deux faux psychiatres ont pu exercer, une enquête ouverte à Montpellier



Une enquête a été ouverte en juillet pour “exercice illégal de la médecine” à l’encontre de deux personnes s’étant fait passer pour des pédopsychiatres sur Doctolib.

Doctolib dans la tourmente. Après les accusations de référencer des naturopathes aux pratiques douteuses, la plateforme de rendez-vous médicaux est dans le cœur d’une enquête, ouverte en juillet, pour “exercice illégal de la médecine” à l’encontre de deux personnes s’étant fait passer pour des pédopsychiatres sur cette plateforme, annonce le parquet de Montpellier.

Une mère de deux enfants avait porté plainte début juillet, après avoir pris rendez-vous sur Doctolib puis consulté un faux pédopsychiatre et sa remplaçante afin d’obtenir une ordonnance de médicaments pour ses deux enfants atteints d’un trouble de l’attention (TDAH), a confirmé à l’avocate de la plaignante.

“Ma cliente a été énormément impactée par cette affaire, a expliqué l’avocate. Nous avons monté tout ce dossier car elle pensait vraiment avoir à faire à un réel médecin, par le fait d’être passée par la plateforme Doctolib. Nous ne parlons pas d’un simple généraliste, mais d’un pédopsychiatre, les faits sont graves. C’est entre les mains du parquet”, a-t-elle ajouté.

Une plainte du Conseil de l’Ordre

Le Conseil de l’Ordre des médecins de l’Hérault a également porté plainte pour “exercice illégal de la médecine”. Inscrits sur Doctolib, les deux faux pédopsychiatres auraient assuré des consultations, avant que la plateforme ne stoppe leur abonnement et supprime leur profil début juillet.

“Nous avons été choqués par l’absence de contrôle des praticiens par Doctolib. Ils ont bien, ensuite, supprimé le profil et stoppé l’abonnement mais nous sommes surpris par le processus d’enregistrement sur cette plateforme. Il faudrait le renforcer”, a alerté le Dr Philippe Cathala, président du Conseil de l’Ordre des médecins de l’Hérault.

Un renforcement du processus de vérification

Mardi dernier, l’Ordre des médecins avait demandé à l’entreprise de renforcer ses règles éthiques pour s’inscrire sur la plateforme. Jeudi, la plateforme a annoncé qu’aucune prise de rendez-vous ne pourra désormais être réalisée sur Doctolib avant que la vérification du droit d’exercer soit effective. Pour cela, Doctolib a décidé de supprimer le délai de 15 jours, qui était accordé jusqu’ici aux professionnels de santé afin que les nouveaux installés puissent ouvrir la prise de rendez-vous en amont de l’ouverture de leur cabinet.

C’est durant ce délai que les deux faux pédopsychiatres ont pu réaliser des consultations.

“Le grand public doit aussi avoir le réflexe de se rendre sur le site du conseil de l’Ordre où tous les médecins qui peuvent pratiquer sont référencés. C’est décevant qu’une entreprise comme Doctolib, qui connaît ce principe, ne le fasse pas automatiquement”, a déploré le docteur Cathala, précisant que les plaintes déposées contre des personnes utilisant de faux diplômes sont monnaie courante.

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