le maire de Pantin se sent “abandonné”, “il se passe des choses abominables”



Dans “Apolline Matin” ce vendredi sur RMC et RMC Story, le maire de Pantin Bertrand Kern (PS) dénonce l’inaction de l’Etat un an après l’installation du camp de consommateurs de crack à la Porte de la Villette.

Rien n’a changé. Un an après l’installation du camp de consommateurs de crack à la Porte de la Villette, le maire de Pantin Bertrand Kern (PS) se sent “abandonné” et a décidé de saisir la Défenseure des droits pour pousser l’Etat à agir. “Elle est compétente lorsque les droits et la liberté sont bafoués et nous estimons qu’ils ne sont plus assurés par l’Etat, explique l’élu dans ‘Apolline Matin’ ce vendredi sur RMC et RMC Story. Vous avez des femmes qui n’osent plus sortir, qui n’osent plus rentrer chez elles le soir, qui se font accompagner. La sécurité n’est plus assurée sur le quartier. La Défenseure des droits peut faire des recommandations, enjoindre l’Etat à agir, à mettre en place un dispositif pour à la fois assurer la sécurité et protéger la santé de ces consommateurs de crack, qui sont des malades.”

Sur place, “il se passe des choses abominables” selon Bertrand Kern. “C’est un camp qui ressemble à un bidonville, dans lequel vous avez une scène de consommation du crack à ciel ouvert qui est la plus grande d’Europe, raconte le maire de Pantin. Vous avez entre 150 et 250 consommateurs de crack. Ça peut monter à 600-700 le soir parce qu’il y en a d’autres qui viennent pour faire la fête. Il y a des femmes qui sont séquestrées, certaines qui seraient victimes de viols, de prostitution. Et il y a ces consommateurs de crack qui n’ont qu’un seul objectif dans la journée, c’est avoir entre 10 et 20 euros pour acheter ce fameux petit caillou qu’ils consomment en fumant. Donc ils volent.”

“Une petite lueur d’espoir” grâce au nouveau préfet

“Il y a un gérant de supermarché pour lequel ça coûte plus cher en sécurité qu’en loyer, ajoute Bertrand Kern. Il y a une association de solidarité, Emmaüs Coup de main, qui s’est fait démonter sa vitrine à plusieurs reprises, qui a été volée, et qui me dit : ‘Monsieur le maire, je ne peux plus rester’. Il y a des gens qui veulent vendre leur appartement et qui n’arrivent plus à le vendre. Il y a des portes d’immeubles qui sont défoncées. Vous avez des consommateurs de crack qui vont uriner, déféquer dans les halls d’entrée. Il y en a d’autres qui dorment dans l’entrée des immeubles. Les habitants du quartier des Quatre-Chemins vivent un enfer. Ils n’en peuvent plus.”

Quelle solution, alors? Le maire de Pantin a “une petite lueur d’espoir” depuis la nomination de Laurent Nunez comme préfet de police. “On sent un peu un changement depuis qu’il a été nommé. Il nous a accordé un rendez-vous début octobre”, explique Bertrand Kern. Mais cela fait de nombreuses années que le sujet du crack est sur la table. “Personne ne va au bout de problème, regrette le maire de Pantin. Il y a des pays, comme le Danemark, qui ont pris le taureau par les cornes. Moi, je fais des propositions. D’après les associations, vous avez à peu près 150 personnes qui dorment dans ce camp, dans des conditions déplorables. Parmi ceux-là, il y en a 60 à 80 qui relèvent des soins psychiatriques. Il y en a une partie qui veulent s’en sortir, mais on ne leur propose pas de parcours thérapeutique. Enfin, il y a les fameuses salles de consommation contrôlée qui permettraient de réguler, mais on le sait, pas de régler le problème. Cela permettrait d’éviter cette consommation à ciel ouvert, dans la rue. Et de recréer un lien entre le personnel médical et ces consommateurs.”

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