Coup de gueule d’Eric Dupond-Moretti après les affaires Bayou et Quatennens

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a dénoncé lors d’une conférence de presse mardi la “justice de droit privé” dans les récentes accusations de violence et de harcèlement qui ont visé Adrien Quatennens et Julien Bayou, jugeant qu’il était ” temps de siffler la fin de la récréation”.

C’est un coup de gueule qu’a poussé ce mardi le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, en conférence de presse. Il a dénoncé une “justice de droit privé”, après les récentes accusations de violence et de harcèlement qui ont visé des élus ces dernières semaines.

Évoquant les affaires d’Adrien Quatennens et Julien Bayouqui se sont chacun mis en retrait de leur responsabilité politique, il a été affirmé.

“On est en train de créer une justice de droit privé qui n’a strictement aucun sens”. “C’est extraordinairement dangereux (…) certains se font dévorer par un monstre qu’ils ont gagné à créer”, at-il ajouté.

Julien Bayou a annoncé lundi matin qu’il quittait la direction d’Europe Écologie Les Verts après avoir été mis en cause par son ex-compagne. Aucune plainte n’a été déposée, ni aucune enquête judiciaire ouverte dans cette affaire.

“Attaché à la présomption d’innocence”

Adrien Quatennens, lui, a reconnu avoir giflé sa femme il ya environ un an. Il avait fait l’objet d’une main courante de la part de son ex-compagne et s’est mis en retrait de ses responsabilités lui aussi.

Le ministre de la Justice a accusé les réseaux sociaux.

“La libération de la parole de la femme oui, même au travers des réseaux sociaux. Pour autant, les réseaux sociaux ne peuvent pas être l’unique réceptacle sans filtre de cette parole et la justice doit intervenir. Il n’y a pas de code de déontologie mis en place par tel ou tel parti. Il y a la Justice et il y a un code pénal”, a rappelé le ministre.

“Il y en a marre de ces trucs-là (…) la Justice est une institution qu’on ne peut pas mettre de côté. Je suis attaché à la parole des victimes, je suis attaché à la présomption d’innocence, je suis attaché à un certain nombre de grands principes que notre société civilisée à mis des millénaires à élaborer”, at-il ajouté, “la justice est notre pacte social et ne peut être dévoyée”.

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les affaires Quatennens et Bayou au coeur de la rentrée de la Nupes

La rentrée politique de la Nupes, c’est ce mardi à l’Assemblée nationale, la gauche étant bousculée par les affaires des députés LFI Adrien Quatennens et EELV Julien Bayou.

Les députés de la Nupes se réunissent tous à l’Assemblée nationale ce mardi après-midi pour préparer la rentrée parlementaire. Tous, ou presque. On sait déjà que deux députés ne seront pas là. Ni Adrien Quatennens, ni Julien Bayou n’ont prévu d’y assister selon nos informations.

Il faut dire qu’on les imagine mal s’assoir à coté de leurs collègues et faire comme si de rien était. Le député LFI est accusé de violences physiques contre fils ex-compagnele député écologiste de violences psychologiques. “Comment voulez-vous que Julien Bayou vienne parler de la réforme des retraites ou du budget de la sécu dans ces conditions ? Il est grillé pour des semaines”, regrette l’un de ses soutiens, selon qui le député va avoir du mal à siège dans l’hémicycle.

Ces deux affaires font tanguer la Nupes

Ces deux crises, coup sur coup, font ressurgir les tensions au sein de l’alliance de la gauche. “Ça va les faire redescendre un peu, les Insoumis”, lâche un cadre du parti communiste. “Ils se croyaient tout permis depuis les législatives. Au moins, ces sales histoires auront le mérite de rééquilibrer les forces”.

Un député socialiste n’y va pas par quatre chemins : “Moi, c’est très clair, je ne discute plus avec des élus qui ne sont pas capables de condamner comme il se doit les violences faites aux femmes.”

L’ambiance risque d’être un peu tendue ce mardi après-midi à l’Assemblée. Et il n’y aura pas de caméra pour filmer, car le séminaire aura lieu à huis clos. Seule séquence ouverte aux journalistes : une conférence de presse ce mardi soir où il sera uniquement question de la rentrée parlementaire, est-il indiqué aux journalistes.

A droite, on en pense quoi ?

Les adversaires de la Nupes se frottent les mains, même s’ils prennent tous bien soin de signaler les violences faites aux femmes avant de lancer leurs flèches. “Ils nous ont tellement fait la morale, ils nous ont tellement fait la leçon”, a réagi le président de Reconquête, Eric Zemmour, lundi soir sur BFMTV.

Du côté du RN, on ne manque pas de sarcasme. “C’est ceux qui demandent votre émission dès que vous êtes garés en double file qui se font avoir… Ça leur apprendra”, savoure un proche de Marine Le Pen.

Pierrick Bonno (édité par JA)

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Manuel Bompard critiqué après des propos sur la gifle de Quatennens

Le député LFI de Marseille Manuel Bompard est vivement critiqué depuis ses propositions assurant “un gifle n’est pas égal à un homme qui bat sa femme tous les jours”.

Propos “abjects” ou “honteux”, “taisez-vous!”… plusieurs personnalités de gauche et du gouvernement ont vivement critiqué vendredi les propositions du député LFI Manuel Bompard sur l’affaire Adrien Quatennens qui a notamment assuré qu'”un cadeau n’est pas égal à un homme qui bat sa femme tous les jours”.

“Je ne minimise pas les faits (…), j’essaie de faire la part des choses : une gifle n’est jamais acceptable mais une gifle n’est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours et une gifle n’est pas égale à une personne qui est accusée de viols après avoir drogué les personnes qui l’accusent”, a déclaré sur le plateau de CNEWS ce très proche de Jean-Luc Mélenchon.

“Il faut qu’on arrive sur ces sujets à avoir de la nuance, à avoir des principes qu’on doit respecter, et il faut prendre en compte les paroles de celles qui s’expriment sur ce type de sujet”, at-il continue.

“Des propos abjects” pour la ministre à l’égalité Femmes-Hommes

“Des propos abjects qui banalisent la violence. Des propositions qui abîment le combat contre les violences faites aux femmes. Des propositions qui vous discréditent totalement sur ce sujet”, a réagi sur Twitter quelques heures plus tard la ministre déléguée à l’Egalité Femmes- Hommes, Isabelle Rome.

“Taisez-vous, maintenant ! Ça suffit !!”, a abondé Marlène Schiappa, qui a également tenu ce portefeuille avant celui de secrétaire d’Etat à l’économie sociale et solidaire dans un tweet, jugeant que ces propos “font un tort considérable au combat pour la protection des femmes face aux violences ».

“Ne parle plus des violences”

« MAIS C’EST PAS POSSIBLE ! », s’est également indignée la militante féministe et conseillère EELV de Paris, Raphaëlle Remy-Leleu, sur le réseau social.

“Ce que tu racontes avec les camarades insoumis depuis une semaine est insupportable. Ne parle plus des violences. Arrêtez au moins de nous faire souffrir. Trouvez le courage d’en parler avec une féministe et d’encaisser à la fois votre manque de connaissance du sujet, votre complaisance politique, ainsi que la douleur et la colère que vous générez”, at-elle insisté.

A l’extrême droite, Julien Odoul (RN) a évoqué un “naufrage”, tandis que Gilbert Collard (Reconquête !) estimait que “la hiérarchisation (des faits) est, en elle-même, insupportable !”.

Le député LFI du Nord Adrien Quatennens est reconnu dimanche des violences conjugales contre sa femme, dont une gifle, et s’est mis en retrait de son poste de coordination du mouvement. Le parquet de Lille a ouvert une enquête à la suite du dépôt d’une main courante par Mme Quatennens.

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après l’affaire Quatennens, le malaise des sympathisants LFI

Depuis plus d’une semaine, la mise en cause d’Adrien Quatennens, député LFI du Nord, dans une affaire de violences conjugales fait grand bruit. Les réactions s’enchaînent et celle de Jean-Luc Mélenchon, dans laquelle il salue son “courage” et sa “dignité”, passe mal, notamment auprès des sympathisants de la France Insoumise.

“Quand on soutient un parti de gauche, on s’attend à ce que le soutien soit avant tout pour la victime.” Le tweet de Jean-Luc Mélenchon à propos d’Adrien Quatennensaccusé de violences conjugales, passé très mal auprès de certains sympathisants de la France Insoumise.

Le 18 septembre 2022, il disait : « La malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux se sont invités dans le divorce conflictuel d’Adrien et Céline Quatennens. Adrien décide de tout prendre sur lui. Je salue sa dignité et son courage. Je lui dis ma confiance et mon affection.”

Face au tollé provoqué par ce message, dans lequel aucun mot n’est envoyé à la victime, il a tenté de corriger le tir avec un nouveau tweet, rappelant “qu’un gifle est inacceptable dans tous les cas”.

Doit-il démissionner ?

Trop tard, peut-être, pour certains sympathisants. “Ok on pouvait dire qu’il faisait preuve de transparence, mais de là à vanter son courage et ses mérites, c’était un peu trop. Je pense qu’il fallait, en priorité, s’adresser à sa femme qui était la victime”, affirme Quentin, militant LFI.

Ce tweet de soutien a été écrit à la suite de l’annonce d’Adrien Quatennens, dimanche, de se mettre en retrait de sa fonction de coordinateur de LFI.

Cependant, il n’est pas interdit d’hémicycle et cette décision n’est pas comprise. “Il devrait d’émettre, régler tous ses problèmes et voir après ce qu’il en est”, souligne Betty, électrice de la France Insoumise.

“C’est d’un autre âge”

Certains jeunes avaient choisi LFI car ils estimaient que le parti était en avance sur certains sujets. Ils sont, désormais, perplexes.

“Ça n’est pas défendable. Un homme politique doit donner l’exemple. C’est d’un autre âge et c’est en opposition avec ce qu’ils défendent.”

Même chez les responsables politiques du parti, le malaise est là. Lors d’une conférence de presse donnée mardi, aucun des députés présents n’a répondu à une question qui semble pourtant simple : “approuvez-vous (ou non) le soutien de Jean-Luc Mélenchon à Adrien Quatennens ?”

Cyprien Pézeril (édité par AB)

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