Quel bilan un an après l’autorisation de la PMA pour toutes?



Un an après le décret d’application sur la loi de bioéthique ouvrant la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Quel bilan ? Comment cette loi est-elle appliquée ? Quelle réalité pour ces femmes qui se lancent dans un parcours PMA ? Enquête RMC signée Mahauld Becker-Granier.

Il y a un an, la procréation médicalement assistée (PMA) était ouverte aux femmes seules et aux couples de femmes. Sauf qu’un an après l’entrée en vigueur de la loi, les derniers chiffres parus sur le sujet montrent que le délai d’attente est encore très long. Plus d’un an, contre les six mois maximum fixés par le gouvernement à la promulgation de la loi. Les freins sont encore nombreux et les parcours longs et sinueux.

Entre janvier et mars 2022, seulement 53 tentatives de PMA pour ces nouveaux publics – femmes seules et en couple – ont été réalisées sur la France entière. C’est peu, surtout quand on sait que la demande a explosé. Sur cette même période, en trois mois : 5.126 demandes de première consultation ont été faites.

Lola, 36 ans, et Claire, 37, ont eu un premier rendez-vous dans un centre PMA à Marseille en avril dernier. Elles espèrent désormais bénéficier d’une insémination en avril prochain, un an après, mais sans aucune certitude.

“Quand on prend six, sept mois dans la vue, ça fait un petit peu mal. Je me dis que mon corps, ma vie de famille perd du temps. J’ai l’impression, encore une fois, d’être reléguée au second plan.”

Un quart de postes pourvus

Il y a deux freins principaux à un parcours plus rapide. D’un côté, le manque de moyens humains, et de l’autre, le manque relatif de dons. Côté humain: avec l’entrée en vigueur de la loi, 120 nouveaux postes devaient être créés dans les centres PMA. Mais, selon nos informations, seulement 25% ont été pourvus.

“Il n’y a pas les personnes présentes à la hauteur de besoins ressentis. Il n’y a pas d’entreprise capable d’assurer une telle augmentation d’activité sans renforts de personnels et une fois ces renforts arrivés, nous n’auront pas les locaux pour ‘caser’ tout le monde” explique Catherine Guillemain, présidente de la fédération nationale des CECOS, les centres d’étude et de préservation des gamètes.

Il manque du personnel administratif , et d’accueil, ce qui allonge l’attente pour les premiers rendez-vous, mais aussi des praticiens, des psy, des gynécologues. Pourtant le gouvernement renvoie la faute sur les centrs: la loi a été financée à ses débuts…puis au printemps 2022, les centres ont bénéficié de cinq millions et demi d’euros supplémentaires. Et ce sont les centres eux-mêmes qui décident de l’usage de leurs moyens, c’est-à-dire quelle part ils attribuent aux équipements ou aux recrutements par exemple.

Un manque de dons de gamètes

Autre frein à la PMA pour toutes, le manque de dons de gamètes. Les dons sont en légère hausse cette année mais cette une hausse insuffisante pour combler la demande qui a explosée: depuis le passage de la loi, la demande a été multipliée par cinq pour les dons de spermatozoïdes.

Mais aujourd’hui, si les donneurs sont si peu nombreux c’est parce que trop peu de centres sont autorisés à récolter ces dons: “Il y en a 27 ou 28 sur une centaine de centre clinico-biologiques qui font l’insémination et la fécondation in-vitro” déplore Mikael Ago-Piantz, chef du service PMA du CHU de Nancy.

De plus, depuis le 1er septembre, les donneurs n’ont plus l’assurance que leur anonymat sera préservé. Pour l’instant, on ne sait pas si cela aura de conséquences sur les dons.

Les Français continuent d’aller à l’étranger

Avec de tels délais, l’hypothèse d’aller faire une PMA à l’étranger n’a pas diminuée. Bien au contraire. RMC a contacté un médecin qui coordonne 27 cliniques en Espagne pour savoir si depuis le passage de la loi, le public français venait moins. Selon lui, l’augmentation reste constante.

Nina a 33 ans. Elle a commencé son processus quand la loi en France est passée, car elle et sa femme “avaient envie de construire une famille rapidement”. “On a pris la décision de partir en Espagne malgré l’inconvénient principal: l’aspect financier.” Aujourd’hui, elle ne regrette pas. Même si elle et sa femme ont dépensé plus de 20.000 euros, alors que c’est gratuit en France, Nina a maintenant un petit bébé dans le ventre. La PMA pour toutes reste donc beaucoup plus accessible si on a le temps et l’argent.

[

]

Source link

l’inquiétude des Nantais face à la montée de l’insécurité



Après une semaine marquée par une flambée de violences à Nantes, les habitants sont inquiets. Invité de la Matinale week-end de RMC, l’adjoint à la sécurité de la maire de Nantes estime qu’il ne faut pas surréagir pour ne pas “se tirer une balle dans le pied” et demande des renforts de CRS.

Un viol, un policier percuté par un scooter, une fusillade: c’est le bilan de la semaine à Nantes. La sixième ville de France fait face à une montée de la violence et de la délinquance. Ce samedi, une manifestation est organisée pour dénoncer cette situation a lieu aujourd’hui. Cet appel à la mobilisation a été lancée par l’association S2N (Sécurité Nocturne Nantes) pour dénoncer une insécurité galopante dans les rues du centre-ville.

Un sentiment d’insécurité répendu dans la population nantaise: “Je ne dois pas sortir trop tard le soir”, “je ne me sens pas en sécurité; dans certaines rues on prend des remarques, on se fait traiter de salope…”, “je ne rentre jamais seul”… voici un petit florilège des réponses collectées dans les rues de la capitale des Ducs de Bretagne, par RMC. Mais s’il y a des quartiers plus sensibles, comme dans toutes les métropoles, Nantes se caractérise par des problèmes au sein de son centre-ville, comme dans les quartiers Bouffay, Commerce ou le Hangar à Bananes.

“Ne pas se tirer une balle dans le pied”

Le principal fléau auquel Nantes est confronté, c’est le trafic de drogue qui expliquerait en partie cette flambée de violence. Le maire adjoint à la sécurité de Nantes, Pascal Bolo, invité de la Matinale week-end de RMC, ce samedi, confirme ce sentiment: “Nantes a été largement protégé pendant des années mais est désormais atteinte par l’industrialisation des trafics de stupéfiants et les violences qui y sont associées.”

Mais le maire veut qu’il n’y ait pas de caricatures. Sur notre antenne, il est revenu sur le témoignage d’une restauratrice qui évoquait son épuisement face à l’insécurité. Il met en garde face au péril économique en cas d”exagération de la communication”:

“Les restaurateurs qui se plaignent, de faits réels, doivent faire attention à ne pas se tirer une balle dans le pied. A caricaturer les situations on va dissuader les clients de venir.”

La maire de Nantes va rencontrer le ministre de l’Intérieur

Depuis le début de l’année, 39 usages d’armes a feu ont été recensés dans l’agglomération, en grande partie sur fond de trafic de stupéfiants, dont deux cette seule semaine: un blessé mercredi et un mort jeudi. Les deux victimes, 17 et 18 ans, vivaient dans le même quartier, celui des Dervallières. Longtemps considérée comme plutot tranquille, Nantes découvre ce phénomène avec fracas.

“C’est une métropole de niveau européen avec une population qui a doublé en 20 ans. La ville s’est enrichie. Les trafiquants de drogue ont constaté qu’il y avait beaucoup d’argent à faire avec l’arrivée de trafics de stups qui n’étaient pas connus dans l’agglomération” explique Didier Martin, le préfet de la Loire-Atlantique.

Une agglomération qui pourtant enregistre une baisse de 10% des faits de délinquance sur voie public depuis 2019. Toutefois la maire PS de Nantes, Johanna Rolland, doit s’entretenir avec le minsitre de l’intérieur Gérald Darmanin, mardi. La Place Beauvau a envoyé une compagnie de CRS en urgence, provisoire, après les blessures reçues par un policier renversé par un scooter qui a refusé de s’arrêter et qui a pris la fuite mardi.

De son côté, la maire demandera le renfort d’une compagnie de CRS permanente et “une force mobile” soit 80 fonctionnaires, “pour être présents la nuit” sur les centre-villes et dans les quartiers où se trouvent les points de deal. Le maire-adjoint à la sécurité assure que la mairie a doublé le nombre de policiers municipaux. Il estime que si Nantes n’était que peu pourvu en caméras et en fonctionnaires de police, “c’est parce qu’avant, il ne se passait pas grand-chose.” Mais ça, c’était avant.

Jules Housseau et Maxime Martinez

[

]

Source link

Les fournisseurs d’énergie dans le collimateur de Bercy et de l’Union européenne

Bruno Le Maire va convoquer les fournisseurs d’énergie mercredi prochain à Bercy. Il leur reproche de “ne pas jouer le jeu” sur les négociations de contrats d’énergie. Dans le même temps, une taxe européenne sur les superprofits de l’énergie sera mise en place en décembre.

L’Europe et la France augmentent le ton sur les prix de l’énergie. Vendredi, les ministres européens se sont mis d’accord sur une forme de taxe sur les superprofits des producteurs d’énergies. Une initiative proposée le mois dernier par la Commission européenne. Dans le détail, les producteurs d’électricité via le nucléaire ou les énergies renouvelables, qui vendent leur électricité au-delà de 180 € par mégawattheure devront donner tous les bénéfices au dessus de ce seuil aux États, qui le redistribueront en aides aux ménages et aux entreprises.

Les producteurs et distributeurs de gaz, charbon ou pétrole vont également devoir verser une contribution temporaire de solidarité. Au total, Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission, espère obtenir 140 milliards d’euros de ces différents dispositifs, qui devraient être mis en place à partir du mois de décembre.

La colère de Bruno Le Maire

En parallèle, Bruno Le Maire convoque les énergéticiens mercredi prochain à Bercy. Il reproche notamment à TotalEnergies, Engie et EDF de “ne pas jouer le jeu” sur les négociations de contrats d’énergie, notamment avec les entreprises. Les énergéticiens se sont regroupés sous pression. D’abord au niveau national, pour la première fois Bruno Le Maire affiche son mécontentement et une forme de contrainte envers les énergéticiens.

Il souhaite leur faire signer un code de conduite, pour garantir des prix raisonnables, notamment aux entreprises. Plusieurs PME se trouvent en grande difficulté, en pleine négociation pour leur contrat d’énergie.

Au niveau européen, la taxe sur les surprofits décidée ici ne devrait pas avoir d’effets immédiats sur nos factures d’électricité. Mais l’effet sera indirect :

“Les États vont utiliser cette taxe pour réduire le coût du bouclier tarifaire. Ce sont les États qui vont décider de protéger les consommateurs, cela va coûter de l’argent et l’État va récupérer un peu d’argent avec cette taxe” explique Jean-Pierre Favennec, professeur à Paris-Dauphine spécialiste de l’énergie.

Source link

Pourquoi la natalité est repartie à la hausse en France, en 2021



Dans “Apolline Matin” ce vendredi sur RMC et RMC Story, Nicolas Poincaré détaille l’étude de l’Insee sur la natalité, qui est repartie à la hausse l’année dernière.

La natalité est repartie à la hausse en 2021. C’est le principal enseignement d’une étude de l’Insee publiée ce jeudi: 742.100 bébés sont nés en France en 2021. Cela représente 2.033 naissances par jour en moyenne dans les maternités françaises. C’est une augmentation d’environ 1% par rapport à l’année précédente. Soit, tous les jours, une vingtaine de bébés de plus qu’en 2021.

Dis comme ça, ce n’est pas très spectaculaire. Mais ce qui est marquant, c’est que c’est une inversion de tendance. Depuis six ans, le nombre des naissances était en baisse constante. Une chute de 10% entre 2014 et 2020. 2021 marque donc un coût d’arrêt à cette tendance à faire de moins en moins d’enfants…

Un phénomène qui est lié aux confinements. Pendant les confinements, les Français ont moins conçu d’enfants, mais à la fin des confinements, ils se sont rattrapés !

L’année 2021 avait donc très mal commencé puisqu’en janvier et en février, on était neuf mois après le premier confinement du printemps 2020. Le nombre des naissances atteint alors un plus bas historique, moins 10% par rapport à l’année précédente. Cela s’explique par le climat d’inquiétude qui régnait, peu propice aux projets d’avenir. C’est aussi dû au fait qu’un certain nombre de couples ont pu se retrouver séparés par l’interdiction de se déplacer.

Des rattrapages après les confinements

Mais neuf mois après la fin de chacun des deux confinements, on a assisté à un vrai rattrapage. Avec un pic des naissances en septembre 2021, neuf mois après la période de Noël qui avait marqué la fin du deuxième confinement. Les Français, soulagés, ont fêté ça sous la couette.

Ce sont, en particulier, les mères les plus âgées qui ont fait plus d’enfants. Les impacts des confinements sont plus marquants chez les jeunes mères que chez les plus âgées. On imagine que les jeunes couples étaient plus inquiets vis-à -vis de l’épidémie, et sans doute aussi plus touchés par des situations d’éloignement. Et il y a, chez les plus jeunes, plus de couples que l’on appelle non-cohabitants et qui ont pu être séparés par les confinements.

Résultat, sur l’ensemble de l’année 2021, le nombre de naissances est en baisse de 5 à 8% chez les femmes de moins de 25 ans. Il est en revanche en hausse chez les femmes de plus de 30 ans, et même en forte hausse chez les femmes de plus de 40 ans. Si bien que l’âge moyen des femmes qui accouchent continue d’augmenter. Il est désormais de presque 31 ans. 30,9 pour être précis.

Sait-on quelle est la part des familles issues de l’immigration? L’Insee ne fait pas de statistiques ethniques ni religieuses, mais l’institut de la statistique peut compter le nombre d’enfants nés de parents eux-mêmes nés à l’étranger.

La part des bébés dont les deux parents ne sont pas nés en France a baissé d’un point, 16% contre 17% il y a deux ans. Et logiquement, la part des enfants ayant deux parents nés en France a augmenté, 68% contre 67% en 2019.

Et sait-on si cette augmentation des naissances en 2021 se poursuit en 2022? On a les chiffres pour les huit premiers mois de l’année. On a de nouveau un pic en février, neuf mois après la fin du troisième confinement. Mais l’effet a été bref et depuis, on est plutôt sur la tendance de 2020, c’est -à -dire une tendance basse. Les statisticiens de l’Insee ne se prononcent pas sur la suite. On ne sait pas si l’embellie de 2021 va se poursuivre ou pas…

[

]

Source link

Hélène Devynck dénonce le système PPDA



Hélène Devynck, journaliste, ancienne de TF1, est l’une des 90 femmes qui accuse Patrick Poivre d’Arvor de viol ou d’agression sexuelle. Invitée de la Matinale week-end de RMC, elle raconte son parcours pour arriver à parler, la pression sociétale sur les victimes, revient sur les derniers d’Elisabeth Badinter et évoque ce qu’on pourrait appeler le “système PPDA”.

Matthieu Rouault (MR) : Hélène Devynck, bonjour !

Hélène Devynck (HD) : Bonjour Matthieu

MR : Merci d’être sur RMC. Vous êtes journaliste, scénariste. Vous accusez Patrick Poivre d’Arvor de viol. Vous avez été son assistante au 20h de TF1 entre 1991 et 1993. Vous n’êtes pas seule. Vous avez été contactée par 90 femmes, qui accusent l’ancien présentateur de viols, d’agressions. Certaines ont déposé plainte pour des faits prescrits ou non. D’ailleurs deux nouvelles plaintes ont été déposées au parquet de Nanterre dont l’une de ces femmes a voulu parler après avoir lu votre livre, aux éditions du Seuil. Ça s’appelle “Impunité”. Ce n’est pas très conventionnel, mais après avoir lu votre livre je n’ai pas envie d’être journaliste face à vous ce matin. J’ai juste envie d’être un homme, un citoyen, un être humain et vous dire “merci”, merci pour ce livre nécessaire, parce qu’il fait comprendre, explique ce que veut dire culture du viol. J’étais très réticent contre ce mot, je n’aimais pas ces deux mots accolés. J’ai compris en lisant votre livre. Il décrit aussi de manière clinique le système qui permet à l’agresseur d’agresser. Le système qui enferme aussi, et je sais que vous n’aimez pas trop ce mot: les victimes. Pourquoi avez-vous écrit ce livre? Pour tout ça?

HD: Pour que vous compreniez tout ça, certainement. En fait, je me suis basée sur l’impunité. Les premiers témoignages qu’on a datent de 1981. Les derniers de 2016. Il y a donc une période de 35 ans pendant laquelle cet homme a agressé, violé, sans que jamais il ne soit arrêté. Je me suis demandé comment c’était possible dans une société où on déteste le viol on peut laisser quelqu’un faire ça pendant tant d’années. Une fois qu’on a parlé: l’impunité continue.

“Qui a la responsabilité de notre silence? A l’époque où il m’est arrivé ce qui m’est arrivé, il était tellement puissant que si je parlais, c’était ma mort sociale garantie. Faire porter la responsabilité du silence sur les victimes uniquement, c’est un chapeau un peu grand pour nous.”

MR: Vous questionnez aussi le comportement des femmes. Pourquoi elles n’ont pas parlé, pourquoi c’est si difficile ensuite de parler. J’espère que celles et ceux qui vont lire ce livre ne se poseront plus jamais la question. Ne poserons plus jamais la question: “Pourquoi vous n’avez pas parlé? Pourquoi vous n’êtes pas partie? Pourquoi vous n’avez pas mordu?” Tout cela est décrit dans ce livre. Vous écrivez “si Marie-Laure avait pu déposer plainte, Caroline n’aurait pas été violée, je n’aurais pas été violée. Si les deux Nathalie avaient pu se parler, Marie-Laure n’aurait pas été violée, je n’aurais pas entendu parler d’Agathe, Aline, les deux Alexandra, les deux Amandine, Anouk, Armel, les deux Aude…” J’arrête là, car la liste va jusqu’à 90 femmes. Finalement, cette affaire a surgi et on ne vous connait pas, on ne vous a pas entendu, on ne vous a pas écouté.

HD: Certaines d’entre nous ont parlé tout de suite. Il y a même eu des articles dans la presse nationale titrés “un Satire à TF1”. Ça n’a eu aucun effet. Le problème n’est pas tellement qu’on parle, c’est qu’on nous entende. Moi je n’ai pas parlé. La question, c’est qui a la responsabilité de notre silence. A l’époque où il m’est arrivé ce qui m’est arrivé, il était tellement puissant que si je parlais, c’était ma mort sociale garantie. Ma mort professionnelle. Tout le soupçon retombait sur moi. La question que je pose c’est: qui a la responsabilité du silence? Et de faire porter la responsabilité du silence sur les victimes uniquement, c’est un chapeau un peu grand pour nous.

MR: Vous venez de dire “il m’est arrivé ce qui m’est arrivé”. Encore aujourd’hui, après avoir témoigné devant la police, les tribunes, les articles de presse, il vous est difficile de prononcer le mot “viol”, Hélène Devynck?

HD: Je le prononce. Je peux le dire. Mais c’est un mot désagréable. C’est un mot qu’on n’a pas envie de se coller sur la tête, parce que c’est traumatisant, mais aussi parce que il y a une répulsion sociale vis à vis des femmes qui parlent, qui le disent. C’est ce que je décris dans le livre: c’est plein de mécaniques qui sont à la fois intimes, amicales, sociales, professionnelles qui font qu’on a plus intérêt à se taire qu’à parler.

MR: Je citais les prénoms tout à l’heure, vous écrivez les prénoms qui illustrent une société, de tous horizons. On est de droite, de gauche, fauchée ou pas. Il y a aussi une restauratrice et une enseignante. Les écrivaines et les anorexiques sont surreprésentées. Vous avez entre 20 et 60 ans et vous avez vécues toutes la même histoire. C’est assez saisissant à la lecture de votre livre. Vous dites même que les méthodes de PPDA pourraient se calquer l’une sur l’autre. Il y a toujours la même façon d’agresser? Le fameux coup du plateau?

HD: C’est ce qu’on appelle un mode opératoire, quelqu’un qui répète toujours la même chose, les mêmes rituels, les mêmes mots, les mêmes gestes. Le “coup du plateau” consistait à inviter une jeune femme sur le plateau du 20 heures, à l’impressionner un peu avec les projecteurs, la mise en scène du plateau. Une fois que la rédaction de TF1 avait déserté dans le bureau, la secrétaire fermait la porte et toutes celles qui ont témoigné ont été agressées ou violées.

MR: Alors qu’il y avait des secrétaires dans le bureau à côté. Vous-même, quand vous étiez assistantes, vous n’étiez pas si loin de tout cela et vous vous interrogez sur votre part de responsabilité.

HD: Je m’interroge aussi

MR: Sur ce milieu de la télévision auquel vous avez contribué, la misogynie de ce milieu, la folie du pouvoir également

HD: Le vedettariat et la puissance… C’est un livre sur le pouvoir et sur comment on a fait que le pouvoir de cet homme et sa sexualité sont devenues un peu une même chose et qu’on a présumé que toutes les femmes étaient consentantes. Il était présenté comme un parangon de séduction, l’incarnation du séducteur à la française… On se disait et même si on voyait les femmes défiler sur le plateau pendant 35 ans: 35 ans où plusieurs fois par semaines, des jeunes femmes seules au fond du plateau et qu’on amenait dans le bureau. Personne n’a rien dit.

“Je pense que c’est toujours possible. Le système que je décris est en place et va avec le pouvoir”

MR: Est-ce que ce serait encore possible aujourd’hui dans des rédactions de télévision ou dans d’autres entreprises?

HD: Je pense que c’est toujours possible. Le système que je décris est en place et va avec le pouvoir. C’est le même dans une famille, dans une colonie de vacances, dans un club sportif, dans une église, dans une entreprise…

MR: Avec le même enfermement des femmes c’est-à-dire l’impossibilité de parler. Vous dîtes: “Je reste convaincue d’avoir eu raison de me taire” parce que encore aujourd’hui, celles qui sont dans les rédactions de télévision qui ont “osé” prendre la parole ont reçue des menaces de sanctions pour avoir témoigné.

HD: Oui ! On se dit qu’on a bien fait de se taire à l’époque. Aujourd’hui, ce n’est pas si facile de parler. On est très nombreuses donc on ne peut plus nous dénigrer une par une. On se porte les unes, les autres. Et nos témoignages valident les autres témoignages. Mais ça reste compliqué.

“On est très nombreuses donc on ne peut plus nous dénigrer une par une. On se porte les unes, les autres. Et nos témoignages valident les autres témoignages. Nos témoignages sont des preuves vivantes.”

MR: C’est pour cela que vous vous battez pour que les témoignages, y compris ceux qui relatent des faits prescrits, puissent contribuer à la justice, être entendus par la justice, considérés comme une sérialité de faits et donner moyen à la justice de savoir si oui ou non Patrick Poivre d’Arvor est un violeur en série.

HD: Nos témoignages sont des preuves vivantes. On ne peut pas être plusieurs dizaines de femmes et mentir de la même façon. C’est impossible ! Il faut croire au surnaturel si on croit à ça (qu’elles mentent). Nous sommes les preuves vivantes de ce qui s’est passé.

MR: Est-ce qu’il faut revenir sur la prescription ? (10 ans au moment des faits pour Hélène Devynck, 20 ans aujourd’hui) Est-ce qu’il faut allonger ce délai ?

HD: La prescription, ce sont des questions extrêmement techniques, pointues, juridiques. Je pense qu’il faudrait qu’on l’assouplisse mais c’est un détail dans cette histoire. On s’appuie sur la prescription pour dire “s’il n’y avait pas la prescription, on pourrait le juger.” Mais on peut le juger, il y a de quoi dans le dossier.

“Elisabeth Badinter a été une féministe importante à une époque. Aujourd’hui, elle prend des arguments qui sont les arguments des agresseurs.”

MR: C’est un détail qui enflamme les débats. On a entendu les mots d’Elisabeth Badinter qui compare les femmes qui veulent faire sauter cette prescription au crime contre l’humanité qui lui est imprescriptible. Qu’est-ce que vous lui répondez?

HD: Je ne peux rien lui dire. Elle dit qu’au bout de dix ans, ça suffit, il faut prendre ses responsabilités. Moi au bout de dix ans, je ne pouvais pas parler, j’étais toujours à TF1.

MR: Ce discours persiste notamment au gouvernement. Marlène Schiappa, se disait, cette semaine dans Estelle Midi sur RMC “écœurée de voir le lynchage à l’encontre d’Elisabeth Badinter sur les réseaux sociaux, qu’on m’a rapporté, à la suite de ses propos. C’est quand même une grande féministe, qui a fait avancer la réflexion sur l’instinct maternel, sur l’égalité entre les femmes et les hommes… On peut être en désaccord sur ce qu’elle dit, a ajouté Marlène Schiappa. Il y a des choses que dit Elisabeth Badinter avec lesquelles je ne suis pas d’accord. Ce n’est pas pour autant que je vais aller l’insulter sur les réseaux sociaux. Je pense qu’on perd un peu la nuance et la profondeur du débat.” Ce soutien de Marlène Schiappa, première secrétaire d’État à l’égalité femmes/hommes d’Emmanuel Macron, grande cause du quinquennat… vous croyez à la sincérité de ce gouvernement?

HD: Marlène Schiappa a défendu Nicolas Hulot quand il était accusé de viol d’une façon peut-être un peu excessive…

MR: Elle est disqualifiée alors?

HD: Elisabeth Badinter a été une féministe importante à une époque. Aujourd’hui, elle prend des arguments qui sont les arguments des agresseurs. C’est compliqué de la suivre. Ce que je trouve indécent, c’est l’impunité. Dans le discours d’Elisabeth Badinter ou de Marlène Schiappa, je n’ai pas entendu parler des coupables.

“Emmanuel Macron dit qu’il faut libérer la parole des femmes mais qu’il ne faut quand même tomber dans une “société de l’inquisition”. Quand il dit ça, il oublie qu’il nous parle à nous (les victimes), comme si on n’existait pas.”

MR: Est-ce que vous comprenez Emmanuel Macron qui dit ne pas vouloir “une société de l’inquisition”, du “tribunal médiatique” disait aussi Eric Dupont-Moretti.

HD: Il avait dit, au moment où on a témoigné dans Libération et les accusations contre Nicolas Hulot, qu’il fallait libérer la parole des femmes mais qu’on n’allait pas quand même tomber dans une “société de l’inquisition”. On lui a répondu, on a fait une tribune. C’est très violent. Quand il dit ça, il oublie qu’il nous parle à nous, comme si on n’existait pas. Nous traiter d’inquisitrices, c’est-à-dire les personnages les plus honnis de l’histoire occidentale qui ont torturé, brûlé, supplicié des innocents. Je ne me reconnais pas là-dedans. J’ai raconté quelque chose qui me fait honte. Une petite misère. Une petite chose glauque. Je ne vois pas pourquoi je mériterais d’être traitée d’inquisition. Je pense que ce que je dis, ce qu’on dit, devrait faire avancer le droit plutôt que de le faire reculer dans des zones moyenâgeuses.

MR: Dans votre livre, vous interrogez aussi la sincérité du combat d’Emmanuel Macron (sur l’égalité homme/femmes) pour deux raisons. Son amitié avec Johnny Hallyday, les obsèques grandioses alors que Johnny a été lui aussi accusé de viol. Et la photo officielle de son premier quinquennat, avec la photo d’André Gide. Gide qui raconte avoir sodomisé un enfant jusqu’à épuisement dans son livre “Si le grain meurt”. Vous écrivez: “Que faut-il comprendre, que les pédocriminels peuvent être tranquilles? Qu’ils resteront honorés et prestigieux? Que l’impunité des puissants est totale?” Patrick Poivre d’Arvor a prévenu qu’il allait attaquer votre livre. J’imagine que vous vous préparer à recevoir encore “de la boue”, c’est un de vos termes dans votre livre. Est-ce que vous espérez qu’il lira votre livre ?

HD: Ça m’est égal

MR: Merci Hélène Devynck.

HD: Merci à vous.

Matthieu Rouault (avec Maxime Martinez)

[

]

Source link

Julien Bayou “mis sous surveillance” par des militantes et des ex depuis trois ans

D’après le journal Libération dévoile, ce samedi, une enquête révélant la pression mise par un “collectif féministe informel” sur Julien Bayou. Celui-ci, constitué de militants et d’ex-compagnes de l’ancien patron d’Europe Ecologie les Verts, a enquêté et “mis sous surveillance” le député écologiste.

rois et enquête informelle. Selon les informations du revue Libération, Julien Bayou aurait été visé par une “cabale interne au parti”, une “mise sous surveillance”. Un collectif féministe informel lui reprochait son comportement avec les femmes. Ses membres auraient enquêté sur lui pendant trois ans.

“On enquête pour savoir si c’est un mec bien”

Des enquêtes et des accusations de violences psychologiques qui ont d’ailleurs conduit à sa démission cette semaine du poste de secrétaire national du parti écologiste. Lors d’une soirée entre militants en 2019, un proche de Julien Bayou est évoquée par une militante : “on enquête pour savoir si c’est un mec bien”. Elle veut s’assurer qu’il n’est pas “un prédateur”.

A la même époque, selon Libération, plusieurs ex-compagnes de Julien Bayou se sont approchées par cette même militante, de manière informelle, afin de favoriser des informations sur son comportement. L’écologiste l’apprend, il se sait désormais sous surveillance.

Le mettre “hors d’état de nuisible”

En novembre 2021, la rupture avec Aline, sa compagnie depuis trois ans, marque un tournant. Les choses s’enveniment : une conversation Whatsapp se crée entre ex-déçues de Julien Bayou, avec pour objectif de le mettre “hors d’état de nuisible”.

En juin dernier, Aline accuse l’écologiste dans un mail aux cadres du parti, d’être “lâche et manipulatrice” elle fait partie de sa volonté de mettre fin à ses jours. La cellule contre les violences sexuelles du parti s’autosaisit. Sauf qu’au sein de cette cellule siège l’une des femmes qui enquête depuis trois ans sur la vie de Julien Bayou :

Il est “immature, mais c’est tellement banal. On ne va pas lui faire un procès pour ça”, juge une ex-compagne.

Source link

ce que va changer l’annexion de territoires ukrainiens par la Russie



Dans “Apolline Matin” ce vendredi sur RMC et RMC Story, l’historien militaire Michel Goya a présenté les enjeux principaux de l’annexion par la Russie de quatre territoires ukrainiens (Donetsk, Lougansk, Kherson, Zaporijjia), qui va être annoncée par Vladimir Poutine ce vendredi.

Le discours de Vladimir Poutine sur l’annexion de territoires ukrainiens

“Il faut s’attendre à un discours de victoire, de justification des sacrifices passés, en expliquant qu’ils n’ont pas été vains pour la Russie et qu’ils ont permis de libérer un certain nombre de territoires, de Russes, du joug ukrainien. Et que la Russie accueille avec plaisir tous ces nouveaux Russes, ces gens qui ne demandaient qu’à rejoindre la mère patrie. Ce discours va être un point du tournant. En réalité, c’est l’entrée en guerre véritable. C’était jusque-là une sorte d’opération extérieure, assez lointaine pour la société russe, qui était maintenue à l’écart. Maintenant, à partir du moment où ces terres deviennent russes, tous les combats se déroulent sur la terre de la mère-patrie. Dans ce cas-là, il faut oublier l’opération spéciale. Ce sera de fait, ou même de droit si la Douma le déclare, une guerre.”

“Dans les républiques séparatistes de Donetsk et Lougansk, il y a eu déjà une forme d’épuration ethnique, beaucoup de transferts de population. On est maintenant sur une terre très largement pro-russe. Mais dans les autres territoires occupés, ce n’est pas encore le cas. Comme en Crimée en 2014, il va y avoir une russification dans les jours qui viennent, assez radicale. Avec l’imposition de la langue russe, du rouble. Et forcer les habitants à échanger leurs passeports ukrainiens contre des passeports russes. Ils deviennent des citoyens russes, forcés mais à part entière.”

La fuite des hommes russes

“Il faut noter le caractère exceptionnel de cette situation. On n’a pas d’exemple historique où quand on déclare une mobilisation de la patrie, il y a plus d’hommes qui s’enfuient que ceux qui sont mobilisés ou qui sont en Ukraine. C’est assez extraordinaire. C’est comme si, en France, 100.000 hommes avaient quitté le pays en quelques jours pour échapper à leurs obligations militaires. Cela montre, non pas que la population a changé d’avis, mais qu’elle était à l’écart de cette guerre. Quand vous déclarez une mobilisation partielle, vous franchissez le pas et il n’y a pas de limite. Donc toutes les familles sont concernées, peut-être pas immédiatement mais elles le seront sans doute.”

L’Ukraine toujours à l’offensive

“La guerre continue, bien sûr. Du côté ukrainien, ça ne change rien. Ils accentuent encore la pression, ils sont à l’offensive. Ils sont sur le point, dans les heures qui viennent, d’infliger peut-être une défaite assez cinglante aux forces russes dans le nord du pays. Politiquement, l’annexion ne change rien du point de vue ukrainien. Ce sont toujours des terres ukrainiennes à libérer. Sur le champ de bataille, ça ne change rien. Il y a une sorte de course de vitesse qui est enclenchée pour les forces ukrainiennes, qui ont le dessus, très clairement, et qui doivent avancer avant les pluies d’automne qui vont geler un peu les opérations, et avant les effets de la mobilisation russe, qui va prendre forcément un peu de temps.”

[

]

Source link

l’inflation accentue la galère en fin de mois



L’inflation, estimée à 9,75% sur un an pour les produits alimentaires, se ressent sur le ticket de caisse, alors les Français sont nombreux à se serrer la ceinture, surtout en fin de mois.

“Le camembert, je l’ai payé 1,75 euro. Avant, il était à 1,35. Les steaks hachés, 3,95 euros. Avant, on les payait dans les 3 euros”, déplore Michel, à la sortie d’un supermarché de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), ce jeudi. L’inflation sur les produits alimentaires, estimée à 9,75% sur un an en septembre d’après le cabinet d’analyse IRI France, se fait bien ressentir sur le ticket de caisse. Si chaque produit augmente de quelques dizaines de centimes, au total, ça fait beaucoup. “Normalement, je paye 30 euros, là j’ai payé 49 et j’ai des courses pour même pas deux jours. Je suis déjà à découvert de 180 euros”, ajoute Michel.

+30 % sur les viandes surgelées, +21,4 % pour les pâtes alimentaires: globalement, les rayons épicerie salée, crèmerie et surgelés et glaces sont au-delà des +10% d’augmentations.

“On perd cette insouciance”

“Ça fait longtemps que je travaille et en fin de compte, j’ai l’impression de me retrouver comme quelqu’un qui est obligé de faire attention à tout. On perd cette insouciance. C’était une joie d’aller remplir notre Caddie. Maintenant, on rit moins quand on sort”, se désole Marie. Elle gagne 2.000 euros par mois net mais est désormais obligée de faire la chasse aux promos. Et elle est loin d’être la seule dans ce cas. Les Français font de plus en plus attention et surtout, de plus en plus tôt.

“Cette fin de mois, qui se situait à peu près au 25 du mois, démarre au 20. Certains consommateurs vont attendre le début du mois prochain pour pouvoir racheter en boucherie ou hygiène”, explique Rodolphe Bonnasse, spécialiste de la consommation.

“Je me bats avec la banque”

Pour Yannick, auditeur de RMC, les difficultés commencent encore plus tôt dans le mois. “Je suis à découvert depuis le 15”, affirme-t-il. Ce 30 septembre, il est à -1.000 euros sur son compte bancaire. La faute à un problème de voiture, imprévu. Sinon, en général, il “finit régulièrement à -300”.

S’il devrait toucher un bon salaire ce mois-ci, environ 2.600 euros, il n’est pas fixe. “Je suis payé à l’heure et là je suis sur une base de 22 jours de travail”.

“Je me bats avec la banque, j’arrive à les faire poireauter. J’ai plusieurs banques donc quand il y en a un qui commence à me taquiner, je passe chez le voisin”, explique Yannick.

Pour les intérimaires, le salaire arrive tard. C’est le cas de Sabine, auditrice RMC en Isère. “Il faut que je tienne jusqu’au 12 ou 15 octobre et je suis à +154 euros. Il faut que j’arrive à vivre avec à peu près 3 euros par jour. Hier (jeudi), je me suis fait une petite fleur. J’ai acheté deux steaks hachés à -30%. Donc ça va me faire quatre repas. Ils m’ont coûté 4,50 euros”, souligne-t-elle.

Ses steaks, elle les fera avec “des pâtes et de la margarine, parce que le beurre est très cher”.

Hausse de l’inflation au moins jusqu’à début 2023

Sabine est contrainte de réduire ses dépenses depuis plusieurs mois. “Je suis obligée parce que j’ai eu un Covid long. J’ai été en arrêt-maladie au mois de mai pendant 15 jours et la sécurité sociale ne m’a payé que mi-juillet. J’étais à découvert. Je travaille pour payer les frais de la banque.”

L’inflation devrait continuer sa hausse, d’après Rodolphe Bonnasse, spécialiste de la consommation, au moins jusqu’au début de l’année prochaine.

[

]

Source link

Moscou et Kiev s’accusent mutuellement de frappes mortelles



Alors que l’annexion à la Russie de quatre régions ukrainiennes doit être officialisée ce vendredi 30 septembre 2022 par Vladimir Poutine, les deux pays s’accusent mutuellement de frappes mortelles en Ukraine. Dans la région de Zaporijjia, 23 civils ont été tués alors qu’ils faisaient la queue pour recevoir de l’aide humanitaire. Parallèlement, un responsable de l’occupation russe à Kherson a été tué dans une frappe ukrainienne.

C’est un moment important pour la suite de la guerre en Ukraine. La Russie va officialiser ce vendredi l’annexion de quatre régions ukrainiennes (Donetsk, Lougansk, Kherson, Zaporijjia). Plusieurs responsables russes ont, d’ailleurs, affirmé que ces territoires seront considérés comme faisant partie du pays et qu’ils seront défendus, “y compris avec les armes nucléaires stratégiques”.

Des frappes mortelles, les deux pays s’accusent

Cette journée est aussi marquée par plusieurs frappes mortelles en Ukraine. Dans la région de Zaporijjia (sud), que les Russes occupent en partie, 23 civils ont été tués au cours d’un bombardement, alors qu’ils faisaient la queue pour recevoir de l’aide humanitaire. Kiev accuse Moscou et Moscou accuse Kiev.

“L’ennemi a lancé une attaque à la roquette contre un convoi humanitaire de civils, les gens faisaient la queue pour se rendre dans la zone temporairement occupée, aller à la rencontre de proches, recevoir de l’aide”, a indiqué sur Telegram le gouverneur régional ukrainien, Oleksandre Staroukh. “Il y a 23 morts et 28 blessés”.

Dans le même temps, un responsable russe de l’occupation régionale, Vladimir Rogov a publié un message similaire sur Telegram.

“Les combattants ukrainiens ont commis un nouvel acte terroriste. Voyant que la population allait en masse dans la partie (occupée, ndlr) de Zaporijjia, ils ont frappé une colonne de dizaines de voitures civiles”.

Un responsable russe tué dans la région de Kherson

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un responsable de l’administration d’occupation russe a été tué dans la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine.

Alexeï Katerinitchev, premier adjoint au chef de l’administration de la région de Kherson, en charge de la sécurité, a été tué “dans une frappe précise” menée par les forces ukrainiennes à l’aide de deux missiles lancés par un système HIMARS sur son domicile, a indiqué un cadre de l’occupation russe, Kirill Stremooussov, cité par l’agence de presse russe TASS.

[

]

Source link

L’Assurance maladie veut mieux chasser les fraudes



1,5 milliard d’euros: c’est la perte détectée, en 2021, à cause des fraudes à la sécurité sociale. La Caisse nationale d’assurance maladie va dévoiler ce vendredi sa stratégie pour lutter contre la fraude.

La somme est considérable: 1,5 milliard d’euros de fraude à la sécurité sociale détectée en 2021. Le gouvernement a l’ambition de faire baisser drastiquement ce chiffre et le plan pour lutter contre ces fraudes sera présenté, ce vendredi, par la Caisse nationale d’assurance maladie.

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale a été présenté au Conseil des ministres, le 26 septembre. Le gouvernement a notamment annoncé qu’il voulait dérembourser les arrêts de travail délivrés en téléconsultation quand il ne s’agit pas du médecin traitant. Objectif, dans ce projet de loi: augmenter de 10% les fraudes détectées.

15 postes de perte identifiés

De quel type de fraude parle-t-on? L’Assurance maladie a identifié 15 postes où des millions d’euros sont perdus, chaque année, à cause de la fraude. Il peut s’agir des assurés comme des professionnels de santé.

Les infirmiers libéraux, par exemple, ne facturent pas toujours les bons actes. Pire encore, ils facturent parfois des prestations fictives. Au total, cela a coûté entre 300 et 400 millions d’euros à l’Assurance maladie.

Les factures émises par les kinésithérapeutes, les laboratoires de biologie et les transporteurs sanitaires doivent être analysées et les centres de santé dentaire et ophtalmologiques, où la fraude est parfois omniprésente, sont aussi très surveillés.

180 millions d’euros en 2023

Un dispositif d’aide doit aussi être mieux encadré: les complémentaires santés solidaires. C’est une aide accordée aux assurés aux revenus modestes, sauf que 120 millions d’euros ont été trop versés l’année dernière, selon le patron de l’Assurance maladie.

Les opérations anti-fraude doivent rapporter, au moins, 180 millions d’euros en 2023. Le projet de budget de la sécurité sociale sera débattu par les députés à partir du 20 octobre.

[

]

Source link