Foodwatch exige “plus de transparence” sur les tailles des produits



C’est une méthode utilisée par les industriels et les distributeirs qui fait grincer des dents. Diminuer la taille des produits, mais maintenir voire monter les prix et augmenter les marges. L’association Foodwatch, qui milite pour la transparence du secteur agroalimentaire, épingle plusieurs marques qui pratiquent “l’inflation masquée”.

Réduire la taille d’un yaourt, d’un paquet de gâteau ou d’une compote, par exemple, mais ne pas diminuer son prix ou au contraire, parfois, l’augmenter. La technique de “l’inflation masquée” est adoptée par des industriels pour augmenter leurs marges, dans un contexte où les coûts des matières premières et de production coûtent plus cher.

L’association Foodwatch a ainsi épinglé ce jeudi, dans un communiqué et dans l’émission “Complément d’enquête” diffusée sur France 2, six marques qui ont utilisé cette méthode pour leurs produits phares ces dernières années. Elle précise que ces marques sont des exemples mais qu’elles sont loin d’être les seules.

-20% au poids, +30% au prix

Par exemple, “pour les chocolats Pyrénéens de Lindt, ils ont enlevé 6 chocolats, il y a davantage de plastique à l’intérieur, on a perdu 20% de poids, mais le prix au kilo a augmenté de 30 %”, explique Camille Dorioz, responsable des campagnes chez Foodwatch et invité d'”Apolline Matin” ce vendredi sur RMC et RMC Story.

“La Salvetat a réduit de 10 cl, elle a la même taille, la même forme, il faut regarder de près, elle est un peu plus fine”, ajoute-t-il. C’est difficile de s’en rendre compte, “il faudrait connaître par coeur, l’intégralité des poids de tous ses aliments”.

Si cette pratique n’est pas bénéfique pour le consommateur, elle est totalement légale. “Les fabricants font ce qu’ils veulent avec le poids de leurs produits. Sur les prix, ce sont plutôt les distributeurs qui sont à pointer du doigt parce que ce sont eux qui les fixent.”

Prévenir le consommateur

En revanche, même si c’est légal, Foodwatch estime que “ça induit énormément le consommateur en erreur”. De fait, l’association “exige des engagements des fabricants et des distributeurs pour indiquer aux consommateurs, ces changements de format directement sur le produit”.

David, auditeur de RMC et qui travaille dans la mise en rayon, voit ces changements de taille tous les jours. “Il y a le géant américain, Coca-Cola, mais tous les dérivés de coca aussi comme Fanta, ou le jus de cranberry. Il était à 1,5L pour 1,82€ et il est passé en 1,25L pour 1,96L.”

Camille Dorioz souligne que Foodwatch a contacté les six industriels concernés. “Ils ont tous admis cette pratique d”inflation masquée’ mais aucun n’a prévenu les consommateurs. C’est le manque d’informations qu’on pointe du doigt”, conclut-il. L’association a, d’ailleurs, lancé une pétition pour “mettre fin à ces abus”.

Mahauld Becker-Granier (édité par Astrid Bergere)

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