l’alerte d’Aurélien Taché sur le pouvoir d’achat et l’écologie

Invité de la Matinale week-end de RMC, Aurélien Taché, député NUPES du Val-d’Oise a dénoncé le contenu de la loi “pouvoir d’achat” sur le plan économique et écologique.

“Une folle semaine” de débats à l’Assemblée nationale. La loi pouvoir d’achat et son volet économique, le projet de loi de finances rectificatif, ont été débattus et votés par l’Assemblée nationale. Le député écologiste de la NUPES, Aurélien Taché, craint que “cette semaine folle soit à l’image des cinq années qui nous attendent”. Le député du Val-d’Oise remarque surtout que la semaine parlementaire a été “une semaine où la majorité revient sur les votes quand ça ne lui plaît pas, où elle refuse de taxer les bénéfices et d’augmenter les salaires.”

Même si l’amendement sur les retraites était un amendement d’appel, inité par un député LR, qui ne devait pas être voté au départ, le député de la NUPES regrette le second vote imposé par le gouvernement :

“On vote une augmentation des pensions de retraite et à 4h du matin, la majorité décide de revoter car le vote précédent ne leur convient pas. Les Français qui auraient aimé voir leurs pensions de retraite augmenter auraient préféré qu’on conserve cet amendemnet”, note Aurélien Taché.

Sur l’ambiance à l’Assemblée nationale, le député déplore que la NUPES soit pointée du doigt alors qu'”un député de la majorité fait un salut nazi ou des députés LR et LREM qui font claquer leurs pupitres”:

“L’obstruction parlementaire était plutôt du côté de LR qui a déposé des centaines d’amendement quand (la NUPES) en a déposé seulement quelques dizaines juste les plus importants. Nous souhaitions des augmentations de salaires pérennes, augmentation des retraites et blocage des prix . Ce qui était pour nous les urgences de cet été et je crains que ce soit comme ça pendant cinq ans”, regrette Aurélien Taché.

“Des reformes terribles sur le plan de l’écologie”

L’ancien marcheur n’a pas voté ce projet de loi de finances rectificatif. Pour lui, les “primes qui coûtent à l’État et ne permettent pas aux Français de mieux vivre concernent 15 % des salariés”. Une a choisi qui l’empêche de voter ce texte :

“Quand je retourne à Cergy, j’explique quoi aux gens ? Qu’on va se satisfaire de qu’il n’y ait que 15 % d’entre-eux qui sont concernés ? Dans ce texte, il y a des réformes terribles sur le plan de l’écologie sur le gaz de schiste, les centrales à charbon. Il n’y a rien qui va dans ce texte”, explique-t-il.

Face à l’inflation, la NUPES propose le retour de la taxe carburant (TIPP) flottante, pour que l’État ne “s’engraisse pas” quand le prix des carburants augmente, et une TVA à 5,5 % sur les billets des trains. Des idées refusées par la majorité à l’Assemblée nationale. La NUPES juge aussi imparfaite la ristourne prolongée sur le prix des carburants et dénonce un mauvais ciblage de l’aide carburant :

“Sur une urgence sur les prix du carburant. Cette ristourne va aider les Français mais aussi les touristes étrangers. Cette aide n’est pas ciblée, va aider surtout les Français qui ont le plus de moyens.”

Fin du nucléaire et investissement dans le renouvelable

Face à la crise énergétique, Aurélien Taché “aimerait qu’on n’attende pas que Monsieur Poutine nous humilie et nous coupe le gaz et qu’on prenne des mesures avant.” Pour lui, la mesure numéro 1 à prendre est d’investir “les énergies renouvelables”. “Nous sommes le seul pays d’Europe à ne pas avoir atteint nos objectifs en la matière” note-t-il. Face à cela, il souhaite une “sortie progressive et pas de nouveaux réacteurs” nucléaires, en conservant ouvertes les centrales tant que la partie de renouvellement n’est pas suffisante pour compenser.

“Il ne s’agit pas de tout arrêter d’un coup”. Il dénonce aussi la nationalisation d’EDF comme “un cache-sexe pour augmenter les investissements sur le nucléaire, ce qui ne va pas dans le sens de la transition écologique”.

“On ne fera pas la transition écologique en taxant les superprofits. Bruno Le Maire a été un brillant VRP de Total cette semaine à l’Assemblée, mais est incapable de lancer une taxation suffisante sur les superprofits”, estime Aurélien Taché.

Interdiction des jets privés et super-yatchs

Pour ne pas taper sur le porte-feuille des Français, Aurélien Taché veut interdire les “aberrations écologiques”, les comportements qui ne sont plus dans l’air du temps car “les 10 % des personnes les plus riches, émettent plus de 50 % des gaz à effet de serre”:

“Quand on voit que Bernard Arnault prend son jet privé et fait 168 tonnes de CO² en un mois, soit 17 ans d’empreinte carbone d’un Français moyen, et qu’on n’interdit toujours pas les jets privés, les super- yatch, je comprends le Français qui ne comprend pas une augmentation de taxe à la pompe”, explique-t-il.

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