découverte de près de 450 tombes à Izioum, ville reprise par l’armée ukrainienne aux Russes



En Ukraine, un possible nouveau massacre de civils commis par les forces armées russes a été découvert proche de la ville d’Izioum, dans le Nord-Est du pays.

Des journalistes de l’AFP ont vu vendredi des centaines de tombes marquées d’une croix dans une forêt à la périphérie d’Izioum, ville récemment reprise aux forces russes dans le Nord-Est de l’Ukraine.

Les autorités ukrainiennes procédaient notamment sur place à l’examen d’une tombe contenant les corps de soldats ukrainiens, surmontée d’une croix portant l’inscription “armée ukrainienne, 17 personnes. Izioum, de la morgue”.

Selon Oleg Kotenko, responsable gouvernemental pour la recherche des personnes disparues, cette découverte a été faite grâce à une vidéo postée sur les réseaux sociaux. Un homme y dit : “nous devons prendre les corps des soldats ukrainiens à la morgue et les enterrer car l’Ukraine n’en veut pas”.

Des “salles de torture” retrouvées?

Les tombes sur ce site ont été creusées pendant les combats lors de la prise de la ville par les forces russes en mars et durant l’occupation russe, qui a pris fin la semaine passée, a indiqué M. Kotenko. Elles sont au nombre de 443.

“J’ai vu le numéro 443. Je n’ai pas vu le numéro un”, a-t-il déclaré à l’AFP sur place, avant d’ajouter: “nous estimons le nombre total de morts (liés au conflit et pendant l’occupation, ndlr) d’après les numéros”. Mais selon lui, “certaines tombes peuvent aussi contenir deux ou trois personnes”.

Selon M. Kotenko, “les tombes qui ne portent pas de noms sont celles de gens (trouvés) dans la rue”. En outre, toujours selon lui, “il y a beaucoup de personnes qui sont mortes de faim. Cette partie de la ville était isolée, sans ravitaillement. Les gens étaient bloqués, rien ne marchait”.

“Il y a aussi d’autres cimetières dans la ville mais nous n’y sommes pas allés. Donc on ne sait pas quelles est la situation”

Interrogé sur la possibilité d’un crime de guerre pour les 17 soldats ukrainiens, M. Kotenko a répondu: “la Russie a attaqué l’Ukraine. Si la Russie n’avait pas attaqué l’Ukraine, ils (les corps) ne seraient pas là. C’est un crime lorsqu’un pays en attaque un autre”.

Selon l’AFP, dix “salles de torture” ont aussi été découvertes dans les zones reprises aux Russes à Kharkiv.

L’ONU veut enquêter à Izioum

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU souhaite envoyer “sous peu” une équipe à Izioum en Ukraine, afin de vérifier les allégations des autorités ukrainiennes évoquant la découverte de centaines de tombes et des exécutions.

“Nos collègues en Ukraine, de la mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine, vérifient ces allégations et ils visent à organiser une visite à Izioum pour déterminer les circonstances de la mort de ces personnes” retrouvées dans cette ville, a indiqué Elizabeth Throssell, porte-parole du Haut-Commissariat, lors du briefing régulier de l’ONU à Genève.

“Toute information de cette nature est choquante. C’est pourquoi il est important que les circonstances de la mort des personnes qui pourraient se trouver dans ces tombes collectives soient établies”

Lorsque des charniers sont découverts, il est important, a expliqué la porte-parole, de vérifier s’il s’agissait de militaires ou de civils, s’ils ont été tués ou s’ils sont morts dans le cadre des combats ou bien de causes naturelles exacerbées par le manque de soins médicaux.

“Comme vous vous en souvenez peut-être, c’est une question qui a été soulevée à plusieurs reprises pendant les combats et le siège de Marioupol”, a-t-elle indiqué.

Le 9 septembre dernier, l’ONU avait indiqué que sa mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine avait jusqu’à présent documenté plus de quatre cents détentions arbitraires et disparitions forcées par les forces russes en Ukraine ainsi que 51 arrestations arbitraires par les forces ukrainiennes.

La mission doit publier le 27 septembre un rapport complet sur l’impact de l’invasion russe sur les droits humains en Ukraine.

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