le désarroi du père d’un collégien de 14 ans harcelé à l’internat



Un adolescent vivant en Haute-Marne a été victime des maltraitances d’un de ses camarades, la semaine de la rentrée. Au total, 38 hématomes ont été relevé par les médecins. Ces violences se sont produits au sein de l’internat. Son père, invité sur RMC et RMC Story ce 16 septembre 2022, dénonce le manque de réactivité de l’établissement.

Sa première semaine à l’internat s’est transformée en enfer. Clément* est un adolescent de 14 ans qui vit en Haute-Marne. Comme le raconte Le Parisien jeudi, début septembre, il a fait sa rentrée, comme tous les élèves. Pour la première fois, il est accueilli à l’internat, dans un établissement qui a une structure pour accompagner les enfants qui ont des difficultés d’apprentissage. Tout devait se passer pour le mieux.

C’est d’ailleurs ce que pensaient les parents de Clément. Il leur disait que “tout se passait apparemment bien, il était content de cette première semaine”, explique Frédéric, son père, invité sur RMC et RMC Story, ce vendredi 16 septembre 2022.

Sauf que quand l’adolescent revient à son domicile à l’issue de sa semaine d’internat, c’est le choc. “Quand il s’est déshabillé pour prendre sa douche, on a constaté des bleus sur les parties de son corps, jambes et bras”, indique-t-il. Des bleus particulièrement visibles, qui ont recouvert une partie de son corps. Au total, les médecins ont constaté 38 hématomes. “Ce sont des coups donnés par les poings, la main, des pincements”, décrit le papa.

“Le personnel a voulu minimiser la chose”

“Il m’explique qu’il a un camarade, pas dans sa classe, mais dans son établissement, avec qui il avait commencé à jouer le lundi et finalement les jeux se sont finis par des maltraitances. Mon fils, ayant un caractère très souple, ne s’est pas rebellé”, affirme Frédéric.

Problème: ces violences se passaient à l’abri des regards et surtout, loin de l’équipe enseignante et pédagogique. La direction a finalement été mise au courant par les parents de Clément.

“La maman, dès le lundi matin, s’est présentée à l’établissement. Elle a été reçue par la principale, la CPE et l’infirmière. Ils étaient stupéfaits de voir mon enfant ainsi mais il n’a pas été ausculté par l’infirmière. Je pense que le personnel enseignant a voulu minimiser la chose en gardant le problème dans les murs. On ne nous a pas conseillé de nous déplacer chez un médecin ou à la gendarmerie”, déplore Frédéric.

Trois jours d’ITT

Clément a été emmené chez le médecin avec son père, quand même. Il s’est vu prescrire trois jours d’ITT. Frédéric est ensuite allé à la gendarmerie pour porter plainte.

Il dénonce les violences mais aussi le manque de réponse et de réactivité auquel il a été confronté. De l’équipe pédagogique déjà, mais aussi du numéro d’écoute contre le harcèlement scolaire. Il l’a appelé trois fois.

“C’est un serveur qui nous invite à patienter dans un premier temps, puis bon, la troisième fois, j’ai été un peu plus patient, j’ai attendu. En fait, on est redirigé vers les académies qui s’occupent du collège en question”, souligne-t-il.

Une agression ou du harcèlement?

Aujourd’hui, Clément va “bien”. “Il garde beaucoup de sentiments en lui, que ce soit de la tristesse ou de la joie. Je le connais, mais on ne va pas minimiser la chose.”

Ce qui agace Frédéric, c’est que l’académie ne semble reconnaître aucune forme de harcèlement et parlerait d’agression. La raison? “Les enfants ne se connaissent que depuis quelques jours”.

Il conclut et s’interroge: “à partir de combien de jours peut-on parler de harcèlement?”

* prénom d’emprunt

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