“Il est quasi certain qu’il y aura une vague à l’automne” selon Brigitte Autran



Fraîchement nommée à la présidence du nouveau Conseil scientifique, l’immunologue Brigitte Autran avertit qu’une nouvelle vague de contaminations à la COVID-19 pourrait voir le jour après la rentrée des classes.

À l’occasion de sa nomination en tant que présidente du tout nouveau Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires, qui remplace le Conseil scientifique créé en 2020 pour faire face à la pandémie de COVID-19, l’immunologue Brigitte Autran a rappelé dans les colonnes du Parisien que le virus reviendrait probablement en force dans les semaines à venir.

Si les chiffres des nouvelles contaminations sont actuellement bas, Brigitte Autran estime que “le scénario le plus probable est celui d’un pic épidémique à la rentrée. Sera-t-il dû à un nouveau variant ou au retour du froid ? Nous ne sommes pas devins, mais il est quasi certain qu’il y aura une vague à l’automne”.

Malgré cette possible recrue de cas de COVID-19 à la rentrée, Brigitte Autran affirme qu’il “faut aller vers le vivre avec. Attention, cela ne veut pas dire accepter les morts ou la gravité de la maladie. Au contraire. Et pour les éviter, il reste des leviers à activer”.

Sur l’aspect de la médication, l’immunologue regrette qu’il y a “ encore trop de personnes non vaccinées ou non revaccinées (qui ont reçu leur dose de rappel)”.

Elle estime aussi que des traitements comme le Paxlovid, jugés “efficaces pour éviter les formes graves”, ne sont pas assez proposés aux patients considérés fragiles face au virus.

Sous sa présidence, le Comité va d’ailleurs “agir et conseiller le gouvernement en ce sens, pour élargir l’accès aux médicaments et aux vaccins. C’est important car l’épidémie de Covid n’est pas derrière nous”, martèle Brigitte Autran.

Le zéro Monkeypox “possible” selon Autran

Brigitte Autran s’est aussi montrée favorable au nouveau vaccin élaboré par le laboratoire Moderna, qui cible particulièrement le variant Omicron.

Tout en rappelant que “le rôle du Comité n’est pas de commander les doses”, elle qualifie l’arrivée de ce vaccin comme “une très bonne nouvelle, car il est bivalent, c’est-à-dire qu’il cible à la fois la souche originale du virus (dite de Wuhan) et Omicron. Ça laisse plus de possibilités car nul ne sait si la future vague sera liée ou non à Omicron”

“L’essentiel est de continuer à avancer sur ces vaccins qui sont extrêmement importants sans jamais déroger sur leur innocuité. Autre point important, il ne faut pas attendre l’arrivée de ce nouveau modèle pour se faire vacciner, ce serait contre-productif et dangereux pour les plus fragiles”.

La présidente du Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires a aussi évoqué la situation sanitaire concernant la variole du singe, qui continue de se diffuser en France.

Pour Brigitte Autran, malgré la présence d’environ 150 centres de vaccination en France, “ce n’est pas assez. Il en faut plus. (…) Il y a une nécessité absolue de vacciner les populations cibles. La recherche s’organise aussi pour comprendre comment ce virus, jusque-là endémique en Afrique, a pu s’installer dans l’hémisphère nord”.

Elle estime par ailleurs qu’une “stratégie « zéro Monkeypox » est possible, contrairement à celle du « zéro Covid ». Et si, selon elle, “le monkeypox était par exemple impossible à prévoir, (…) l’essentiel est ensuite d’être réactif. Ce sera notre rôle : aider à construire les éléments de réponse immédiate sur des bases scientifiques solides”.

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