Les Français sont-ils vraiment des gros mangeurs de viande



Après la polémique lancée par Sandrine Rousseau sur les barbecue en France, RMC revient, en chiffres et avec des témoignages, sur la réalité de la consommation et des prix de la viande dans notre pays.

En moyenne, un Français mange 85 kilogrammes de viande par an. Après les propos polémiques de Sandrine Rousseau sur “barbecue et virilité”, il est factuel de dire que les hommes mangent, en effet, davantage de produits carnés que les femmes. 43 grammes de viande rouge par jour pour un homme contre 27 grammes pour une femme.

Dans le détail, c’est le porc qui reste la viande que l’on consomme le plus en France. Les Français raffolent de la charcuterie. Deuxième viande la plus consommée: la volaille, et notamment le poulet. Arrive ensuite le bœuf dont la consommation baisse un peu plus chaque année.

Prix en hausse, consommation en baisse

Cette consommation en baisse depuis 25 ans. En effet, en 1998, année pendant laquelle un pic a été atteint, on mangeait par exemple 93 kilos de viande par an. Aujourd’hui, ce n’est que 85 kg par an et par personne. D’après une enquête des Nations-Unis datant de 2012, la France est pourtant très loin d’être le pays le plus consommateur de produits carnés. Avec 134,84 kg par personne et par an, c’est les Luxembourgeois qui sont les plus gros mangeurs de viande devant les Américains (124,84 kg) et les Australiens (121 kg). La France est 20e de ce classement, derrière notamment l’Italie et l’Allemagne, mais reste dans la moité haute du classement, la moyenne mondiale étant de 36,8 kg.

Si les Français sont plus soucieux de l’environnement ou de leur santé, c’est bien le prix la raison principale de cette chute de consommation. Dans les rayons, les hausses des prix sont saignantes ces derniers mois: + 28 % pour les viandes surgelées, + 21 % pour les viandes hachées, en raison notamment de la flambée des prix de l’énergie.

Conséquence, les Français boudent un peu plus la viande à la découpe et se rabattent sur la viande en barquette, parce que le prix qui va passer à la caisse est déjà étiqueté. Dans les rayons du supermarché du coin, les réactions entendues au micro de RMC sont les mêmes: les prix explosent. “Le poulet devient trop cher. À quatre le budget devient pénible” explique Maria à notre micro.

25% de pertes pour un boucher

El Hadi Oulefki, gérant d’une boucherie à Paris, a vu le prix de ses marchandises fortement augmenter: “le canard a doublé à cause de la grippe aviaire. Le poulet aussi. Le bœuf a pris 30%. On est obligé de répercuter sur le prix de vente.” Les clients achètent moins et le boucher est contraint aussi de rogner sur ses marges. Avec la hausse des factures de l’énergie, il estime à plus de 25% les pertes de son chiffre d’affaires sur les 4 derniers mois.

Deux facteurs principaux expliquent cette hausse généralisée du prix des viandes selon Jacqueline Riedinger Balzer, vice-présidente de la Confédération française de la boucherie: “le prix de l’énergie et les céréales.” Il faudra attendre une baisse de ces prix pour voir le prix de la viande retomber.

Maxime Martinez avec Margaux Bourdin et Kévin Gasser

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