la peine des familles de victimes au procès du drame de Millas



Le procès de la catastrophe de Millas s’ouvre ce lundi à Marseille. Six collégiens avaient perdu la vie dans une collision entre un TER et un car scolaire. Fabien Bourgeonnier, père de l’une de ces six victimes, témoigne sur RMC de son état d’esprit avant ce procès.

Un drame qu’aucun procès ne peut réparer. Le 14 décembre 2017, un car scolaire qui s’est engagé sur un passage à niveau est heurté de plein fouet par un train TER à Millas (Pyrénées-Orientales). Six jeunes âgés de 11 à 13 ans perdent la vie ce jour-là, 17 autres ont été blessés dont huit très grièvement, et des dizaines de familles se retrouvées en deuil, désemparées.

C’est le cas de Fabien Bourgeonnier, père de Loïc, 11 ans, qui veut que les leçons de la tragédie soient tirées. “Je suis juste un père de famille qui a perdu un enfant et qui se dit qu’il ne faut pas que cela recommence”, témoigne-t-il sur RMC, précisant qu’il n’attend en revanche pas grand-chose du procès qui s’ouvre ce lundi au tribunal correctionnel de Marseille.

“Parce que mon fils a pris la peine capitale. Comme six enfants. La seule chose que je souhaiterais dans ma vie, c’est le récupérer, et ce n’est pas possible. Donc non, je n’en attends rien. Je préfère prendre une certaine hauteur par rapport à ce drame et réfléchir à ce qu’on pourrait améliorer et ne pas rester figé sur un responsable.”

Enfants non-attachés dans les cars: “On laisse faire et c’est gravissime”

Car, en effet, les responsabilités de ce drame restent à déterminer. La conductrice du car est sur le banc des prévenus et maintient sa version depuis le début: la barrière du passage à niveau était ouverte. Une version confirmée par plusieurs témoins.

Mais d’autres témoins, ainsi que la SNCF et l’enquête, assurent le contraire. “Elle ne va pas dire l’inverse, elle est dans sa défense depuis le départ”, commente-t-il, ajoutant qu’il est agacé des commentaires sur les réseaux sociaux défendant aveuglément la conductrice.

Il estime que ce drame est surtout une faute commune de la société qui tolère que personne ne soit attaché dans un car et estime qu’il faut que l’on se “responsabilise”.

“On laisse faire et c’est gravissime. Ce que je recherche, c’est que cela ne se reproduise plus. Il n’y a pas d’évolution dans les règles de sécurité dans les cars, les enfants restent non-attachés (…) et il y a encore trop de problèmes au niveau des passages à niveau”, regrette-t-il avant d’émettre une proposition pour éviter que les chauffeurs aient besoin de conduire et faire respecter le port de la ceinture en même temps. “Tout seuls, ils ne peuvent rien faire. Il faudrait mettre des accompagnateurs avec eux”, juge-t-il.

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