des records pour la SNCF, bilan contrasté pour les usagers



L’été a été très bon pour la SNCF: une fréquentation en forte hausse et peu de couacs sur le réseau. Mais côté usagers, le bilan est plus contrasté, entre une offre pas assez conséquente et des billets trop chers.

23 millions de personnes. C’est le nombre de personnes qui ont voyagé en train cet été, un record absolu dont se félicite la compagnie ferrovière. C’est 10% de fréquentation de plus qu’à l’été 2019. Dans les pages du Parisien, le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet s’enorgueillit du succès de cet été du côté du rail: “il n’y a jamais eu autant de gens dans les trains”. Ce week-end sera particulièrement chargé, la rentrée approchant, plus de 1,1 millions de passagers vont se déplacer en train. Près d’un TGV sur deux affiche déjà complet.

Un record qui peut s’expliquer par l’explosion des prix du carburant et des péages qui ont sans doute convaincus des Fraçais à laisser leur voiture au garage. Puis il y a aussi sans doute cette volonté de voyager plus vert dans la tête de nombreux francais. C’est d’ailleurs un argument qu’avance souvent la SNCF: un train consomme 50 fois moins de CO² que la voiture.

Des retards à cause de la canicule

Dans ce beau bilan, il y a eu quelques fausses notes. Des trains qui n’arrivent pas à l’heure par exemple, conséquences de la canicule et des incendies qui ont touché la France cet été, parce que quand il fait trop chaud, il faut ralentir la vitesse des trains pour garantir la sécurité des voyageurs.

Pour Théo, voyageur rencontré par RMC, le record de l’été c’est ses 7h30 pour un Paris-Annecy:

“Il y a eu trois retard: un problème de caténaire, un problème de signalisation puis régularisation de trafic. J’ai l’impression d’avoir fait Paris-New York, c’était interminable”, explique-t-il.

Christophe Fanichet assure travailler sur la question pour adapter les rails et les trains à ces fortes chaleurs, puisque les canicules estivales vont se répéter dans les prochaines années. Des rails qui sont d’ailleurs vétustes: en France ils ont en moyenne 30 ans d’âge, c’est deux fois plus qu’en Allemagne.

Puis il y a eu ces rames sans climatisation, ces voitures infestées de cafards. C’est ce qu’a révélé la CGT cheminot, la semaine dernière. Dans une rame Ouigo entre Paris et Lyon, sur les photos transmises par les cheminots, on peut voir des cadavres d’asticots et de cafards entre la vitre du train et la ventilation. La SNCF assure que cette rame a bien été traitée mais que le problème était plus grave, elle a donc retiré cette rame avant que l’information ne sorte dans la presse.

Un problème d’offre?

Pour Michel Quidort, président de la fédération européenne des voyageurs, invité du coup de fil de la Matinale week-end de RMC, le bilan est contrasté. Pour lui, “il y a des trains qui manquent et des trains annulés et pour la première fois, j’ai eu des problèmes avec des journées entières avec des trains complets. La SNCF se refuse à ce que l’offre précède la demande.”

“On ne peut pas partir sur un coup de tête par exemple. C’est dommage. Si la SNCF veut concurrencer la voiture, il faut qu’elle puisse augmenter la capacité sur ces créneaux là”, explique Isabelle à la sortie du train.

Sauf qu’acheter des rames supplémentaires pour pouvoir mettre plus de rames sur les moments de pointe n’est pas une solution viable pour Arnaud Aymé, expert transports chez SIA Partners: “Ce n’est pas économiquement intéressant pour la SNCF. Une rame TGV, qui coûte 30 millions d’euros, utilisée que quelques week-ends d’été et sur les pointes d’hiver, c’est fortement déficitaire.”

Le prix des billets en question

Autre soucis, le prix des billets. Pour certains, comme Isabelle, les prix restent excessifs: “On paye plus de 300 euros pour trois personnes avec un enfant. C’est démesuré !” C’est aussi le principal reproche de Michel Quidort. Il propose une réforme simple:

“Sur le prix du billet, il y a une grande partie, jusqu’à 40%, liée au péage payé par les trains pour emprunter l’infrastructure. Il faut absolument baisser le prix du péage ferroviaire.”

Il craint que le train soit trop cher pour les classes populaires. Sous ses critiques, le paiement en plusieurs fois, qui sera proposé par la SNCF à l’été 2023:

“On croyait que le chemin de fer était un transport populaire… C’est un mauvais signal. Quelle usine à gaz si on doit changer de train ou annuler.”

Garance Munoz, Margaux Bourdin, et Maxime Martinez

[

]

Source link