“Des comportements virilistes ont un impact sur la planète”, assure une élue écologiste



Pour Marine Tondelier, la consommation de viande, supérieure chez les hommes et encouragée par la pratique du barbecue, a un impact environnemental non-négligeable. De quoi pointer du doigt des “comportements virilistes”, nocifs pour la planète.

Depuis le début de la semaine, une frange de la population est offensée? La raison? les propos de Sandrine Rousseau contre le barbecue, une pratique jugée “viriliste”. Samedi, la députée EELV a appelé à “changer de mentalité pour que manger une entrecôte cuite sur un barbecue ne soit plus un symbole de virilité”.

Après des photos de barbecue postées par la droite et l’extrême-droite en signe de protestation, après les explications des propos de Sandrine Rousseau et l’analyse de liens entre masculinité et barbecue, la députée a récidivé en posant une question anodine sur Twitter: “Bifteack ou planète?”.

Une manière de relancer le débat, cette fois sur l’impact climatique de la consommation de viande, et donc, si l’on suit bien, de certaines pratiques “virilistes”: “Il y a 300.000 tonnes de viande consommées chaque année dans le monde et cela a trois impacts sur la planète”, explique ce mercredi sur RMC Marine Tondelier, conseillère régionale EELV des Hauts-de-France.

“Le premier impact c’est la déforestation: en Amazonie, 91% des terres défrichées le sont pour des pâturages ou pour produire du soja et nourrir le bétail. Le second, c’est la ressource en eau qui se tarit alors que l’élevage a un gros impact sur l’eau. Le troisième c’est le climat, puisqu’il y a 7 milliards de tonnes de CO2 produites annuellement par l’élevage, autant que ce que produisent les Etats-Unis et la France réunis”, assure-t-elle.

“Depuis 24h je reçois des photos de steaks par des hommes qui m’expliquent que c’est bon la viande”

Pour elle donc, “il y a un sujet de la consommation de viande mondiale sur l’environnement”. Et alors que plusieurs études affirment que les hommes mangent plus de viande que les femmes (comme le rapport INCA 3 de l’Anses), Marine Tondelier y voit un lien direct entre comportements virilistes et impact sur la planète:

“Il y a bien un lien entre le patriarcat et la pression sur les ressources naturelles. Il y a des comportements virilistes qui ont plus d’impact sur la planète et qui sont aussi mauvais pour la vie en société”, croit savoir Marine Tondelier.

Preuve à l’appui, son expérience récente sur les réseaux sociaux: “Depuis 24h sans interruption sur Twitter, je reçois des photos de gros steaks et de saucisses envoyées par des hommes qui m’expliquent que c’est bon la viande et qu’ils ont déjà vu une femme allumer un barbecue”, raconte-t-elle.

Deux fois plus de végétariennes que de végétariens

“C’est une démonstration en direct que lorsqu’une femme dit que les hommes mangent plus de viande que les femmes, il n’y a que les hommes qui lui expliquent qu’elle est débile et qu’elle n’a rien compris”, ajoute Marine Tondelier qui raconte être elle-même végétarienne depuis 2009: “Est-ce que j’embête les gens avec ça? Non. Est-ce que j’interdis aux gens de le faire? Non. J’explique juste qu’il y a un rapport viril avec le feu et la viande”, conclut-elle.

Selon une étude du Credoc pour FranceAgriMer, 4% des femmes assurent ne pas manger de produits d’origine animale contre 2% des hommes. Et 3% d’entre elles ne mangent jamais de viande contre 1% des hommes.

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