au lycée Malherbe, le choc et l’angoisse toujours là après l’agression au couteau



Le choc et l’incompréhension sont toujours là. Dix jours après l’agression au couteau d’une professeure de français au lycée Malherbe à Caen (Calvados), de nombreuses questions restent en suspens. Pap Ndiaye, ministre de l’Éducation, s’est rendu sur place ce vendredi pour rencontrer les professeurs.

“On se rend compte que n’importe qui peut rentrer avec n’importe quoi. Ça fait un peu peur de se dire qu’il pourrait y avoir quelqu’un qui arrive avec bien pire qu’un couteau”, s’inquiète Yanis, lycéen. Il y a dix jours, le lycée Malherbe à Caen (Calvados), habituellement calme, a été le théâtre d’une grave agression. Un élève, âgé de 15 ans, s’en est pris à sa professeure de français entre deux cours, la blessant au niveau du cou.

L’enseignante, âgée de 63 ans, va mieux physiquement. L’agresseur, lui, a été hospitalisé pour des raisons inconnues.

Pap Ndiaye à la rencontre des professeurs

Sur les vitres du lycée, on peut lire “à Malherbe, tous contre la violence, tous avec toi”, en soutien à l’enseignante. Ce message a été installé par les autres professeurs du lycée, mardi, lors d’un rassemblement dans la cour.

Ce vendredi, le ministre de l’Éducation Pap Ndiaye s’est rendu sur place, à la rencontre des professeurs. Même plus d’une semaine après les faits, c’est toujours le choc et l’incompréhension dans l’établissement.

Pour les élèves, il est très important que leur professeure soit soutenue et la venue du ministre, essentielle.

“Même si elle a reçu du soutien de tout le monde, des élèves, ça peut lui faire du bien de voir qu’elle est soutenue là-haut”, affirme Solal, 15 ans.

Quelques élèves attendent des mesures concrètes afin de se sentir en sécurité en allant en cours. Par exemple, installer “des détecteurs de métaux, des choses comme ça, voire même une carte de lycéen pour dire qu’on est scolarisés ici, des choses concrètes quoi”, ajoute Yanis.

“C’est vraiment un cas extrêmement isolé”

D’autres préfèrent ne pas tomber dans la panique.

“C’est vraiment un cas extrêmement isolé, on ne peut pas généraliser, c’est vraiment trop complexe”, affirme Tidian.

Reste à savoir dans quelles conditions l’enseignante pourra revenir au lycée… Ou pas. Certains professeurs évoquent la possibilité de pouvoir accorder une retraite à temps plein à cette professeur de français en fin de carrière, même si elle décidait de ne plus revenir en classe. Ajoutant que cette demande lui appartient.

Si les lycéens pensent évidemment à l’enseignante, ils peuvent être un peu dépassés par tous ces événements. Solal souhaite “qu’ils trouvent quelque chose pour la professeure qui a subi ça”, mais il conclut: “Je n’en sais rien, je ne suis qu’un élève de première, bien trop jeune pour ça”.

Une information judiciaire a été ouverte pour “tentative d’assassinat”. Selon Amélie Cladière, procureure de la République de Caen, les explications que l’adolescent “donne de son geste ne correspondent à aucune situation objectivement compréhensible”.

Rémi Ink (édité par Astrid Bergere)

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