Pour Berlusconi, Poutine a été “poussé” à envahir l’Ukraine



Invité d’une émission politique italienne, l’ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi a déclaré que Vladimir Poutine a été “poussé” à l’invasion de l’Ukraine par les séparatistes pro-russes, sa population et son entourage.

Une ultime polémique de campagne électorale sur fond de guerre en Ukraine. Invité de la grande émission de débats politiques de la Rai Uno, Porta a Porta, le patron du parti Forza Italia, Silvio Berlusconi, a déclaré que Vladimir Poutine a été “poussé” par sa population et son entourage à envahir l’Ukraine.

“Poutine s’est retrouvé dans une situation vraiment difficile et dramatique”, a expliqué Silvio Berlusconi.

“Une mission des deux républiques pro-russes du Donbass est allée à Moscou, a parlé avec tout le monde, les radios, la presse, la télévision, avec les gens du parti (de Poutine), les ministres du parti, et puis est allée le voir en délégation pour lui dire: ‘Zelensky a intensifié les attaques des forces ukrainiennes contre nos forces sur nos frontières. Nous sommes maintenant à 16.000 morts. S’il vous plaît défendez-nous parce que si vous ne le faites pas, nous ne savons pas ce qui va se passer'”, a-t-il développé.

Selon lui, Poutine a ensuite été “poussé par la population russe, par son parti, par ses ministres, à engager cette opération spéciale, c’est comme ça qu’elle a été appelée au départ, selon laquelle les troupes russes devaient entrer et en une semaine rallier Kiev, remplacer le gouvernement Zelensky par un gouvernement de personnes décentes et en une semaine repartir”.

Une polémique à deux jours des élections

Ses propos ont déclenché un tollé en Italie où Berlusconi, trois fois président du Conseil entre 1994 et 2011, est accusé de poutinophilie, notamment lorsque qu’il s’était rendu avec Vladimir Poutine en Crimée après l’annexion de la province russe par Moscou en 2014.

Une polémique qui tombe mal pour la coalition de centre-droite dont fait partie le parti Forza Italia de Berlusconi, la Ligue de Matteo Salvini et menée par le parti Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, héritier du MSI néo-mussolinien, qui est en tête des sondages pour les élections générales italiennes, à deux jours du scrutin.

Après cette polémique, Silvio Berlusconi dénoncé des propos “simplifiés”, évoquant une guerre “injustifiable”.

“Nous sommes et serons toujours du côté de l’Europe, des États-Unis, de l’Occident, de l’Alliance atlantique (…). Nous sommes les garants, de façon absolue, de la loyauté européenne et atlantique du prochain gouvernement”, a-t-il assuré sur Instagram

“Les marionnettes de Poutine”

Le chef du Parti démocrate (PD), Enrico Letta, donné en deuxième position aux législatives derrière Giorgia Meloni, a fustigé des “déclarations scandaleuses et gravissimes”.

Sur Twitter, Pieyre-Alexandre Anglade, président de la Commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale en France, a accusé Berlusconi, Meloni et Salvini d’être “les marionnettes de Poutine”: “Les conséquences des élections de ce dimanche en Italie dépasseront les frontières de la péninsule. C’est l’unité de l’Europe face à la Russie qui se joue aussi”, a-t-il estimé.

Pour la vice-présidente du Parlement européen, l’Italienne Pina Picierno (Parti démocrate), Berlusconi “jette le masque atlantiste et européen et montre le vrai visage de la droite italienne: ennemie de la liberté, amie des autocrates”.

Silvio Berlusconi a en revanche reçu l’appui du PPE (droite) au Parlement européen. “La position de Forza Italia est claire: ils soutiennent l’Ukraine dans son combat contre la guerre illégale de la Russie”, a écrit sur son compte Instagram le groupe auquel appartient le parti du milliardaire italien.

[

]

Source link