“L’Etat ne sait pas gérer”, tacle Barbara Lefebvre



La Première ministre Elisabeth Borne n’exclut pas de taxer les superprofits. Dans “Les Grandes Gueules” ce lundi sur RMC et RMC Story, l’ex-enseignante Barbara Lefebvre s’interroge sur la destination de ces éventuelles nouvelles taxes, alors que l’Etat a déjà engrangé des recettes fiscales records mais que les services publics sont toujours au plus mal.

Elisabeth Borne n’exclut pas de nouvelles taxes pour les entreprises les plus riches. Dans une interview au Parisien samedi, la Première ministre a assuré ne “pas fermer la porte” à une taxation des superprofits, n’en faisant pas pour autant une priorité, privilégiant un geste des entreprises envers leurs consommateurs ou leurs salariés: “Les entreprises, qui font des superprofits, doivent rendre du pouvoir d’achat aux Français en mobilisant les dispositifs votés début août”, comme le triplement de la prime Macron, appelle Elisabeth Borne.

Cette taxe sur les superprofits avait été proposée par la NUPES, et rejetée par la majorité et la droite LR, lors des discussions sur le paquet pouvoir d’achat à l’Assemblée nationale en juillet dernier. Après les propos d’Elisabeth Borne, la méfiance reste de mise dans les rangs de la Nupes et à gauche.

“Evidemment c’est une bonne chose mais si c’est pour taxer les superprofits et voir les prix augmenter, c’est un peu compliqué”, s’inquiète déjà le cheminot et syndicaliste Bruno Poncet ce lundi sur le plateau des “Grandes Gueules”, sur RMC et RMC Story. “Le gouvernement et le président nous disent qu’on est en guerre contre le Covid ou la crise, alors ce serait bien que les entreprises qui font de l’argent fassent un effort de guerre”, ajoute-t-il, rappelant que les entreprises du CAC 40 ont fait 72,5 milliards de profits sur les six premiers mois de l’année.

“L’Etat redistribue mais où va cet argent?”

Pour Barbara Lefebvre, une taxe sur les superprofits ne résoudra rien. En témoignent les 27 milliards d’euros d’augmentation des recettes fiscales au premier semestre 2022: “L’Etat redistribue mais où va cet argent? L’Education nationale est à l’os, l’hôpital public est à l’os, la police est à l’os. L’Etat ne sait pas gérer”, peste l’ancienne enseignante.

L’avocat Charles Consigny estime qu’au vu du contexte, il n’est pas normal que Total “s’enrichisse sur le dos des gens et d’une crise qui amène à augmenter artificiellement ses profits”. “Je vois que Total n’a pas fait le moindre effort, il faudrait plutôt demander à l’entreprise un tarif spécial pour la France puisque Total a toujours été aidé par la France”, assure-t-il.

Si, de son côté, la Première ministre hésite toujours sur la marche à suivre, elle l’assure, “personne ne comprendrait que des entreprises dégagent des profits exceptionnels alors même que les Français peuvent être inquiets pour leur pouvoir d’achat”. Une mission flash sur le sujet doit débuter à l’Assemblée nationale en septembre.

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