la détresse d’un producteur de lait contraint d’arrêter et de vendre ses vaches



Avec l’inflation, les coûts de fonctionnement qui grimpent et les prix d’achat des industriels qui stagnent, certains agriculteurs sont obligés de prendre des mesures radicales.

Le salon international de l’élevage à Rennes ouvre ses portes ce mardi pour sa 36e édition. 100.000 visiteurs sont attendus jusqu’à jeudi, dont le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Marc Fesneau, présent pour ce premier jour.

Un salon qui se déroule dans un contexte particulier, notamment la flamblée des coûts de production en raison de l’inflation et des prix de l’énergie, ce qui créé des problèmes de trésorerie dans les exploitations agricoles. De l’autre côté, les prix de vente ne permettent de compenser les pertes.

C’est cette situation difficile qui pousse certains à abandonner le métier, faute de rentabilité, un véritable crève-cœur. Comme pour cet agriculteur normand que RMC a rencontré et qui vient d’arrêter sa production de lait bio.

Pendant des dizaines d’années dans la salle de traite d’Hubert Lahaye, 110 vaches passaient deux fois par jour pour sortir du lait, qui partait chez des industriels. Mais depuis deux semaines, a complètement arrêté sa production de lait bio, et s’est séparé de ses bêtes, la mort dans l’âme.

“C’est le calme complet, il n’y a plus rien. Pas un ventilo qui tourne, pas un abreuvoir, il n’y a plus de vaches… C’est fini.”

“Si ça continue comme ça, la France va perdre son autonomie alimentaire”

Les fabricants de yaourt n’achetaient plus assez cher son lait. Impossible de négocier à la hausse. Il aurait fallu à Hubert 120 euros de plus par tonne. “J’estime avoir perdu 70.000 euros en douze mois. On ne peut pas perdre de l’argent. Si on rentre pas assez d’argent pour pyaer les salariés, le carburant, l’électricité, les frais de fonctionnement… A un moment donné c’est pas possible.”

Hubert a aussi dû licencier ses trois salariés. Alors pour éviter que demain d’autres agriculteurs renoncent eux-aussi à produire, il demande aux pouvoirs publics plus de protection face aux industriels.

“Si ça continue comme ça, la France va perdre son autonomie alimentaire. Si le gouvernement reste dans le déni et laisse les industriels s’engraisser sur notre dos”.

Et pour tenter d’éponger ses lourdes dettes; cet agriculteur compte désormais produire des céréales.

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