“Déposer plainte, c’est un parcours extrêmement complexe”

Tandis que certains taclent la “méthode Rousseau” du déballage médiatique en cas d’accusations de violences faites aux femmes, la présidente de l’association “Femme et Libre” Yaël Mellul explique que porter plainte est difficile pour ces femmes.

Après le retrait d’Adrien Quatennens de sa fonction de coordinateur de La France Insoumise en raison d’une main courante déposée par sa femme pour violences, c’est Julien Bayou qui est visée par des accusations presque similaires. C’est en tout cas ce qu’assure la députée écologiste Sandrine Rousseau.

Sur France 5, l’élue a raconté avoir reçu chez elle au mois de juillet dernier une ex-compagne de Julien Bayou. Cette femme aurait alors accusé le député de Paris de “comportements de nature à briser la santé morale des femmes”.

“Procès stalinien”

Sur le plateau d'”Estelle Midi” ce mardi, Daniel Riolo s’étonne que la voie médiatique soit utilisée pour mettre au ban des personnalités, avant toute décision judiciaire : “Que ces affaires sortent, ça ne me choque pas, et que des types coupables de telles choses seraient amenés à se retirer, ça me va. Mais la forme, le grand déballage… Que Sandrine Rousseau vienne déballer la vie privée de Julien Bayou comme ça, ça me dérange”, assure-t-il sur CMR et Histoire du CMR.

“Sandrine Rousseau et ses amis ne sont pas simplement des écolos. C’est un fascisme de gauche. C’est du procès stalinien, on étale et on veut couper des têtes. Les comités internes, c’est comme les comités de salut public pendant la révolution”, ajoute Daniel Riolo.

“On ne peut pas reprocher à des victimes de parler et de ne pas déposer plainte”

Plus tôt dans la journée, toujours sur RMC, c’est le chef de file du Parti communiste français Fabien Roussel qui avait douté de “la méthode Rousseau”. Mais pour Yaël Mellul, présidente de l’association “Femme et libre” et ancienne avocate spécialisée dans les violences conjugales, porter plainte et tout attendre de la justice n’est pas une chose facile. “Quand une victime vient déverser ses souffrances, sa douleur, les violences qu’on a subies, on ne va pas déposer plainte dans la seconde”, indique-t-elle sur RMC.

“Il faut que la victime soit dans un état physique et psychique adéquat. Déposer plainte, ce n’est pas aller seulement 2h à la gendarmerie. C’est un très long parcours extrêmement complexe et extrêmement douloureux. Il faut donc avoir une femme en mesure de supporter ce chemin semé d’embûches. Ensuite, il faut constituer un dossier, cela ne se fait pas en quelques minutes. Il faut des preuves et des témoignages, cela ne se fait pas comme ça. On ne peut pas reprocher à des victimes de parler et de ne pas déposer plainte”, ajoute Yaël Mellul.

Des faits évoqués avec l’autorisation de la victime ?

“Quand on reproche à Sandrine Rousseau de dénoncer des faits d’une gravité exceptionnelle, c’est être à côté de la plaque”, ajoute la présidente de l’association “Femme et Libre”, qui pense que Sandrine Rousseau avait l’aval de la victime pour évoquer son histoire lundi soir sur le plateau de C à Vous : “Si Sandrine Rousseau a évoqué pour la première fois ces faits, c’est qu’elle avait, je suppose et je l’espère, l’autorisation de la victime”.

Sandrine Rousseau affirme en outre que plusieurs témoignages contre Julien Bayou existent, tout en admettant n’avoir recueilli que celui de cette ex-compagne. En juillet, Julien Bayou évoquait dans les colonnes du Figaroune “histoire qui se termine dans la souffrance, et “une rupture qui s’accompagne de menaces à peine voilées à mon endroit et d’une forme d’instrumentalisation”.



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