Qui est Abdelmadjid Tebboune, le président algérien, qui va accueillir Emmanuel Macron ce jeudi?



Nommé en 2017, Abdelmadjid Tebboune a d’abord connu des années compliquées à la tête du pays. Gravement touché par le Covid, il a passé plusieurs mois en Allemagne en 2019 pour se soigner. Finalement, c’est la guerre en Ukraine qui aujourd’hui lui permet de retrouver une certaine popularité, car il peut se montrer généreux à l’augmentation des cours du pétrole et du gaz.

Abdelmadjid Tebboune, le président algérien, va accueillir ce jeudi Emmanuel Macron à Alger. Et c’est un président qui va mieux qui sera tout à l’heure au pied de la passerelle. Il a 76 ans, il a été assez sévèrement touché par le Covid fin 2020, il a été soigné en Allemagne où il est resté plusieurs mois, puis finalement, il s’est remis.

Abdelmadjid Tebboune, c’est un pur produit du système politico-militaire qui dirige l’Algérie depuis l’indépendance. Il a fait une carrière de fonctionnaire, préfet, ministre puis finalement Premier ministre. Le Premier ministre le plus vite limogé de l’histoire du pays. Nommé en mai 2017 par le vieux président Bouteflika et a été viré deux mois et demi plus tard parce qu’il avait tenté de s’opposer à la clique mafieuse dirigée par le frère de Bouteflika.

Cet acte de bravoure lui a valu une certaine popularité et c’est ce qui lui a permis d’être élu deux ans plus tard à la présidence dès le premier tour. Même si, tout le monde sait qu’il n’aurait jamais été élu sans le soutien du chef d’état-major de l’armée.

Des propos hostiles à la France

Une fois élu, il fut rapidement contesté. Parce que l’Algérie, en 2019, était secouée par le mouvement du Hirak, les grandes manifestations du vendredi, la jeunesse qui remettait en cause le système. Les manifestants l’ont vite appelé le président Cocaïne, car son fils était en prison, mouillé dans une vaste affaire de trafic de cocaïne. Miraculeusement, très vite, après l’élection, ce fils a été acquitté.

Face à ce mouvement Hirak, Abdelmadjid Tebboune s’est montré très ambigu. Un jour, il le saluait comme une chance pour le pays, le lendemain, il faisait arrêter les leaders. Et finalement, c’est le Covid qui a mis fin aux manifestations.

Aujourd’hui, le président algérien a une grande chance. C’est la guerre en Ukraine. L’économie algérienne est entièrement dépendante des cours du pétrole et du gaz. Quand les cours s’envolent, les caisses de l’État se remplissent et il peut se montrer généreux. C’est ce qui se passe en ce moment. Pour assurer sa popularité le président à une autre ficelle: tenir le plus souvent possible des propos hostiles à la France. Il ne s’en est pas privé. Ce sera un des sujets de conversation entre Emmanuel Macron et lui ce jeudi après-midi.

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