique du FN dans ce colloque. “C’est tout ce que je craignais, s’agace un élu du RN. On va finir par lui rendre hommage”.

Un cadre historique du parti prévient : “On ne va pas faire comme Staline qui avait pris l’habitude de faire disparaître Trotsky des photos de famille. C’est hors de question. Jean-Marie Le Pen fait partie de notre histoire, c’ est comme ça”.

Une contre-soirée organisée

Jean-Marie Le Pen, pas convié donc, mais qui sait qu’il organisera de son côté sa propre soirée d’anniversaire. Ce sera chez lui à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) dans sa résidence de Montretout. “Si je ne suis pas invité aux 50 ans du Front National, les 50 ans viendront à moi”, voilà ce que confie l’homme de 94 ans un brin provocateur en privé.

Jean-Marie Le Pen, qui fait dire qu’il n’est pas du tout vexé, ouvre les portes de la résidence familiale de Montretout pour célébrer l’événement à sa façon. “Au moins à cet anniversaire-là, il n’y aura pas d’hypocrites mais que des amis”, explique un proche de l’ancien leader politique.

On ne sait pas encore qui sera invité. Ni quelle forme prendre cet événement privé. Barbecue ou repas gastronomique? Mais on a trouvé au moins un cadre du parti actuel prêt à faire le déplacement : “Si Jean-Marie m’invite et il le fera, personne ne m’empêchera d’y aller”. Un nouvel épisode dans la saga Le Pen est en préparation.

Pierrick Bonno et Hélène Terzian

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Gérald Darmanin veut “rééduquer” les mineurs délinquants avec un centre militaire

En visite à Mayotte, Gérald Darmanin a plaidé pour la création d’un centre de redressement militaire pour “rééduquer et sanctionner” les jeunes délinquants. Le département français est depuis plusieurs années en proie à une forte délinquance.

Contre la délinquance à Mayotte, Gérald Darmanin veut sévir. En déplacement sur l’île de l’océan Indien, le ministre de l’Intérieur a annoncé vouloir créer un lieu de rééducation et de redressement dans le département, un lieu dédié aux mineurs délinquants et encadré par des militaires.

“J’ai annoncé que dans la campagne du président de la République, il y avait une proposition d’un encadrement militaire pour les jeunes délinquants”, at-il assuré lors d’un entretien avec Mayotte 1ère.

“J’ai échangé avec lui et l’un des premiers centres d’encadrement militaire qu’il proposera pour rééduquer et sanctionner ces jeunes qui attaquent, tuent et pillent, on le fait ici à Mayotte”. Gérald Darmanin assure qu’il doit faire des propositions en ce sens au président de la République “dès la semaine prochaine”.

Le plus fort taux de délinquance de France

De son côté, le Garde des Sceaux Eric Dupont-Moretti a annoncé la création à Mayotte d’un CEF, un centre éducatif fermé, une structure alternative à l’incarcération et réservée aux mineurs multirécidivistes.

L’île de 279.500 habitants, département français depuis 2011, est en proie à la violence de bandes de jeunes délinquants. Si Mayotte présente un taux de criminalité inférieur aux autres départements d’outre-mer, elle est ainsi le département français au plus fort taux de délinquance.

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comment le gouvernement veut accélérer sur l’écologie

Emmanuel Macron et sa Première ministre, Élisabeth Borne, vont dîner ensemble ce mardi soir avant la rentrée gouvernementale mercredi. Au menu, l’écologie devrait être le plat de résistance alors que l’été, entre les incendies et la sécheresse, a été très rude pour le climat.

C’est la rentrée pour le gouvernement. Les ministres, au grand complet, sont attendus mercredi matin à l’Élysée pour un Conseil des ministres de rentrée puis un séminaire gouvernemental mercredi prochain.

Dès ce mardi soir, Élisabeth Borne, la Première ministre, et Emmanuel Macron dîneront ensemble à l’Élysée pour évoquer tous les sujets de la rentrée. Au menu bien sûr, les mesures à prendre en matière d’écologie, après un été très grossier pour le climat.

Passées les photos d’Emmanuel Macron sur un jet-ski, l’exécutif veut refaire de l’écologie sa priorité. Après le plan de sobriété énergétique annoncé fin juin, il y a dans les cartons un projet de loi pour accélérer le développement des énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien. Celui-ci pourrait être présenté mi-septembre en Conseil des ministres.

Une “prise de conscience” cet été ?

Élisabeth Borne, la Première ministre, doit aussi proposer rapidement, avec Christophe Béchu en charge de la transition écologique, une feuille de route verte, ministère par ministère. En clair, un agenda des réformes et des mesures à prendre en matière d’écologie. “L’été marqué par les incendies, la sécheresseles intempéries, un servi de prise de conscience”, se persuade un conseiller de l’exécutif.

Mais “ce gouvernement n’est qu’un spécialiste de la communication” enrage un cadre d’Europe Écologie-Les Verts, qui regrette “l’inaction de l’exécutif”, alors que “le climat sort de ses gonds”.

Paul Barcelonne avec Guillaume Descours

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les défis d’Emmanuel Macron qui veut réunir tous les acteurs concernés par les feux

Emmanuel Macron veut réunir les acteurs locaux concernés par les incendies de cet été. Il doit évoquer la question des moyens mais certains espèrent aussi pouvoir parler de l’urbanisme et de l’organisation des forêts de France.

Même s’il est en vacances, Emmanuel Macron suit l’évolution des incendies. Samedi, il s’est entretenu avec le préfet du Jura et des élus, comme la députée Danielle Brulebois avec plusieurs messages :

“Il y a un message de solidarité bien sûr mais aussi un message pour s’inquiéter de moyens. Nous n’avons pas de moyens aériens parce que nous n’avons jamais eu à les utiliser dans le Jura, n’étant pas concernés ces incendies inédits”, explique-t-elle à RMC.

Emmanuel Macron envisage de réunir tous les acteurs concernés par les feux de cet été pour réfléchir aux moyens de lutte contre les incendies, mais aussi à la prévention. Le chef de l’État conviera les pompiers, les renforts venus d’Outre-mer et de l’Union européenne, les agriculteurs et les élus afin de les demander et d’ouvrir les travaux sur l’évolution du modèle dans les années à venir.

La question de l’urbanisme

Mais au-delà des moyens, il y a d’autres questions comme l’indemnisation des agriculteurs. Les attentes sont très fortes, estime Jean-Luc Gleyze, le président du conseil départemental de la Gironde:

“Il y a des questions d’urbanisme puisque cette forêt est occupée par l’habitat mais qu’on voit bien que la proximité entre la forêt et les habitations posent des soucis. Il y a des questions de choix d’essence et de culture à venir sur l’exploitation du futur”, assure-t-il.

“Et enfin il y a la question des moyens des SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours) sur lesquels il faut absolument travailler”, ajoute Jean-Luc Gleyze.

Très sollicités cet été, les services départementaux d’incendie et de secours se disent “au bord de la rupture”.

Paul Barcelonne (avec GD)

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Philippe Juvin veut de la “transparence” et demande à tirer les leçons du Covid

Le député LR et médecin, Philippe Juvin, était l’invité de la Matinale week-end de RMC. Questionné sur le Covid et la variole du singe, il demande de tirer les leçons de la gestion de crise de la pandémie, souhaite une plus grande transparence et confiance envers les Français et demande un plan pour les malades qui ont vu des rapports de soins pendant le covid.

Fin de partie pour l’état d’urgence sanitaire. Après près de deux ans et demi de pandémie de Covid-19, les mesures d’exceptions mises en place pour lutter contre le virus s’arrêteront ce dimanche à minuit. A partir de lundi, et du début du mois d’août, retour à la normale : plus de masque obligatoire, plus de passe sanitaire, plus de possibilité de confinement ou de couvre-feu. Pour le député Philippe Juvin, invité de la Matinale week-end de RMC, cela n’empêche pas le gouvernement de prendre des mesures notamment sur les contrôles aux frontières.

Juvin veut un plan de rattrapage des traitements signalés à cause du Covid

Mais celui qui est aussi chef des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou prévient : “l’épidémie n’est pas terminée, il y a encore un certain nombre de lits d’hospitalisations pris par le Covid, et cette épidémie va laisser des des traces sur certaines catégories de patients”. Philippe Juvin cite notamment les envies du Covid: “en tant que médecin, je ne sais pas où envoyer les Covid longs. Ils ont des difficultés de concentration, des troubles de la mémoire, des douleurs résiduelles. Il n’y a pas ou pas suffisemment de consultations spécialisées”.

Autre sujet d’inquiétude pour Philippe Juvin, les rapports de traitements pour “des millions de Français” qui ont une autre pathologie, comme “les cancers, les greffes, les maladies du cœur, les maladies psychiatriques”: “ces malades vont se dégrader . On risque d’avoir des milliers de morts dans les prochaines années car pas décrites, pas traitées.”

“Il faut pour cette cohorte de gens laissés à l’abandon, un plan national de rattrapage” demande Philippe Juvin au nouveau ministre de la santé François Braun, qui doit “se saisir de cette affaire”.

“La parole politique ne doit pas être moralisatrice”

Avec la fin de l’état d’urgence sanitaire, Philippe Juvin, qui ne constate pas un relâchement total de Français et voit encore des gens avec des masques dans les transports, estime qu'”il faut faire confiance plus qu’imposer (aux Français)”:

“A imposer trop de règles, les gens ne les respectent plus. C’est une des leçons du Covid, la parole publique doit être très prudente, humble et ne pas être moralisatrice. Quand elle est moralisatrice, les gens se braquent et ne respectent pas plus rien.”

“Si ça remonte, il faudra que les politiques le disent clairement et ne cachent pas cela, car les Français sont fatigués réfléchis-ils. Les gens sont beaucoup plus adultes que les politiques le croient. Le masque, ils le remetteront quand ce sera nécessaire “, juge le nouveau député.

Quel stock de vaccin contre la variole

Autre virus qui circule, celui de la variole du singe. Après l’annonce des deux premiers morts en Espagne du virus, l’objectif est la vaccination. Une question qui tarraude Philippe Juvin, notamment sur le stock de vaccins restants contre la variolequi sert aussi contre la variole du singe :

“En 2006, il y avait 75 millions de doses prêtes à être utilisées. Combien en reste-t-il ? J’ai posé la question à la ministre de la Santé, elle ne m’a pas répondue. Et en lisant les journaux j’apprends que c’est classifié ‘Secret Défense’. Je pense que c’est une aberration.”

Un manque de dose pourrait compliquer la jugulation de l’épidémie : “Il faut vous vacciner si vous êtes un sujet contact. J’ai essayé de prendre un rendez-vous, pour voir le délais, et je n’en n’ai eu un que dans trois semaines. Or, il faut se vacciner dans les jours qui viennent”, alerte Philippe Juvin.

Le député dénonce un manque de transparence : “il faut apprendre de nos erreurs du Covid. L’un des problèmes de la gestion du début (du Covid), c’est la question de la transparence. Quand vous dîtes les choses, les gens ont confiance.”

“Si on nous refait le coût des masques, avec le vaccin, assurons-nous qu’on en a suffisamment. En 2006, quand on lit le plan de vaccination en cas de reprise de l’épidémie de variole en cas d’attaque terroriste , il est dit qu’il faudrait vacciner plusieurs millions de Français en trois jours. Avons-nous ces millions de doses en stock ? J’aimerais le savoir et en être certain”, a découvert Philippe Juvin.

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