Comment Horizons veut se renforcer pour propulser Edouard Philippe à la présidentielle 2027

Allié du parti présidentiel et d’Emmanuel Macron, le parti Horizons d’Édouard Philippe fait partie de ses interrogations quant à la prochaine réforme des retraites. Et en coulisses, le parti veut se structurer pour réussir à recruter des militants.

Les alliés d’Emmanuel Macron sont très critiques sur la réforme des retraites. Une réforme qui pourrait être incluse au budget de la sécurité sociale dès cet automne. Et chez Horizons, le parti d’Edouard Philippe, la méthode interrogée. “Ce ne sera jamais accepté. On aura les ‘gilets jaunes’ puissance 10. Ce n’est pas un sujet à prendre à la légère”, s’inquiète un proche de l’ancien Premier ministre.

Des doutes sur la forme, mais aussi sur le fond. Sans réforme complète, impossible d’aborder la question de la pénibilité par exemple. Un cadre d’Horizons est catégorique : “La réforme des retraites ne pourra pas tout payer. La transition énergétique et l’école… quelle réforme ambitieuse il faudra pour financer tout ça !”.

Un scepticisme loin d’être anodin. Édouard Philippe avait défendu l’âge pivot lors du débat sur la réforme des retraites en 2019. Et le soutien de son groupe est essentiel pour la majorité, très relatif à l’Assemblée. Le sujet sera au cœur des discussions des journées parlementaires du parti qui débute ce jeudi à Fontainebleau. Selon nos informations, lors de sa prise de parole prévue vendredi après-midi, Édouard Philippe devrait évoquer justement la réforme des retraites, le tout devant Élisabeth Borne, qui lui a succédé à Matignon.

Les cadres d’Horizons, eux, intimant à un parti plus solide. La première urgence, c’est de recruter davantage de militants. Le parti est basé sur un grand nombre d’élus locaux. Christian Estrosi devrait d’ailleurs prendre la tête de l’assemblée des maires d’Horizons ce vendredi.

Une ambition présidentielle

Mais le problème, c’est que le parti manque de troupes. “Nos petits camarades de Renaissance nous appellent les rotariens”, s’agace un proche d’Édouard Philippe, pour qui les maires doivent participer au recrutement des militants. “Être un parti de notables, ce n’est pas bon, ça ne fait pas gagner une élection”, insiste-t-il. Cela passe notamment par les 500 comités locaux de soutien lancés ces derniers mois.

Autre chantier, les idées du parti. Les députés sont chargés de plancher sur des propositions de loi à soumettre au groupe pour les prochains mois. “On doit se forger une identité politique” assume un cadre. Un proche d’Édouard Philippe sourit : “Il y a eu la petite chaîne qui monte. Nous, on est le petit parti qui monte”.

Des militants, des idées, tout cela est indispensable pour envisager la présidentielle de 2027. Une campagne qui est dans le viseur d’Édouard Philippe. Un conseiller d’Emmanuel Macron souffle : « Édouard était loyal et libre, il est maintenant libre et loyal ». Et ses soutiens ne s’en cachent pas : “On a une personnalité d’avenir, on ne va pas s’en excuser” lance un député. “Notre leader est reconnu et plutôt apprécié. Le parti a vocation à faire fructifier tout ça”, ajoute un proche d’Édouard Philippe.

Une ambition qui passe mal chez les autres membres de la majorité. Un député Modem grime : « Édouard Philippe s’est construit une écurie présidentielle. Mais on est en crise ! On doit être fiable, ce n’est pas le moment de faire de la politique ». Et chez Renaissance, on ne donne pas cher des chances d’Édouard Philippe, trop en retrait selon ce cadre. “Édouard Philippe fait comme Pompidou ou Chirac, à attendre sa place. Mais il faut mouiller la chemise et aller au charbon. Ceux qui font les réformes, comme Bruno Le Maire, seront plus légitimes demain”, estime ce parlementaire.

Source link