“Ça ne sera pas suffisant” selon Greenpeace



Les panneaux publicitaires lumineux devraient bientôt devoir être éteints entre 1h et 6h du matin, sauf exceptions. Pour Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, invité de “Charles Matin” ce mercredi sur RMC, “ça va dans le bon sens”, mais “ça n’est pas suffisant”.

Alors que les Français sont invités à réduire leur consommation d’énergie à l’approche de l’hiver, les panneaux publicitaires lumineux posent question. Ils devraient bientôt être éteints la nuit, de 1h à 6h, sauf exceptions. Ce décret est attendu dans les prochaines semaines.

Pour Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, invité de “Charles Matin” ce mercredi sur RMC, cette mesure va dans le bon sens, mais “ça ne sera pas suffisant”.

“Même après ce décret, on va continuer de trouver des panneaux publicitaires lumineux qui continuent d’être éclairés, jour et nuit, dans les aéroports, les gares, les centres commerciaux, les vitrines intérieures des magasins, parce qu’il y a tout un tas d’exemptions de dérogation dans ce décret”.

“Nous demandons à ce qu’ils soient éteints 24h/24”

Aujourd’hui, certains panneaux doivent déjà être éteints. Cela dépend notamment de la taille de l’agglomération. Ce nouveau décret vise à harmoniser les différentes mesures déjà en place.

Greenpeace va plus loin: “Nous demandons à ce que ces écrans numériques publicitaires soient éteints 24h sur 24, jour et nuit. On n’a pas besoin pour vivre d’avoir de la publicité éclairée sur des écrans toute la journée”.

Jean-François Julliard ne sait pas combien de panneaux de ce type il existe en France, car il “n’y a pas de décompte officiel”. En revanche, leur consommation est évaluée. “Ceux qui sont double-face et qui font 2m² environ consomment 2.000 KwH par an. C’est autant que la consommation électrique d’un ménage, hors chauffage.”

Une contravention de 1.500 euros ?

Face à une si forte consommation pour un seul panneau, il estime qu’à “l’heure où on nous demande à toutes et tous de faire des efforts de réduction de la consommation d’énergie, on aimerait bien que cet effort soit équitablement réparti et que ça commence par viser ces panneaux-là”.

Le non-respect de ces nouvelles règles d’extinction pourrait être puni d’une contravention de 1.500 euros par publicité. D’après le directeur général de Greenpeace France, “c’est extrêmement difficile de les contrôler”. En plus, ces panneaux n’ont pas été prévus pour ces extinctions.

“Les constructeurs ont fait savoir qu’ils n’avaient pas été construits avec des dispositifs qui leur permettaient de les éteindre la nuit, que souvent ils sont reliés au réseau d’éclairage public, donc ça veut dire qu’il va falloir les rééquiper avec des boîtiers et des dispositifs spéciaux, ça va prendre encore plusieurs mois.”

“Il faut réellement travailler sur la politique énergétique”

L’ONG attend maintenant “des mesures fortes dans tous les domaines où il y a beaucoup de consommation d’énergie, par exemple, sur la rénovation des passoires thermiques“.

Sur les prix de l’énergie, Greenpeace plaide pour une tarification progressive. Le principe est simple: “Les premiers KwH dont on a vraiment besoin sont les moins chers et ensuite, plus on consomme ou surconsomme, plus le KwH est cher”.

“Ça veut dire qu’il faut réellement travailler sur la politique énergétique et sur le développement des énergies renouvelables. Sinon, tous les hivers, on se posera ces mêmes questions et on prendra un risque d’avoir des coupures d’électricité”, conclut-il.

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