des années de maltraitances contre dix enfants



Après la découverte d’une “maison de l’horreur” dans le Pas-de-Calais la semaine dernière, la secrétaire d’État chargée de l’Enfance Charlotte Caubel se rend sur place ce lundi. Elle s’entretiendra avec les acteurs locaux de la protection de l’enfance.

Comment ces maltraitances, dans une maison de Noyelles-Sous-Lens (Pas-de-Calais), ont-elles pu durer aussi longtemps sans que personne ne s’en rende compte? C’est ce que va essayer comprendre Charlotte Caubel, secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance, en se rendant sur place ce lundi.

Dix frères et soeurs, de quatre mois à 24 ans, ont vécu un calvaire pendant des années à cause de leurs parents. Maltraités, laissés à l’abandon, violentés, ligotés… Ce cauchemar s’est arrêté à la fin du mois d’août.

L’un des fils a porté plainte au commissariat après une altercation avec son père, qui l’a mis à la porte. L’Aide sociale à l’enfance (Ase) a averti le parquet le 30 août.

Sept des dix enfants concernés

Lorsque les policiers sont intervenus, ils ont “constaté que deux enfants de deux et cinq ans” se trouvaient endormis, “attachés à des chaises hautes, pour ne pas qu’ils bougent”, et dans un “état d’hygiène déplorable”, a-t-il poursuivi.

Le plus petit n’aurait même jamais touché le sol. Ces violences et carences éducatives sont reprochées sur l’ensemble des mineurs et un majeur des dix enfants de cette fratrie, de potentiels faits sur les deux aînés étant prescrits.

Pas de traces de sévices graves

“Ce qui est reproché, c’est surtout le manque d’hygiène total, et des carences éducatives graves”, soit “le fait de ne pas s’être occupé de façon normale de ses enfants”, a précisé le procureur. Les enfants ne présentent toutefois “pas de traces de sévices graves qui auraient provoqué des cicatrices”, a-t-il ajouté.

Des voisins avaient déjà noté certaines négligences mais pas au point d’imaginer de tels sévices.

“Ce sont des familles qui sont dans une forme d’isolement. Elles vont fonctionner dans un système où l’emprise psychologique est là, où les coups sont peut-être répétés sur la journée ou en tout cas dans le temps, qui vont conditionner des enfants, s’ils devaient aller à l’école ou au contact avec l’extérieur, à ne pas dire ou de révéler ce qu’il se passe”, explique Marie Grimaud, avocate pénaliste.

Tous les enfants mineurs ont été pris en charge par l’Ase et font l’objet d’un placement provisoire.

Le couple sera jugé le 24 janvier 2023

Les parents, un homme de 44 ans et une femme de 40 ans, ont été placés en garde à vue et présentés devant un juge. Après avoir reconnu les faits, ils ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec leurs enfants et une obligatoire de soins. Le couple sera jugé le 24 janvier.

La secrétaire d’État auprès de la Première ministre s’entretiendra “avec les acteurs locaux de la protection de l’enfance” pour “faire un point sur le repérage et la prise en charge de cette situation”.

Elle a d’ores et déjà demandé l’ouverture d’une enquête administrative pour “mieux comprendre les difficultés et les défaillances qui ont conduit à cet enchaînement de non-réaction”.

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