“Je ne vais pas mourir pour Poutine”



Après l’annonce de Vladimir Poutine d’une mobilisation partielle de ses troupes, les manifestations ont été très nombreuses dans le pays, mercredi soir. Ces protestations ont été largement réprimées et au moins 1.400 personnes ont été arrêtées. Beaucoup de mères de familles y ont participé et rien ne semble entacher leur motivation.

“Je n’ai pas peur, je n’ai peur de rien. Ils ne peuvent rien nous prendre de plus précieux que la vie de nos enfants. Je ne leur donnerai pas la vie de mon fils. C’est mon devoir de m’exprimer. Non à la guerre!”, s’écrie une habitante de Moscou lors d’une manifestation anti-mobilisation, ce mercredi.

Vladimir Poutine a annoncé que 300.000 Russes allaient devoir rejoindre les rangs de l’armée. Objectif: remplir les objectifs de son “opération militaire spéciale” en Ukraine.

Cette annonce a déclenché la plus importante vague de protestation dans le pays depuis le début de la guerre. Des manifestations, largement réprimées, ont eu lieu dans 38 villes, au moins, mercredi. Plus de 1.400 personnes auraient été arrêtées, d’après l’ONG russe OVD Info.

“J’ai peur et je suis en colère”

“Non à la guerre” ou “pas de mobilisation” répètent en criant les manifestants. Beaucoup de mères de familles sont présentes mais aussi des hommes, qui pourraient être appelés, par la suite. “Je ne vais pas mourir pour Poutine”, dit l’un d’eux, avant d’être arrêté et emmené dans un bus, comme les autres.

Un autre interpelle les policiers qui le tiennent par les bras: “Vous êtes la honte de la Russie”, leur dit-il.

Pour le moment, seuls les citoyens “en réserve” de l’armée russe, “ceux qui ont déjà servi et qui ont une expérience pertinente” sont concernés par la mobilisation. Cependant, selon le ministre de la Défense russe, Sergueï Choïgou, ce chiffre représente “un peu plus de 1%” du nombre de personnes mobilisables en Russie, estimé à 25 millions de personnes.

Fuir, pas tous les moyens

Certains manifestants ont quelques regrets. “On aurait dû faire ça beaucoup plus tôt, le pire est déjà arrivé.” Alors pour éviter de devoir vivre le pire, des Russes tentent de fuir par tous les moyens.

“La recherche la plus populaire sur Google en ce moment c’est ‘comment quitter la Russie?’, ‘où puis-je aller sans visa?’, les avions vers l’Arménie, la Géorgie ou la Turquie sont complets, c’est de la folie”, explique Ivan, russe. Il s’interroge sur son avenir dans le pays.

“Je pense à partir mais ça n’est pas si facile. Nous avons besoin d’argent pour le faire et en ce moment, en Russie, c’est difficile d’en gagner. Je suis un peu perdu, j’ai peur et je suis en colère.”

Il y a moins de deux semaines, le Parlement russe a durci la loi: un déserteur risque 10 à 15 ans de prison, et entre 2 et 3 ans pour ceux qui refuseraient d’être mobilisés.

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