Gérald Darmanin reporte sa visite, les conditions d’un “débat serein” pas réunies

Prévue initialement ce jeudi, la visite de Gérald Darmanin en Corse est reportée de “quelques semaines”. Les conditions d’un “débat serein avec les maires” sur des politiques publiques n’étaient “pas réunies”.

Après s’être entretenu ce lundi avec Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, Gérald Darmanin a décidé de reporter sa visite en Corseinitialement prévues ces jeudi 6 et vendredi 7 octobre 2022.

“Afin de préserver la qualité des échanges tenus jusqu’à présent et recréer les conditions de la poursuite sereine du processus de dialogue engagé entre la Corse et l’Etat, le ministre a décidé de reporter son déplacement de quelques semaines”, selon le communiqué du ministère publié ce mardi.

Un comité stratégique sur l’avenir de l’île

“Les conditions d’un débat serein avec les maires sur des politiques publiques telles que le traitement des déchets et l’eau ne sont pas réunies.”

Le ministre de l’Intérieur s’était engagé en mars à discuter de l’autonomie de la Corse. Au mois de juillet, il avait mis sur pied un comité stratégique sur l’avenir de l’île, quatre mois après l’agression mortelle en prison du militant indépendantiste corse Yvan Colonna, condamné à perpétuité pour l’assassinat du préfet Erignac.

Le cycle de concertation doit s’étaler sur une année, à raison d’une réunion toutes les six semaines.

Un thème par visite

La deuxième, qui était donc prévue jeudi et vendredi, devait être consacrée à la “spéculation financière, l’urbanisme et le logement”, et la troisième, prévue “avant la fin 2022”, à “la langue et la culture corses”, avait annoncé Gérald Darmanin.

Pour chaque thème, il est prévu de lister les différents statuts en vigueur dans les pays voisins et d’évoquer les éventuelles “évolutions” à apporter au statut de la Corse.

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Le Pen réclame les mises à l’écart de Kohler et Dupond-Moretti… et étrille Ndiaye

Invitée de RMC et BFMTV ce mardi matin, Marine Le Pen a appelé Emmanuel Macron à écarter de leurs postes Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée, et Eric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice, qui sont mis en examen dans deux affaires distinctes. Pap Ndiaye, le ministre de l’Éducation nationale, est également dans le viseur de la députée RN.

Le gouvernement a connu un début de semaine compliqué. Lundi après-midi, le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohlerl’un des plus proches collaborateurs d’Emmanuel Macron, a été mis en examen pour prise illégale d’intérêts.

Le numéro 2 de l’Elysée est suspecté de conflit d’intérêts en ayant pris des décisions en faveur de l’entreprise MSC, fondée et dirigée par des cousins ​​de sa mère, alors qu’il siégeait au conseil d’administration de STX France comme représentant de l’Etat et dont MSC était le principal client.

Plus tôt dans la journée, c’est la Cour de justice de la République qui a ordonné un procès contre Eric Dupond-Morettiaccusé d’avoir profité de sa fonction de ministre de la Justice pour régler des comptes avec des magistrats présumés qu’il s’était opposé quand il était avocat.

Alexis Kohler “ne devrait plus être à ce poste”

Sur CMR et BFM TV ce mardi, la cheffe de file du Rassemblement national Marine Le Pen et principale figure d’opposition a révélé que les deux personnalités ne devraient plus exercer leurs fonctions. “Alexis Kohler, c’est un personnage très important et très puissant de la République. Mais c’est la responsabilité d’Emmanuel Macron : veut-il garder à ses côtés à un poste aussi sensible une personne suspectée de conflits d’intérêt ou non? Je pense qu’Alexis Kohler ne devrait plus être à ce poste”, at-elle assuré.

“Emmanuel Macron n’a eu de cesse d’être entouré de problématiques de conflits d’intérêts. C’est le problème du pantouflage. Il y a des hauts-fonctionnaires dont la formation est financée par la France qui vont dans le privé puis dans des cabinets ministériels et se retrouvent presque systématiquement avec un risque de conflit d’intérêt. Il faut mettre fin à cela. Au Rassemblement national, nous allons déposer une proposition de loi afin de limiter au maximum ces faits de pantouflages”, a plaidé Marine Le Stylo.

“La justice doit donner une image irréprochable”

Concernant Éric Dupond-MorettiMarine Le Pen estime qu’Emmanuel Macron devrait l’éloigner du ministère de la Justice : “C’est un problème d’image de la justice. Le ministre de la Justice est mis en examen, les Français vont finir par avoir une suspicion à l’égard de la justice et on n’a pas le droit”.

Mais elle n’a pas appelé à son renvoi, rappelant qu’une mise en examen ne valait pas condamnation. “Si Emmanuel Macron tient vraiment à lui, il devrait le changer de ministère. La justice doit donner une image irréprochable”, a plaidé la présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée.

Pap Ndiaye accusé de “vomir sur la France”

Marine Le Pen a un autre membre du gouvernement dans le viseur, pour laquelle elle prend moins de pincettes, le ministre de l’Education nationale Pap Ndiaye, qu’elle accuse de “vomir sur la France”. “Pap Ndiaye passe sa vie à aller à l’étranger pour vomir sur la France. Nous connaissons ses convictions, il considère qu’il y a un problème racial en France, ce qui est impardonnable. Pap Ndiaye n’est pas en capacité de lutter contre le communautarisme, car il est lui-même communautariste”, assure-t-elle.

La présidente du Rassemblement national fait référence à la récente visite de Pap Ndiaye à l’université de Washington lors de laquelle il a révélé que le concept de race restait “très sensible en France”. “L’État français est également indifférent à la couleur de peau. C’est une belle idée mais la réalité impose une approche plus concrète et je peux attester du prix à payer quand on ose en parler. Cela ne nous empêchera pas de travailler pour développer une culture plus inclusive dans nos écoles”, avait assuré le ministre devant des étudiants américains.

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Les fournisseurs d’énergie dans le collimateur de Bercy et de l’Union européenne

Bruno Le Maire va convoquer les fournisseurs d’énergie mercredi prochain à Bercy. Il leur reproche de “ne pas jouer le jeu” sur les négociations de contrats d’énergie. Dans le même temps, une taxe européenne sur les superprofits de l’énergie sera mise en place en décembre.

L’Europe et la France augmentent le ton sur les prix de l’énergie. Vendredi, les ministres européens se sont mis d’accord sur une forme de taxe sur les superprofits des producteurs d’énergies. Une initiative proposée le mois dernier par la Commission européenne. Dans le détail, les producteurs d’électricité via le nucléaire ou les énergies renouvelables, qui vendent leur électricité au-delà de 180 € par mégawattheure devront donner tous les bénéfices au dessus de ce seuil aux États, qui le redistribueront en aides aux ménages et aux entreprises.

Les producteurs et distributeurs de gaz, charbon ou pétrole vont également devoir verser une contribution temporaire de solidarité. Au total, Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission, espère obtenir 140 milliards d’euros de ces différents dispositifs, qui devraient être mis en place à partir du mois de décembre.

La colère de Bruno Le Maire

En parallèle, Bruno Le Maire convoque les énergéticiens mercredi prochain à Bercy. Il reproche notamment à TotalEnergies, Engie et EDF de “ne pas jouer le jeu” sur les négociations de contrats d’énergie, notamment avec les entreprises. Les énergéticiens se sont regroupés sous pression. D’abord au niveau national, pour la première fois Bruno Le Maire affiche son mécontentement et une forme de contrainte envers les énergéticiens.

Il souhaite leur faire signer un code de conduite, pour garantir des prix raisonnables, notamment aux entreprises. Plusieurs PME se trouvent en grande difficulté, en pleine négociation pour leur contrat d’énergie.

Au niveau européen, la taxe sur les surprofits décidée ici ne devrait pas avoir d’effets immédiats sur nos factures d’électricité. Mais l’effet sera indirect :

“Les États vont utiliser cette taxe pour réduire le coût du bouclier tarifaire. Ce sont les États qui vont décider de protéger les consommateurs, cela va coûter de l’argent et l’État va récupérer un peu d’argent avec cette taxe” explique Jean-Pierre Favennec, professeur à Paris-Dauphine spécialiste de l’énergie.

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Le RN attire de nouveau les militants, avant le congrès et le vote pour la présidence

Plus de 12.000 personnes ont pris leur carte d’adhérent au Rassemblement national depuis le mois d’août. Un chiffre historique qui reflète les deux derniers scrutins très réussis du parti, que ce soit à la présidentielle ou aux législatives.

Le Rassemblement National élit son nouveau président à partir de ce vendredi. Les adhérents doivent désigner par vote électronique le successeur de Marine Le Pen. Un choix entre Jordan Bardella, déjà président par intérim depuis la campagne présidentielle de 2022, et Louis Aliot, le maire de Perpignan.

Le vote se tient jusqu’au 3 novembre, deux jours avant le congrès du parti qui s’appellera officiellement le nouveau chef du RN. Un congrès qui se tiendra avec un grand nombre de militants. En un mois, 12.000 personnes ont pris leur carte au RN selon le parti, ce qui porte à 40.000 le nombre d’adhérents qui pourraient participer au vote.

Cette progression des militants se fait sentir dans différentes régions de France, et notamment dans les plus grosses fédérations selon le Rassemblement National. Par exemple, celles des Bouches-du-Rhône et du Var ont toutes les deux reçu 500 adhésions, ce qui fait grimper leur effectif respectif à environ 2.000 personnes.

Les profils se diversifient

Plusieurs membres du RN expliquent ce regagner en partie par le succès inespéré aux législatives. Il y a surtout la perspective du congrès en novembre. Et un des candidats à la présidence du parti semble avoir renié les sympathisants RN : Jordan Bardella, le dauphin de Marine Le Pen, déjà président par intérim du parti depuis un an.

Parmi les nouveaux inscrits, les profils se diversifient selon le RN. On retrouve davantage de jeunes, mais aussi plus de cadres, de banquiers, d’avocats, d’enseignants… Un phénomène déjà remarqué parmi les électeurs de Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle.

Romain Cluzel avec Guillaume Descours

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les députés LFI refusent de participer “à la mascarade” de la concertation

Le groupe LFI à l’Assemblée nationale a annoncé refuser de participer à un nouveau cycle de concertation. Selon les députés insoumis, celui-ci s’apparente à “une mascarade”.

Le groupe LFI à l’Assemblée nationale annonce dans un communiqué “refuser de participer à (la) mascarade” du nouveau cycle de concertations que va lancer le gouvernement sur les retraites, avant de proposer un texte de loi à l’hiver. Les députés insoumis s’opposent notamment à la “condition préalable” de “l’acceptation d’un recul de l’âge de départ à la retraite”.

“Emmanuel Macron, isolé et désavoué par son propre camp, a dû battre en retraite sur l’hypothèse d’un amendement en catimini pour imposer sa réforme des retraites. Le gouvernement pense désormais reculer pour mieux sauter”, écrit le groupe, concerné par la députée Mathilde Panot.

“Nous sommes prêts à gouverner”

Mais “le nouveau cycle de ‘concertation’ pose comme condition préalable l’acceptation d’un recul de l’âge de départ à la retraite. Le groupe LFI-Nupes refuse de participer à cette mascarade”, poursuit le communiqué.

Faire face à la menace de dissolution portée par Emmanuel Macron, “pas d’inquiétude : nous sommes plus que jamais prêts à gouverner”, assure le groupe qui promet de “répliquer par tous les moyens dont nous pourrions retenir”. “Dès lundi dans l’hémicycle et dans toutes les mobilisations à venir. Déferlons à Paris le 16 octobre prochain!”, ajoutent-ils en référence à la marche que prépare une partie de la Nupes ce jour-là.

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pourquoi un débat télévisé entre les candidats n’enchante pas tout le monde

Les Républicains vont élire un nouveau président en novembre. Eric Ciotti, Aurélien Pradié et Bruno Retailleau seront opposés et ils sont enfin tombés d’accord pour un débat télévisé avant l’élection. Pourtant, au départ, tout le monde n’était pas pour. Et ce débat fait craindre un retour de vieilles tensions entre les différentes lignes du parti.

Les candidats à la présidence du parti Les Républicains ont fini par se mettre d’accord pour débattre à la télévision. Ils ont déjà reçu des propositions de trois chaînes de télévision, dont BFMTV, pour des émissions en novembre après la date limite de dépôt des parrainages qui valideront les candidatures.

Éric Ciotti et Aurélien Pradié étaient d’accord sur le principe depuis un moment, mais le moins qu’on puisse dire, c’est que Bruno Retailleau n’était pas emballé par l’idée. « Aucune problématique interne n’intéresse pas l’ensemble des Français », argumente un proche du patron des sénateurs LR. Qu’à cela ne tienne, Aurélien Pradié, qui a très envie de débattre, s’est fendu d’un communiqué de presse appelant ses concurrents au courage de venir débattre. Résultat, l’entourage de Bruno Retailleau nous a fait savoir que le sénateur de Vendée acceptait l’idée.

Et l’idée de voir Aurélien Pradié, Bruno Retailleau et Eric Ciotti, tous les trois sur un plateau, n’enchante pas tout le monde chez les Républicains. La peur de voir ressurgir de vieilles tensions et s’affronter des lignes politiques peut-être devenues incompatibles. Bref, les cadres LR sont sceptiques. Un député LR, qui a décidé de ne parrainer personne dans cette élection, ironise.

“Aux yeux des Français, ça va ressembler à un débat entre un jeune marxiste et deux vieux réacs. Ce n’est pas l’idéal pour l’image du parti”, indique-t-il.

Des rancœurs exacerbées

Mais dans le camp d’Aurélien Pradié, on joue le fatalisme : “Valérie Pécresse a fait 4,7% à la présidentielle. Alors à moins de 5%, je ne vois pas ce qu’on risque”.

Un exercice risqué, d’autant que l’ambiance n’est pas à la franche camaraderie entre les équipes de campagne. Et cette histoire de débat n’a pas vraiment arrangé les choses. “Bruno Retailleau ne brille pas pour son courage”, glisse-t-on dans l’entourage d’Aurélien Pradié.

« Il plaidait pour un maximum de débats à la primaire à la présidentielle. Et maintenant qu’il est candidat, il ne veut plus discuter », regrette-t-on.

“Tout ce que veut Aurélien Pradié, c’est passer à la télé”, s’amuse de son côté un conseiller parlementaire. Aurélien Pradié qui est d’ailleurs toujours secrétaire général du parti. Et ça agace un sénateur proche de Bruno Retailleau, qui l’accuse d’utiliser les moyens du parti, notamment les fichiers d’adhérents, pour sa propre campagne. Qu’on se le dis, Les Républicains, c’est toujours un peu Dallas.

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les écologistes vont proposer un chèque de 150 euros par mois pour tous

Les députés écologistes font leur rentrée à l’Assemblée nationale cette semaine et vont faire, selon nos informations, une proposition choc pour le “droit à bien manger” ce mercredi.

Les députés écologistes remettent le couvert, et vont présenter ce mercredi après-midi un “plan de rupture écologique” à l’Assemblée nationale lors d’une conférence de presse. Un programme qui contient une mesure phare : la délivrance d’un chèque alimentaire universel de 150 euros par mois pour “le droit à bien manger”.

“C’est militer pour le droit à bien manger. Ce n’est pas vraiment les saucisses et les entrecôtes de Fabien Roussel”, prévient une cadre, qui assure qu’un des objectifs de cette mesure est de “financer une agriculture de qualité “.

120 milliards de coût, assumé

Une mesure forte, qui aurait coûté tout aussi fort de 120 milliards d’euros par an à la charge de l’État.

“On sait que c’est important, mais on doit changer radicalement. Si on veut limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré il faut s’en donner les moyens”, assume ce même cadre écologiste, qui ne précise pas comment serait financée une telle mesure.

C’est pour cette raison que ce chèque, dans la volonté des écologistes, passerait d’abord par une expérimentation locale.

JA avec Cyprien Pézeril

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Coup de gueule d’Eric Dupond-Moretti après les affaires Bayou et Quatennens

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a dénoncé lors d’une conférence de presse mardi la “justice de droit privé” dans les récentes accusations de violence et de harcèlement qui ont visé Adrien Quatennens et Julien Bayou, jugeant qu’il était ” temps de siffler la fin de la récréation”.

C’est un coup de gueule qu’a poussé ce mardi le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, en conférence de presse. Il a dénoncé une “justice de droit privé”, après les récentes accusations de violence et de harcèlement qui ont visé des élus ces dernières semaines.

Évoquant les affaires d’Adrien Quatennens et Julien Bayouqui se sont chacun mis en retrait de leur responsabilité politique, il a été affirmé.

“On est en train de créer une justice de droit privé qui n’a strictement aucun sens”. “C’est extraordinairement dangereux (…) certains se font dévorer par un monstre qu’ils ont gagné à créer”, at-il ajouté.

Julien Bayou a annoncé lundi matin qu’il quittait la direction d’Europe Écologie Les Verts après avoir été mis en cause par son ex-compagne. Aucune plainte n’a été déposée, ni aucune enquête judiciaire ouverte dans cette affaire.

“Attaché à la présomption d’innocence”

Adrien Quatennens, lui, a reconnu avoir giflé sa femme il ya environ un an. Il avait fait l’objet d’une main courante de la part de son ex-compagne et s’est mis en retrait de ses responsabilités lui aussi.

Le ministre de la Justice a accusé les réseaux sociaux.

“La libération de la parole de la femme oui, même au travers des réseaux sociaux. Pour autant, les réseaux sociaux ne peuvent pas être l’unique réceptacle sans filtre de cette parole et la justice doit intervenir. Il n’y a pas de code de déontologie mis en place par tel ou tel parti. Il y a la Justice et il y a un code pénal”, a rappelé le ministre.

“Il y en a marre de ces trucs-là (…) la Justice est une institution qu’on ne peut pas mettre de côté. Je suis attaché à la parole des victimes, je suis attaché à la présomption d’innocence, je suis attaché à un certain nombre de grands principes que notre société civilisée à mis des millénaires à élaborer”, at-il ajouté, “la justice est notre pacte social et ne peut être dévoyée”.

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les affaires Quatennens et Bayou au coeur de la rentrée de la Nupes

La rentrée politique de la Nupes, c’est ce mardi à l’Assemblée nationale, la gauche étant bousculée par les affaires des députés LFI Adrien Quatennens et EELV Julien Bayou.

Les députés de la Nupes se réunissent tous à l’Assemblée nationale ce mardi après-midi pour préparer la rentrée parlementaire. Tous, ou presque. On sait déjà que deux députés ne seront pas là. Ni Adrien Quatennens, ni Julien Bayou n’ont prévu d’y assister selon nos informations.

Il faut dire qu’on les imagine mal s’assoir à coté de leurs collègues et faire comme si de rien était. Le député LFI est accusé de violences physiques contre fils ex-compagnele député écologiste de violences psychologiques. “Comment voulez-vous que Julien Bayou vienne parler de la réforme des retraites ou du budget de la sécu dans ces conditions ? Il est grillé pour des semaines”, regrette l’un de ses soutiens, selon qui le député va avoir du mal à siège dans l’hémicycle.

Ces deux affaires font tanguer la Nupes

Ces deux crises, coup sur coup, font ressurgir les tensions au sein de l’alliance de la gauche. “Ça va les faire redescendre un peu, les Insoumis”, lâche un cadre du parti communiste. “Ils se croyaient tout permis depuis les législatives. Au moins, ces sales histoires auront le mérite de rééquilibrer les forces”.

Un député socialiste n’y va pas par quatre chemins : “Moi, c’est très clair, je ne discute plus avec des élus qui ne sont pas capables de condamner comme il se doit les violences faites aux femmes.”

L’ambiance risque d’être un peu tendue ce mardi après-midi à l’Assemblée. Et il n’y aura pas de caméra pour filmer, car le séminaire aura lieu à huis clos. Seule séquence ouverte aux journalistes : une conférence de presse ce mardi soir où il sera uniquement question de la rentrée parlementaire, est-il indiqué aux journalistes.

A droite, on en pense quoi ?

Les adversaires de la Nupes se frottent les mains, même s’ils prennent tous bien soin de signaler les violences faites aux femmes avant de lancer leurs flèches. “Ils nous ont tellement fait la morale, ils nous ont tellement fait la leçon”, a réagi le président de Reconquête, Eric Zemmour, lundi soir sur BFMTV.

Du côté du RN, on ne manque pas de sarcasme. “C’est ceux qui demandent votre émission dès que vous êtes garés en double file qui se font avoir… Ça leur apprendra”, savoure un proche de Marine Le Pen.

Pierrick Bonno (édité par JA)

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Les cellules d’écoute sur les violences sexistes et sexuelles dans les partis sont-elles efficaces?

Adrien Quatennens, Taha Bouhafs, Julien Bayou… depuis quelques semaines, des affaires de violences sexistes et sexuelles font la une de l’actualité à gauche. Ces partis ont mis en place des cellules d’écoutes qui semblent voir ces cas passer entre les mailles du filet. Enquête sur l’efficacité de ces cellules, à la fois pas en avant dans la lutte contre les violences et limitée par leur statut interne aux partis.

“Tout le monde peut faire mieux, moi aussi”. Telle est la première réaction de Jean-Luc Mélenchon, samedi soir sur France 2, après la polémique sur son tweet dans l’affaire Quatennens. Il a expliqué ne pas “avoir voulu se mêler” du divorce de ses amis et déclarer “accepter les critiques”.

Mais le chef de fil de la France Insoumise n’a pas parlé du “comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles” mis en place par son mouvement. Pourtant, cette cellule d’écoute n’a pas été utile dans cette affaire. Chez Europe Ecologie les Verts, une même cellule a été mise en place mais Julien Bayouaccusé de violences psychologiques par une ex-compagne, n’y a jamais été entendu.

“On ne peut pas être juge et partie”

Ce samedi, la ministre déléguée à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Isabelle Rome, s’en est prise à ces cellules qui “étouffent la parole des victimes” et estiment qu’elles sont “inopérantes”. Pourtant, la mise en place de ces structures a été un vrai pas en avant pour mieux lutter contre les VSS. Aujourd’hui, elles semblent malgré tout confrontées à certaines limites.

Pour Mathilde, militante féministe proche de la France insoumise, ces cellules sont indispensables pour libérer la parole, “de la même manière que dans une entreprise, on est obligé de remonter et d’avoir une enquête interne s’il ya un signalement, c ‘est nécessaire d’avoir une cellule dédiée à chaque mouvement.” Mais elle estime que ces cellules ne sont pas assez indépendantes pour bien fonctionner :

“Cette cellule doit-elle être interne ? C’est cela que l’on doit questionner. On ne peut pas être juge et partie. Il va y avoir des questions d’affects, ça va mettre des gens en porte à faux. Il est nécessaire que chaque structure ait une cellule avec le maximum de neutralité possible et donc ça veut dire externaliser.”

Les cellules recueillent des informations mais n’ont pas d’obligation légale ensuite à en aviser un procureur car “il n’y a pas d’obligation judiciaire mis à part la non-dénonciation de crime qui est un délit. C’est la seule limite légale qui existe” explique Nelly Bertrand, juge et secrétaire nationale du syndicat de la magistrature qui considère que c’est “aux parties de déterminer ou non, pour des raisons qui leur sont propres, des règles claires.”

“Nous ne nous substituons pas la justice mais il y a des femmes qui demandent à pouvoir militer en toute sérénité, notre travail, notre devoir, c’est de leur permettre ça”, avait aussi expliqué cette semaine la députée écologiste Sandra Regol.

Vers une structure transparente ?

Pour régler ce problème, l’observatoire des violences sexuelles et sexistes en politique demande au gouvernement la création d’une structure transpartisane qui lutte contre ces violences. “On a su le faire pour la transparence financière il y a quelques années avec l’affaire Cahuzac. On pense que les violences faites aux femmes ne sont pas un problème de moindre importance qu’avoir un compte en Suisse”, explique Fiona Texeire, cofondatrice de cet observatoire.

“Il est temps d’avoir une réponse concertée et de haut niveau. Il y a une réponse immédiate qui peut être apportée : la formation de l’ensemble des élus à ces questions et des mesures par la loi comme l’extension des compétences de la haute autorité de transparence de la vie publique qui pourrait devenir compétente sur les sujets de violences sexistes et sexuelles.

Si, à gauche, toutes les formations ont une cellule d’écoute, Renaissance, la République en marche, le Rassemblement national ou Reconquête n’en ont aucune. Les Républicains ne disposant pas de cellule d’enquête contre les violences sexistes et sexuelles, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau se dit prêt à réfléchir à la question. Ses adversaires à la présidence du parti Eric Ciotti et Aurélien Pradié n’y sont pas favorables

Mahauld Becker-Granier (avec MM)

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