les chefs d’Etat invités, les indésirables… le casse-tête diplomatique



Dans “Apolline Matin” ce lundi sur RMC et RMC Story, Nicolas Poincaré détaille les invitations aux funérailles d’Elizabeth II, avec les chefs d’Etat présents, dont quelques-uns potentiellement gênants, et ceux qui n’ont pas été conviés.

Les chefs d’État du monde entier sont à Londres ce lundi, pour les obsèques nationales de la reine Elizabeth II. Un véritable casse-tête diplomatique pour les autorités britanniques. C’est même, disent les patrons de la police londonienne, l’événement le plus difficile à organiser de l’histoire du pays, bien plus difficile par exemple que la cérémonie d’ouverture des JO de Londres en 2012.

Il y a la gestion de la foule, un million de personnes attendues le long du cortège funéraire, mais surtout la gestion des dirigeants étrangers. 500 chefs d’État ou monarques sont attendus. Les présidents américain, français, allemand, italien, israélien, mais aussi le Brésilien Bolsonaro, le Turc Recep Erdogan, le vice-président chinois… Et le roi des Pays-Bas, le roi des Belges, la reine du Danemark, le prince de Monaco, l’empereur du Japon… Bon courage aux chefs du protocole qui doivent gérer les déplacements, les inimitiés, le placement dans l’abbaye…

La question des déplacements a déjà fait l’objet de jalousie. Les Anglais ont suggéré aux invités d’éviter les jets privés et de leur préférer les vols commerciaux. Et pour les déplacements dans Londres, de bien vouloir monter dans des bus, tous ensemble, pour éviter un ballet de cortèges officiels.

Mais on a vu ce week-end que le président américain Joe Biden est venu avec son énorme Cadillac blindée et qu’il l’utilise. Pour une raison simple: les services secrets américains l’exigent et les Britanniques n’ont pas osé les contester.

Du coup, quid des autres présidents? Le “Times” ironisait dimanche en écrivant: on n’aimerait pas être à la place du conseiller de l’Elysée qui annoncera à Emmanuel Macron qu’il va devoir monter dans un bus. La presse anglaise rate rarement une occasion de se moquer des dirigeants français. Sauf que, aux dernières nouvelles, Emmanuel Macron aurait obtenu le droit de se rendre à l’église par ses propres moyens. L’exception américaine ayant été étendue à d’autres dirigeants du G7.

Poutine, persona non grata

Autre question diplomatique sensible: qui se trouve sur la liste de ceux qui n’ont pas été invités ? Il y a un président qui n’a pas reçu de carton et qui le vit mal, c’est Vladimir Poutine. Puni bien sûr pour son agression de l’Ukraine. Le Kremlin a fait savoir dimanche que cette non-invitation était “blasphématoire”. Le président biélorusse n’est pas invité non plus, pour la même raison. En revanche, la femme du président ukrainien Zelensky est reçue avec les honneurs.

Sur la liste noire des Britanniques, se trouvent aussi les dirigeants de la junte militaire en Birmanie, le dictateur nord-coréen Kim Jong-un, le président syrien Bachar el-Assad, ou bien les talibans afghans. Mais l’ambassadeur d’Iran à Londres a lui été invité.

Il y a aussi des invités contestés. En particulier, le prince saoudien Mohammed Ben Salmane, dit MBS. Mis au ban des nations après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné et coupé en morceau dans le consulat saoudien en Turquie. Malgré les protestations des organisations de défense des droits de l’homme, Il a été invité. Il est à Londres mais il est possible qu’il ne vienne pas dans la cathédrale.

Dans un autre registre, l’invitation adressée à l’ancien roi espagnol Juan Carlos n’a pas plu à tout le monde. Poursuivi dans son pays pour corruption, exilé à Dubaï, le vieux monarque a été invité par la couronne britannique. Ce qui a fortement déplu à son fils, l’actuel roi Felipe, qui va éviter de le croiser et de se faire prendre en photo avec lui…

L’événement sera retransmis dans le monde entier et devrait battre des records d’audience. 4,1 milliards de téléspectateurs sont attendus. Soit plus de la moitié de la population mondiale. Ce qui en fera l’événement le plus suivi de l’histoire de la télévision. Devant les obsèques de Lady Di en 1997 et la cérémonie d’ouverture de Jeux olympiques de Pékin en 2008.

Le couronnement d’Elizabeth II, en 1953, avait déjà battu tous les records de la télévision à l’époque avec 277 millions de téléspectateurs. C’est elle qui avait autorisé les caméras de la BBC à filmer la cérémonie dans l’abbaye. Cette reine aura aussi définitivement marqué l’histoire de la télé.

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