le covoiturage, la piste déroutante du ministère de l’Education

Le ministre de l’Education nationale Pap Ndiaye a évoqué ce mardi matin sur RTL la possibilité d’autoriser le covoiturage pour pallier le manque de chauffeurs de transports scolaires. Selon les informations de RMC, c’est une piste encore très floue.

Alors que la rentrée scolaire approche à grands pas, l’épineuse question du transport scolaire n’est pas encore totalement déployé pour les 1,2 millions d’élèves qui l’utilisent. La faute à une pénurie majeure de conducteurs dans le pays. Ce mardi matin, le ministre de l’Education nationale Pap Ndiaye reconnait sur RTL des “difficultés de recrutement” et “n’exclut pas ça et là des difficultés spécifiques”. “Ce qui pourrait impliquer, à l’extrême, des solutions de covoiturage”, ajoute le ministre de l’Education.

Contacté par RMC, le ministère explique qu’il s’agirait d’une solution au cas par cas, et aucune décision dans ce sens n’a encore été prise. Selon une conseillère, ce système de covoiturage n’a pas vocation à être national, et pourrait éventuellement être mis en place après la rentrée scolaire, sur les lignes où l’on rencontre le plus de difficultés.

En plus des parents qui s’organisent entre eux pour emmener leurs enfants à l’école, le ministère évoque une autre piste : l’achat d’un van par la région, pour que les parents puissent transporter les élèves jusqu’à leur établissement .

Le gouvernement à tâtons ?

« C’est le 1er avril ? », s’étrangle Éric Labastie, secrétaire général de la FCPE. Pour lui, cette proposition trahit le tâtonnement du gouvernement. “Le ministère lance des propositions à gauche à droite, à deux jours de la rentrée scolaire…” Eric Labastie est catégorique cette proposition n’est absolument pas envisageable, notamment sur les risques juridiques pour les parents en cas d’accident. Une solution qui laisse aussi très dubitatif François Bonneau, président de la région Centre-Val-de-Loire et vice-président des Régions de France :

“Cela paraît très complexe, il faut lancer un marché public pour acheter un van, et il y a des questions d’assurance pour les conducteurs… Sur le plan juridique comme logistique, ce n’est vraiment pas la solution la plus simple, on ne pourra jamais se préparer aussi vite”, nous confie-t-il.

“En vérité, si le service n’est pas assuré, certains parents vont devoir libérer une solution et s’organiser”, tranche le président de région.

François Bonneau rappelle que seule une minorité d’élèves devrait être privée de transports scolaires. En prenant l’exemple de sa région, sur 103 000 élèves qui prennent leur voiture pour se rendre à l’école, seuls 120 élèves sont toujours sans solution avant la rentrée de jeudi.

Romain Cluzel (édité par JA)

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