Hélène Devynck dénonce le système PPDA



Hélène Devynck, journaliste, ancienne de TF1, est l’une des 90 femmes qui accuse Patrick Poivre d’Arvor de viol ou d’agression sexuelle. Invitée de la Matinale week-end de RMC, elle raconte son parcours pour arriver à parler, la pression sociétale sur les victimes, revient sur les derniers d’Elisabeth Badinter et évoque ce qu’on pourrait appeler le “système PPDA”.

Matthieu Rouault (MR) : Hélène Devynck, bonjour !

Hélène Devynck (HD) : Bonjour Matthieu

MR : Merci d’être sur RMC. Vous êtes journaliste, scénariste. Vous accusez Patrick Poivre d’Arvor de viol. Vous avez été son assistante au 20h de TF1 entre 1991 et 1993. Vous n’êtes pas seule. Vous avez été contactée par 90 femmes, qui accusent l’ancien présentateur de viols, d’agressions. Certaines ont déposé plainte pour des faits prescrits ou non. D’ailleurs deux nouvelles plaintes ont été déposées au parquet de Nanterre dont l’une de ces femmes a voulu parler après avoir lu votre livre, aux éditions du Seuil. Ça s’appelle “Impunité”. Ce n’est pas très conventionnel, mais après avoir lu votre livre je n’ai pas envie d’être journaliste face à vous ce matin. J’ai juste envie d’être un homme, un citoyen, un être humain et vous dire “merci”, merci pour ce livre nécessaire, parce qu’il fait comprendre, explique ce que veut dire culture du viol. J’étais très réticent contre ce mot, je n’aimais pas ces deux mots accolés. J’ai compris en lisant votre livre. Il décrit aussi de manière clinique le système qui permet à l’agresseur d’agresser. Le système qui enferme aussi, et je sais que vous n’aimez pas trop ce mot: les victimes. Pourquoi avez-vous écrit ce livre? Pour tout ça?

HD: Pour que vous compreniez tout ça, certainement. En fait, je me suis basée sur l’impunité. Les premiers témoignages qu’on a datent de 1981. Les derniers de 2016. Il y a donc une période de 35 ans pendant laquelle cet homme a agressé, violé, sans que jamais il ne soit arrêté. Je me suis demandé comment c’était possible dans une société où on déteste le viol on peut laisser quelqu’un faire ça pendant tant d’années. Une fois qu’on a parlé: l’impunité continue.

“Qui a la responsabilité de notre silence? A l’époque où il m’est arrivé ce qui m’est arrivé, il était tellement puissant que si je parlais, c’était ma mort sociale garantie. Faire porter la responsabilité du silence sur les victimes uniquement, c’est un chapeau un peu grand pour nous.”

MR: Vous questionnez aussi le comportement des femmes. Pourquoi elles n’ont pas parlé, pourquoi c’est si difficile ensuite de parler. J’espère que celles et ceux qui vont lire ce livre ne se poseront plus jamais la question. Ne poserons plus jamais la question: “Pourquoi vous n’avez pas parlé? Pourquoi vous n’êtes pas partie? Pourquoi vous n’avez pas mordu?” Tout cela est décrit dans ce livre. Vous écrivez “si Marie-Laure avait pu déposer plainte, Caroline n’aurait pas été violée, je n’aurais pas été violée. Si les deux Nathalie avaient pu se parler, Marie-Laure n’aurait pas été violée, je n’aurais pas entendu parler d’Agathe, Aline, les deux Alexandra, les deux Amandine, Anouk, Armel, les deux Aude…” J’arrête là, car la liste va jusqu’à 90 femmes. Finalement, cette affaire a surgi et on ne vous connait pas, on ne vous a pas entendu, on ne vous a pas écouté.

HD: Certaines d’entre nous ont parlé tout de suite. Il y a même eu des articles dans la presse nationale titrés “un Satire à TF1”. Ça n’a eu aucun effet. Le problème n’est pas tellement qu’on parle, c’est qu’on nous entende. Moi je n’ai pas parlé. La question, c’est qui a la responsabilité de notre silence. A l’époque où il m’est arrivé ce qui m’est arrivé, il était tellement puissant que si je parlais, c’était ma mort sociale garantie. Ma mort professionnelle. Tout le soupçon retombait sur moi. La question que je pose c’est: qui a la responsabilité du silence? Et de faire porter la responsabilité du silence sur les victimes uniquement, c’est un chapeau un peu grand pour nous.

MR: Vous venez de dire “il m’est arrivé ce qui m’est arrivé”. Encore aujourd’hui, après avoir témoigné devant la police, les tribunes, les articles de presse, il vous est difficile de prononcer le mot “viol”, Hélène Devynck?

HD: Je le prononce. Je peux le dire. Mais c’est un mot désagréable. C’est un mot qu’on n’a pas envie de se coller sur la tête, parce que c’est traumatisant, mais aussi parce que il y a une répulsion sociale vis à vis des femmes qui parlent, qui le disent. C’est ce que je décris dans le livre: c’est plein de mécaniques qui sont à la fois intimes, amicales, sociales, professionnelles qui font qu’on a plus intérêt à se taire qu’à parler.

MR: Je citais les prénoms tout à l’heure, vous écrivez les prénoms qui illustrent une société, de tous horizons. On est de droite, de gauche, fauchée ou pas. Il y a aussi une restauratrice et une enseignante. Les écrivaines et les anorexiques sont surreprésentées. Vous avez entre 20 et 60 ans et vous avez vécues toutes la même histoire. C’est assez saisissant à la lecture de votre livre. Vous dites même que les méthodes de PPDA pourraient se calquer l’une sur l’autre. Il y a toujours la même façon d’agresser? Le fameux coup du plateau?

HD: C’est ce qu’on appelle un mode opératoire, quelqu’un qui répète toujours la même chose, les mêmes rituels, les mêmes mots, les mêmes gestes. Le “coup du plateau” consistait à inviter une jeune femme sur le plateau du 20 heures, à l’impressionner un peu avec les projecteurs, la mise en scène du plateau. Une fois que la rédaction de TF1 avait déserté dans le bureau, la secrétaire fermait la porte et toutes celles qui ont témoigné ont été agressées ou violées.

MR: Alors qu’il y avait des secrétaires dans le bureau à côté. Vous-même, quand vous étiez assistantes, vous n’étiez pas si loin de tout cela et vous vous interrogez sur votre part de responsabilité.

HD: Je m’interroge aussi

MR: Sur ce milieu de la télévision auquel vous avez contribué, la misogynie de ce milieu, la folie du pouvoir également

HD: Le vedettariat et la puissance… C’est un livre sur le pouvoir et sur comment on a fait que le pouvoir de cet homme et sa sexualité sont devenues un peu une même chose et qu’on a présumé que toutes les femmes étaient consentantes. Il était présenté comme un parangon de séduction, l’incarnation du séducteur à la française… On se disait et même si on voyait les femmes défiler sur le plateau pendant 35 ans: 35 ans où plusieurs fois par semaines, des jeunes femmes seules au fond du plateau et qu’on amenait dans le bureau. Personne n’a rien dit.

“Je pense que c’est toujours possible. Le système que je décris est en place et va avec le pouvoir”

MR: Est-ce que ce serait encore possible aujourd’hui dans des rédactions de télévision ou dans d’autres entreprises?

HD: Je pense que c’est toujours possible. Le système que je décris est en place et va avec le pouvoir. C’est le même dans une famille, dans une colonie de vacances, dans un club sportif, dans une église, dans une entreprise…

MR: Avec le même enfermement des femmes c’est-à-dire l’impossibilité de parler. Vous dîtes: “Je reste convaincue d’avoir eu raison de me taire” parce que encore aujourd’hui, celles qui sont dans les rédactions de télévision qui ont “osé” prendre la parole ont reçue des menaces de sanctions pour avoir témoigné.

HD: Oui ! On se dit qu’on a bien fait de se taire à l’époque. Aujourd’hui, ce n’est pas si facile de parler. On est très nombreuses donc on ne peut plus nous dénigrer une par une. On se porte les unes, les autres. Et nos témoignages valident les autres témoignages. Mais ça reste compliqué.

“On est très nombreuses donc on ne peut plus nous dénigrer une par une. On se porte les unes, les autres. Et nos témoignages valident les autres témoignages. Nos témoignages sont des preuves vivantes.”

MR: C’est pour cela que vous vous battez pour que les témoignages, y compris ceux qui relatent des faits prescrits, puissent contribuer à la justice, être entendus par la justice, considérés comme une sérialité de faits et donner moyen à la justice de savoir si oui ou non Patrick Poivre d’Arvor est un violeur en série.

HD: Nos témoignages sont des preuves vivantes. On ne peut pas être plusieurs dizaines de femmes et mentir de la même façon. C’est impossible ! Il faut croire au surnaturel si on croit à ça (qu’elles mentent). Nous sommes les preuves vivantes de ce qui s’est passé.

MR: Est-ce qu’il faut revenir sur la prescription ? (10 ans au moment des faits pour Hélène Devynck, 20 ans aujourd’hui) Est-ce qu’il faut allonger ce délai ?

HD: La prescription, ce sont des questions extrêmement techniques, pointues, juridiques. Je pense qu’il faudrait qu’on l’assouplisse mais c’est un détail dans cette histoire. On s’appuie sur la prescription pour dire “s’il n’y avait pas la prescription, on pourrait le juger.” Mais on peut le juger, il y a de quoi dans le dossier.

“Elisabeth Badinter a été une féministe importante à une époque. Aujourd’hui, elle prend des arguments qui sont les arguments des agresseurs.”

MR: C’est un détail qui enflamme les débats. On a entendu les mots d’Elisabeth Badinter qui compare les femmes qui veulent faire sauter cette prescription au crime contre l’humanité qui lui est imprescriptible. Qu’est-ce que vous lui répondez?

HD: Je ne peux rien lui dire. Elle dit qu’au bout de dix ans, ça suffit, il faut prendre ses responsabilités. Moi au bout de dix ans, je ne pouvais pas parler, j’étais toujours à TF1.

MR: Ce discours persiste notamment au gouvernement. Marlène Schiappa, se disait, cette semaine dans Estelle Midi sur RMC “écœurée de voir le lynchage à l’encontre d’Elisabeth Badinter sur les réseaux sociaux, qu’on m’a rapporté, à la suite de ses propos. C’est quand même une grande féministe, qui a fait avancer la réflexion sur l’instinct maternel, sur l’égalité entre les femmes et les hommes… On peut être en désaccord sur ce qu’elle dit, a ajouté Marlène Schiappa. Il y a des choses que dit Elisabeth Badinter avec lesquelles je ne suis pas d’accord. Ce n’est pas pour autant que je vais aller l’insulter sur les réseaux sociaux. Je pense qu’on perd un peu la nuance et la profondeur du débat.” Ce soutien de Marlène Schiappa, première secrétaire d’État à l’égalité femmes/hommes d’Emmanuel Macron, grande cause du quinquennat… vous croyez à la sincérité de ce gouvernement?

HD: Marlène Schiappa a défendu Nicolas Hulot quand il était accusé de viol d’une façon peut-être un peu excessive…

MR: Elle est disqualifiée alors?

HD: Elisabeth Badinter a été une féministe importante à une époque. Aujourd’hui, elle prend des arguments qui sont les arguments des agresseurs. C’est compliqué de la suivre. Ce que je trouve indécent, c’est l’impunité. Dans le discours d’Elisabeth Badinter ou de Marlène Schiappa, je n’ai pas entendu parler des coupables.

“Emmanuel Macron dit qu’il faut libérer la parole des femmes mais qu’il ne faut quand même tomber dans une “société de l’inquisition”. Quand il dit ça, il oublie qu’il nous parle à nous (les victimes), comme si on n’existait pas.”

MR: Est-ce que vous comprenez Emmanuel Macron qui dit ne pas vouloir “une société de l’inquisition”, du “tribunal médiatique” disait aussi Eric Dupont-Moretti.

HD: Il avait dit, au moment où on a témoigné dans Libération et les accusations contre Nicolas Hulot, qu’il fallait libérer la parole des femmes mais qu’on n’allait pas quand même tomber dans une “société de l’inquisition”. On lui a répondu, on a fait une tribune. C’est très violent. Quand il dit ça, il oublie qu’il nous parle à nous, comme si on n’existait pas. Nous traiter d’inquisitrices, c’est-à-dire les personnages les plus honnis de l’histoire occidentale qui ont torturé, brûlé, supplicié des innocents. Je ne me reconnais pas là-dedans. J’ai raconté quelque chose qui me fait honte. Une petite misère. Une petite chose glauque. Je ne vois pas pourquoi je mériterais d’être traitée d’inquisition. Je pense que ce que je dis, ce qu’on dit, devrait faire avancer le droit plutôt que de le faire reculer dans des zones moyenâgeuses.

MR: Dans votre livre, vous interrogez aussi la sincérité du combat d’Emmanuel Macron (sur l’égalité homme/femmes) pour deux raisons. Son amitié avec Johnny Hallyday, les obsèques grandioses alors que Johnny a été lui aussi accusé de viol. Et la photo officielle de son premier quinquennat, avec la photo d’André Gide. Gide qui raconte avoir sodomisé un enfant jusqu’à épuisement dans son livre “Si le grain meurt”. Vous écrivez: “Que faut-il comprendre, que les pédocriminels peuvent être tranquilles? Qu’ils resteront honorés et prestigieux? Que l’impunité des puissants est totale?” Patrick Poivre d’Arvor a prévenu qu’il allait attaquer votre livre. J’imagine que vous vous préparer à recevoir encore “de la boue”, c’est un de vos termes dans votre livre. Est-ce que vous espérez qu’il lira votre livre ?

HD: Ça m’est égal

MR: Merci Hélène Devynck.

HD: Merci à vous.

Matthieu Rouault (avec Maxime Martinez)

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Julien Bayou “mis sous surveillance” par des militantes et des ex depuis trois ans

D’après le journal Libération dévoile, ce samedi, une enquête révélant la pression mise par un “collectif féministe informel” sur Julien Bayou. Celui-ci, constitué de militants et d’ex-compagnes de l’ancien patron d’Europe Ecologie les Verts, a enquêté et “mis sous surveillance” le député écologiste.

rois et enquête informelle. Selon les informations du revue Libération, Julien Bayou aurait été visé par une “cabale interne au parti”, une “mise sous surveillance”. Un collectif féministe informel lui reprochait son comportement avec les femmes. Ses membres auraient enquêté sur lui pendant trois ans.

“On enquête pour savoir si c’est un mec bien”

Des enquêtes et des accusations de violences psychologiques qui ont d’ailleurs conduit à sa démission cette semaine du poste de secrétaire national du parti écologiste. Lors d’une soirée entre militants en 2019, un proche de Julien Bayou est évoquée par une militante : “on enquête pour savoir si c’est un mec bien”. Elle veut s’assurer qu’il n’est pas “un prédateur”.

A la même époque, selon Libération, plusieurs ex-compagnes de Julien Bayou se sont approchées par cette même militante, de manière informelle, afin de favoriser des informations sur son comportement. L’écologiste l’apprend, il se sait désormais sous surveillance.

Le mettre “hors d’état de nuisible”

En novembre 2021, la rupture avec Aline, sa compagnie depuis trois ans, marque un tournant. Les choses s’enveniment : une conversation Whatsapp se crée entre ex-déçues de Julien Bayou, avec pour objectif de le mettre “hors d’état de nuisible”.

En juin dernier, Aline accuse l’écologiste dans un mail aux cadres du parti, d’être “lâche et manipulatrice” elle fait partie de sa volonté de mettre fin à ses jours. La cellule contre les violences sexuelles du parti s’autosaisit. Sauf qu’au sein de cette cellule siège l’une des femmes qui enquête depuis trois ans sur la vie de Julien Bayou :

Il est “immature, mais c’est tellement banal. On ne va pas lui faire un procès pour ça”, juge une ex-compagne.

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ce que va changer l’annexion de territoires ukrainiens par la Russie



Dans “Apolline Matin” ce vendredi sur RMC et RMC Story, l’historien militaire Michel Goya a présenté les enjeux principaux de l’annexion par la Russie de quatre territoires ukrainiens (Donetsk, Lougansk, Kherson, Zaporijjia), qui va être annoncée par Vladimir Poutine ce vendredi.

Le discours de Vladimir Poutine sur l’annexion de territoires ukrainiens

“Il faut s’attendre à un discours de victoire, de justification des sacrifices passés, en expliquant qu’ils n’ont pas été vains pour la Russie et qu’ils ont permis de libérer un certain nombre de territoires, de Russes, du joug ukrainien. Et que la Russie accueille avec plaisir tous ces nouveaux Russes, ces gens qui ne demandaient qu’à rejoindre la mère patrie. Ce discours va être un point du tournant. En réalité, c’est l’entrée en guerre véritable. C’était jusque-là une sorte d’opération extérieure, assez lointaine pour la société russe, qui était maintenue à l’écart. Maintenant, à partir du moment où ces terres deviennent russes, tous les combats se déroulent sur la terre de la mère-patrie. Dans ce cas-là, il faut oublier l’opération spéciale. Ce sera de fait, ou même de droit si la Douma le déclare, une guerre.”

“Dans les républiques séparatistes de Donetsk et Lougansk, il y a eu déjà une forme d’épuration ethnique, beaucoup de transferts de population. On est maintenant sur une terre très largement pro-russe. Mais dans les autres territoires occupés, ce n’est pas encore le cas. Comme en Crimée en 2014, il va y avoir une russification dans les jours qui viennent, assez radicale. Avec l’imposition de la langue russe, du rouble. Et forcer les habitants à échanger leurs passeports ukrainiens contre des passeports russes. Ils deviennent des citoyens russes, forcés mais à part entière.”

La fuite des hommes russes

“Il faut noter le caractère exceptionnel de cette situation. On n’a pas d’exemple historique où quand on déclare une mobilisation de la patrie, il y a plus d’hommes qui s’enfuient que ceux qui sont mobilisés ou qui sont en Ukraine. C’est assez extraordinaire. C’est comme si, en France, 100.000 hommes avaient quitté le pays en quelques jours pour échapper à leurs obligations militaires. Cela montre, non pas que la population a changé d’avis, mais qu’elle était à l’écart de cette guerre. Quand vous déclarez une mobilisation partielle, vous franchissez le pas et il n’y a pas de limite. Donc toutes les familles sont concernées, peut-être pas immédiatement mais elles le seront sans doute.”

L’Ukraine toujours à l’offensive

“La guerre continue, bien sûr. Du côté ukrainien, ça ne change rien. Ils accentuent encore la pression, ils sont à l’offensive. Ils sont sur le point, dans les heures qui viennent, d’infliger peut-être une défaite assez cinglante aux forces russes dans le nord du pays. Politiquement, l’annexion ne change rien du point de vue ukrainien. Ce sont toujours des terres ukrainiennes à libérer. Sur le champ de bataille, ça ne change rien. Il y a une sorte de course de vitesse qui est enclenchée pour les forces ukrainiennes, qui ont le dessus, très clairement, et qui doivent avancer avant les pluies d’automne qui vont geler un peu les opérations, et avant les effets de la mobilisation russe, qui va prendre forcément un peu de temps.”

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l’inflation accentue la galère en fin de mois



L’inflation, estimée à 9,75% sur un an pour les produits alimentaires, se ressent sur le ticket de caisse, alors les Français sont nombreux à se serrer la ceinture, surtout en fin de mois.

“Le camembert, je l’ai payé 1,75 euro. Avant, il était à 1,35. Les steaks hachés, 3,95 euros. Avant, on les payait dans les 3 euros”, déplore Michel, à la sortie d’un supermarché de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), ce jeudi. L’inflation sur les produits alimentaires, estimée à 9,75% sur un an en septembre d’après le cabinet d’analyse IRI France, se fait bien ressentir sur le ticket de caisse. Si chaque produit augmente de quelques dizaines de centimes, au total, ça fait beaucoup. “Normalement, je paye 30 euros, là j’ai payé 49 et j’ai des courses pour même pas deux jours. Je suis déjà à découvert de 180 euros”, ajoute Michel.

+30 % sur les viandes surgelées, +21,4 % pour les pâtes alimentaires: globalement, les rayons épicerie salée, crèmerie et surgelés et glaces sont au-delà des +10% d’augmentations.

“On perd cette insouciance”

“Ça fait longtemps que je travaille et en fin de compte, j’ai l’impression de me retrouver comme quelqu’un qui est obligé de faire attention à tout. On perd cette insouciance. C’était une joie d’aller remplir notre Caddie. Maintenant, on rit moins quand on sort”, se désole Marie. Elle gagne 2.000 euros par mois net mais est désormais obligée de faire la chasse aux promos. Et elle est loin d’être la seule dans ce cas. Les Français font de plus en plus attention et surtout, de plus en plus tôt.

“Cette fin de mois, qui se situait à peu près au 25 du mois, démarre au 20. Certains consommateurs vont attendre le début du mois prochain pour pouvoir racheter en boucherie ou hygiène”, explique Rodolphe Bonnasse, spécialiste de la consommation.

“Je me bats avec la banque”

Pour Yannick, auditeur de RMC, les difficultés commencent encore plus tôt dans le mois. “Je suis à découvert depuis le 15”, affirme-t-il. Ce 30 septembre, il est à -1.000 euros sur son compte bancaire. La faute à un problème de voiture, imprévu. Sinon, en général, il “finit régulièrement à -300”.

S’il devrait toucher un bon salaire ce mois-ci, environ 2.600 euros, il n’est pas fixe. “Je suis payé à l’heure et là je suis sur une base de 22 jours de travail”.

“Je me bats avec la banque, j’arrive à les faire poireauter. J’ai plusieurs banques donc quand il y en a un qui commence à me taquiner, je passe chez le voisin”, explique Yannick.

Pour les intérimaires, le salaire arrive tard. C’est le cas de Sabine, auditrice RMC en Isère. “Il faut que je tienne jusqu’au 12 ou 15 octobre et je suis à +154 euros. Il faut que j’arrive à vivre avec à peu près 3 euros par jour. Hier (jeudi), je me suis fait une petite fleur. J’ai acheté deux steaks hachés à -30%. Donc ça va me faire quatre repas. Ils m’ont coûté 4,50 euros”, souligne-t-elle.

Ses steaks, elle les fera avec “des pâtes et de la margarine, parce que le beurre est très cher”.

Hausse de l’inflation au moins jusqu’à début 2023

Sabine est contrainte de réduire ses dépenses depuis plusieurs mois. “Je suis obligée parce que j’ai eu un Covid long. J’ai été en arrêt-maladie au mois de mai pendant 15 jours et la sécurité sociale ne m’a payé que mi-juillet. J’étais à découvert. Je travaille pour payer les frais de la banque.”

L’inflation devrait continuer sa hausse, d’après Rodolphe Bonnasse, spécialiste de la consommation, au moins jusqu’au début de l’année prochaine.

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Moscou et Kiev s’accusent mutuellement de frappes mortelles



Alors que l’annexion à la Russie de quatre régions ukrainiennes doit être officialisée ce vendredi 30 septembre 2022 par Vladimir Poutine, les deux pays s’accusent mutuellement de frappes mortelles en Ukraine. Dans la région de Zaporijjia, 23 civils ont été tués alors qu’ils faisaient la queue pour recevoir de l’aide humanitaire. Parallèlement, un responsable de l’occupation russe à Kherson a été tué dans une frappe ukrainienne.

C’est un moment important pour la suite de la guerre en Ukraine. La Russie va officialiser ce vendredi l’annexion de quatre régions ukrainiennes (Donetsk, Lougansk, Kherson, Zaporijjia). Plusieurs responsables russes ont, d’ailleurs, affirmé que ces territoires seront considérés comme faisant partie du pays et qu’ils seront défendus, “y compris avec les armes nucléaires stratégiques”.

Des frappes mortelles, les deux pays s’accusent

Cette journée est aussi marquée par plusieurs frappes mortelles en Ukraine. Dans la région de Zaporijjia (sud), que les Russes occupent en partie, 23 civils ont été tués au cours d’un bombardement, alors qu’ils faisaient la queue pour recevoir de l’aide humanitaire. Kiev accuse Moscou et Moscou accuse Kiev.

“L’ennemi a lancé une attaque à la roquette contre un convoi humanitaire de civils, les gens faisaient la queue pour se rendre dans la zone temporairement occupée, aller à la rencontre de proches, recevoir de l’aide”, a indiqué sur Telegram le gouverneur régional ukrainien, Oleksandre Staroukh. “Il y a 23 morts et 28 blessés”.

Dans le même temps, un responsable russe de l’occupation régionale, Vladimir Rogov a publié un message similaire sur Telegram.

“Les combattants ukrainiens ont commis un nouvel acte terroriste. Voyant que la population allait en masse dans la partie (occupée, ndlr) de Zaporijjia, ils ont frappé une colonne de dizaines de voitures civiles”.

Un responsable russe tué dans la région de Kherson

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un responsable de l’administration d’occupation russe a été tué dans la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine.

Alexeï Katerinitchev, premier adjoint au chef de l’administration de la région de Kherson, en charge de la sécurité, a été tué “dans une frappe précise” menée par les forces ukrainiennes à l’aide de deux missiles lancés par un système HIMARS sur son domicile, a indiqué un cadre de l’occupation russe, Kirill Stremooussov, cité par l’agence de presse russe TASS.

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L’Assurance maladie veut mieux chasser les fraudes



1,5 milliard d’euros: c’est la perte détectée, en 2021, à cause des fraudes à la sécurité sociale. La Caisse nationale d’assurance maladie va dévoiler ce vendredi sa stratégie pour lutter contre la fraude.

La somme est considérable: 1,5 milliard d’euros de fraude à la sécurité sociale détectée en 2021. Le gouvernement a l’ambition de faire baisser drastiquement ce chiffre et le plan pour lutter contre ces fraudes sera présenté, ce vendredi, par la Caisse nationale d’assurance maladie.

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale a été présenté au Conseil des ministres, le 26 septembre. Le gouvernement a notamment annoncé qu’il voulait dérembourser les arrêts de travail délivrés en téléconsultation quand il ne s’agit pas du médecin traitant. Objectif, dans ce projet de loi: augmenter de 10% les fraudes détectées.

15 postes de perte identifiés

De quel type de fraude parle-t-on? L’Assurance maladie a identifié 15 postes où des millions d’euros sont perdus, chaque année, à cause de la fraude. Il peut s’agir des assurés comme des professionnels de santé.

Les infirmiers libéraux, par exemple, ne facturent pas toujours les bons actes. Pire encore, ils facturent parfois des prestations fictives. Au total, cela a coûté entre 300 et 400 millions d’euros à l’Assurance maladie.

Les factures émises par les kinésithérapeutes, les laboratoires de biologie et les transporteurs sanitaires doivent être analysées et les centres de santé dentaire et ophtalmologiques, où la fraude est parfois omniprésente, sont aussi très surveillés.

180 millions d’euros en 2023

Un dispositif d’aide doit aussi être mieux encadré: les complémentaires santés solidaires. C’est une aide accordée aux assurés aux revenus modestes, sauf que 120 millions d’euros ont été trop versés l’année dernière, selon le patron de l’Assurance maladie.

Les opérations anti-fraude doivent rapporter, au moins, 180 millions d’euros en 2023. Le projet de budget de la sécurité sociale sera débattu par les députés à partir du 20 octobre.

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une ville s’oppose à l’ouverture d’un centre pour migrants volontaires au retour



La fronde s’organise à Saint-Lys (Haute-Garonne), qui doit accueillir, l’année prochaine, un centre de préparation au retour (CPAR). C’est une structure destinée à accompagner le retour des migrants dans leur pays d’origine. Sauf que certains habitants ont peur et le maire dit ne pas avoir été prévenu à l’avance. Il appelle à un rassemblement des habitants, ce vendredi.

À Saint-Lys (Haute-Garonne), des habitants sont vent debout contre l’ouverture, l’année prochaine, d’un centre de préparation au retour (CPAR). Cette structure destinée à accompagner le retour des migrants, déboutés après des demandes d’asile notamment, dans leur pays d’origine, doit accueillir environ 120 personnes. Sauf que certains, dans cette ville de près de 10.000 habitants, y sont farouchement opposés.

“Cela fait peur oui, cela fait peur d’avoir des gens qui viennent de toutes les communautés. Est-ce qu’ils vont s’insérer?”, se demande Guy, un habitant de la commune.

Trop nombreux pour le maire

Les exilés devraient être accueillis dans l’ancienne maison de retraite. Pour Serge Deuilhé, le maire PS de la commune, 120 personnes, c’est trop.

“Nous avons demandé depuis le début de réduire la voilure pour accueillir ces gens-là dans de bonnes conditions. Là-dessus, nous n’avons pas été entendus, donc il est temps que la préfecture vienne expliquer les choses. Et nous, on fait face aux demandes des habitants”, explique l’édile.

Il affirme, également, qu’il a été prévenu il y a quelques semaines à peine par la préfecture. Faux, selon Cécile Lenglet, la sous-préfète de Muret, qui affirme que le maire est au courant depuis plus d’un an.

“Un très court temps de séjour”

“Je crois qu’il faut vraiment dédramatiser le sujet. On est sur des personnes qui sont sur un projet de retour volontaire chez eux, qui seront accompagnées et qui sont sur un très court temps de séjour”, souligne la sous-préfète.

Des élus du secteur vont aussi dans ce sens, comme la députée macroniste Monique Iborra. Elle regrette que le maire appelle au rassemblement, ce vendredi. Une mobilisation qu’elle estime être “pour ou contre les migrants”, ce qui pourrait faire le jeu de l’extrême droite, selon elle.

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Plusieurs clientes, blessées après une épilation à la lumière pulsée, s’organisent contre Dépil Tech



Il y a quelques mois, Aline contactait “RMC s’engage pour vous” après des brûlures importantes à la suite d’une séance d’épilation définitive dans un centre Dépil Tech. Quelques mois plus tard, plusieurs clientes, qui ont connu des blessures identiques, s’organisent contre l’entreprise niçoise.

C’était il y a un an. Aline, assistance maternelle, pousse la porte d’un centre Dépil Tech, une chaine d’instituts spécialisés qui a plus de 120 centres en France. Ce centre propose une technique d’épilation définitive par de la lumière pulsée. De la lumière est envoyée à forte intensité sur le poil et le détruit, sans possibilité de repousse.

Sauf que pour Aline, dès la prémière séance, cela s’est mal passé: “A un moment, la jeune femme me dit que ma peau réagit mal. Je me rhabille, je rentre chez moi, ça me brûle. En fait, il y avait des cloques. Le contact de l’eau sous la douche, le contact des draps la nuit, ça me faisait pleurer tellement j’avais mal alors que je ne suis pas douillette”.

“J’ai des taches derrière les mollets qui m’ont créé un réel complexe, donc oui, je n’aurai plus de poils mais je ne veux plus montrer mes jambes. Psychologiquement, je suis vraiment touchée”.

À la suite de la première intervention sur le sujet de “RMC s’engage pour vous”, en mai dernier, et après qu’Aline a pris une avocate qui a mis en demeure Dépil Tech, l’entreprise a entamé une négociation avec notre auditrice et a accepté de rembourser la première séance, soit 140 euros. Mais pour le reste, les 2.000 euros restants, Dépil Tech propose un avoir pour un nouveau forfait d’épilation. Aline devrait donc retourner dans un centre pour se faire épiler. Une hypothèse qu’elle a évidemment refusée, et les négociations se poursuivent.

4.000 personnes regroupées veulent monter une action groupée contre Dépil Tech

Sauf qu’Aline n’est pas la seule cliente de l’entreprise, basée à Nice, à avoir été blessée. Des clientes lésées s’organisent grâce à un groupe Facebook “Dépil Tech arnaques” qui réunit plus de 4.000 personnes. Elles échangent sur leurs histoires et souhaitent monter une action groupée contre l’entreprise.

Aurélie, par exemple, a fait confiance à DepilTech pour se faire épiler les aisselles il y a deux ans. Son témoignage fait froid dans le dos. Deux jours après la première séance, elle a développé une thrombose au bras droit. Deux caillots de sang se sont logés dans une veine, bloquant la circulation. Ses médecins n’ont aucun doute: l’épilation à la lumière pulsée en est la cause. Aurélie a “toujours mal” et “prends des médicaments contre la douleur”. “Ça dure du matin au soir et même la nuit”, explique-t-elle.

“Quand je vois les médecins autour de moi, je leur dis ‘arrachez-moi le bras’. Je pense qu’il ne faut pas laisser les choses continuer. Qu’ils fassent des excuses, trouvent des solutions pour pouvoir nous soulager et assument leurs actes et leurs erreurs. Ce serait un bon point.”

Ces clientes ne condamnent pas la lumière pulsée en soi, mais demandent plus de régulation. Pour l’instant, cette pratique est ouverte à tous les centres esthétiques. Elles demandent, par exemple, qu’elle soit supervisée par un médecin.

Huit clientes vont demander des dommages et intérêts

Accompagnées de l’avocate Me Emma Leoty, huit personnes sont en train d’étudier les différents recours. Elles pourraient être plus d’ici les prochains jours. Elles vont exiger de la justice la désignation d’un expert médical, afin de répertorier leurs blessures, dans l’objectif d’obtenir des dommages et intérêts.

Selon la directrice générale de Dépil Tech, contactée par RMC, “les brûlures lors d’actes épilatoires sont extrêmement rares”, et ce sont des cas qui ont “toujours été pris au sérieux et pris en charge par leurs services”.

RMC s’engage pour vous
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Joanna Chabas avec Maxime Martinez

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une mairie refuse d’éteindre la lumière pour faire des économies



Maire de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), Catherine Arenou ne veut pas éteindre l’éclairage public la nuit pour faire des économies. Une question de sécurité, comme elle l’a expliqué dans “Apolline Matin” ce vendredi sur RMC et RMC Story.

“Ce n’est même pas imaginable”. A Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines, la lumière ne sera pas coupée la nuit pour faire des économies d’énergie, dans le contexte d’une forte tension sur le marché européen. Pour la maire, Catherine Arenou (DVD), c’est une question de sécurité. “Il est évident qu’on est une ville pauvre, avec des habitants pauvres, explique-t-elle dans ‘Apolline Matin’ ce vendredi sur RMC et RMC Story. Notre première obligation, c’est d’essayer de faire des économies pour pouvoir dégager un peu de moyens pour accompagner les habitants. Les énergies électriques, ça ne peut pas se gérer de la même façon, selon si on est une petite commune de province ou une ville très dense, comme la nôtre, avec une population qui marche dans le quartier, avec une gare à proximité… Il y a ce sentiment d’insécurité, mais qui est une véritable insécurité, quand tout le quartier est plongé dans le noir.”

Catherine Arenou pense notamment aux salarié(e)s qui finissent leurs journées en pleine nuit. “Quand vous êtes piéton, vous n’imaginez pas être obligé de vous balader avec votre téléphone portable, pour arriver à voir où vous êtes. Dans nos quartiers très denses, avec des bâtiments qui rajoutent de l’ombre, il y a cette ambiance noire qui est beaucoup plus importante. Je peux vous assurer, et nous l’avons vécu, que ce n’est pas du tout sécuritaire. Ce n’est pas possible, ce n’est même pas envisageable. Il va falloir avoir beaucoup d’intelligence pour trouver des économies ailleurs, pour baisser l’intensité sur certains endroits moins fréquentés, mais pas là où la population vit à pied la plupart du temps, où les mamans rentrent tard de leur travail à Roissy… Je ne l’imagine pas et je sais que personne ne me le réclamera.”

“Les économies d’énergie seront faites ailleurs”

A Chanteloup-les-Vignes, les interventions des secours imposent également que les rues et les quartiers soient bien éclairés. “On a besoin de l’accompagnement des pompiers et des policiers, régulièrement, des ambulances, aussi. Ces forces doivent pouvoir fonctionner dans une ambiance sécuritaire”, assure Catherine Arenou, qui va chercher d’autres domaines dans lesquels des efforts pourront être mis en place. “Pour faire des économies, on n’a pas attendu le gouvernement. Les économies d’énergie seront faites ailleurs. Il y a des rues où on peut se le permettre, avec des pollutions lumineuses qui sont quelquefois des transferts de lumière qu’on peut faire. Baisser l’intensité lumineuse dans certains quartiers moins fréquentés, dans nos équipements publics… Eventuellement fermer certains équipements publics à certaines heures pour diminuer le chauffage et la consommation lumineuse… Ça va être de la dentelle. Nous n’avons pas le choix. Nos budgets doivent être équilibrés.”

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au moins 19 morts dans un attentat visant des étudiantes



Au moins 19 personnes ont été tuées, à Kaboul (Afghanistan) ce vendredi, dans un attentat suicide. L’attaque a eu lieu au sein d’un centre de formation, dans le quartier Dasht-e-Barchi, peuplé par la communauté minoritaire hazara. La plupart des victimes sont des femmes.

À Kaboul (Afghanistan), le quartier Dasht-e-Barchi, peuplé par la communauté minoritaire hazara, a été une nouvelle fois la cible d’un attentat suicide très meurtrier, ce vendredi. L’attaque, qui n’a pas encore été revendiquée, a eu lieu dans un centre de formation qui prépare des étudiants à leurs examens d’entrée à l’université.

“19 personnes sont décédées et 27 autres ont été blessées”, a déclaré Khalid Zadran, porte-parole de la police.

“La plupart des victimes sont des filles”

L’éducation est une question extrêmement sensible en Afghanistan à majorité sunnite, les talibans empêchant, depuis leur retour il y a un peu plus d’un an, de nombreuses filles de reprendre l’enseignement secondaire.

“Nous étions environ 600 (étudiants) dans la classe, mais la plupart des victimes sont des filles”, a témoigné auprès de l’AFP un étudiant témoin de l’explosion qui se trouvait dans un hôpital pour être soigné.

Cet attentat qui vise, une nouvelle fois, le monde de l’éducation s’est produit dans le quartier de Dasht-e-Barchi, une zone à prédominance musulmane chiite, théâtre de certaines des attaques les plus meurtrières commises en Afghanistan.

Les familles affluent dans les hôpitaux

Le groupe État islamique (EI), aussi sunnite, avec lequel les talibans entretiennent néanmoins une profonde inimitié, s’oppose également à l’éducation des femmes et des filles. L’EI, principale menace du régime taliban, a revendiqué plusieurs attentats ces derniers mois.

Autour des lieux, des équipes de sécurité ont été déployées, alors que les familles affluaient dans les hôpitaux, à la recherche de leurs enfants et leurs proches.

Craignant une nouvelle attaque au milieu de la foule, les talibans ont obligé les familles des victimes à quitter, au moins, un hôpital.

“Nous ne l’avons pas trouvée ici. Nous l’appelons mais elle ne répond pas”, s’inquiétait une jeune femme en détresse, cherchant sa soeur de 19 ans dans un hôpital.

Une école pour garçon attaquée en avril

“Attaquer des cibles civiles prouve la cruauté inhumaine de l’ennemi et son absence de normes morales”, a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Abdul Nafy Takor.

En mai 2021, une série d’explosions s’était également produite devant un établissement scolaire pour filles de ce même quartier, faisant 85 morts, en majorité des lycéennes, et plus de 300 blessés.

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