Faut-il taxer les superprofits ? Le débat est relancé

En affirmant ne pas fermer la porte à l’idée d’une taxe sur les superprofits, Elisabeth Borne a relancé le débat. Cette piste, qui se divise au sein du gouvernement et de la majorité, est poussée par la gauche.

Le débat est revenu sur la table. La Première ministre, Elisabeth Bornéa affirmé dans une interview au Parisien “ne pas fermer la porte” sur la taxe sur les superprofits. Mais elle n’en fait pas une piste prioritaire, privilégiant un geste des entreprises envers leurs consommateurs ou leurs salariés, en baissant les prix ou en augmentant les salaires. Et deux lignes semblent s’affronter au sein du gouvernement. Les “contre”, derrière Bruno Le Maire. Et ceux qui ne fermentent pas la porte à un nouvel impôt sur les gros profits comme Elisabeth Borne.

Dans la majorité aussi, l’idée divise. Robin Reda, député Renaissance de l’Essonne, est contre. Il redoute un mauvais signal envoyé aux entreprises.

“Aujourd’hui, le choix qui a été fait par le gouvernement, c’est d’avancer en confiance avec les entreprises pour redonner du pouvoir d’achat aux salariés, explique-t-il au micro de RMC. Je crois que si nous commençons à envoyer des ajustements négatifs au monde économique, par le retour des impôts, des taxes, fussent-ils exceptionnels, nous dévierions de cette trajectoire qui, je pense, est la bonne pour l’économie du pays.”

Le député Patrick Vignal veut la création d’un fonds de dotation pour la transition écologique

A l’inverse, le député Renaissance de l’Hérault Patrick Vignal annonce au micro de RMC qu’il va demander que les entreprises qui font le plus de bénéfices en France abreuvent un fonds pour la transition écologique.

“Nous demandons beaucoup aux Français, qui d’ailleurs font énormément le jeu, mais nous ne demandons pas à toute la France, souligne-t-il. Je suis ravi qu’on se pose la réflexion sur la taxation des superprofits. Moi, je plaide pour un fonds de dotation. Nous avons d’excellents services à Bercy qui pourraient regarder les entreprises qui ont fait des bénéfices sur le Covid, sur la guerre en Ukraine. Ceux-là doivent participer pour la transition écologique.”

La gauche avec la pression

Cette taxe sur les superprofits a déjà été proposée par la Nupes et rejetée par la majorité et la droite LR. C’était lors des discussions sur le paquet pouvoir d’achat à l’Assemblée nationale, cet été. Jean-Luc Mélenchon a de nouveau défendu cette taxe ce dimanche lors de son discours de rentrée, qui clôturait les universités d’été de LFI à Valence. Vendredi dernier, les insoumis ont lancé une pétition en ligne sur le sujet. Plus de 41.000 personnes avaient signé le texte ce dimanche.

Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS, lui propose un référendum d’initiative partagée sur le sujet. Une initiative soutenue par Jean-Luc Mélenchon. La tâche s’annonce ardue, avec 4 millions et demi de signatures nécessaires. Hors micro, plusieurs cadres de la Nupes l’admettent : qu’il aboutisse ou pas, ce référendum est surtout un moyen de pression supplémentaire pour tenter de faire plier le gouvernement.

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